[DOSSIER] IFRS 17 : les défis à relever pour les assureurs d’ici [...] 8/11

Compagnie d'assurance : une restructuration interne inévitable

La norme IFRS 17 aura des impacts opérationnels significatifs pour les compagnies d’assurance, notamment sur leur organisation. Une revue de l’ensemble des processus de production de l’information financière semble incontournable. Cela représente cependant une formidable opportunité d’amélioration de l’efficacité et de la gouvernance des processus dans un objectif de création de valeur.

Formation et réorganisation des équipes

La norme IFRS 17 représente un changement culturel majeur pour les compagnies d’assurance. Il est important d’impliquer, dès le commencement du projet de mise en œuvre de la norme, les équipes actuariat et finances qui seront amenées à travailler de façon étroite. Des formations spécifiques devront être apportées au plus tôt aux équipes afin de bien identifier les complexités de la norme et de ses enjeux. Ceci est incontournable pour mener à bien les études d’impacts, notamment sur les méthodes compta­bles retenues, ainsi que les travaux d’analyse des données financières – répondant aux exigences de la norme – qui seront très certainement demandés par le top management dès la fin de la phase de cadrage du projet.

La norme impose une rapidité de production des calculs actuariels et des contrôles associés mais aussi une qualité étendue des travaux d’analyse des mouvements de la CSM, ou des provisions techniques. Les interactions accrues entre les équipes actuariat et finan­ces seront nécessaires pour respecter, non seulement les délais de communication des comptes, mais également, le niveau de qualité requis. Même si la production pourra être en partie déléguée aux équipes de production Solvabilité 2 (notamment pour tout ce qui concerne l’utilisation des modèles de projection), il y aura nécessairement un besoin en ressources ayant des compétences spécifiques pour valider les données, définir les hypothèses utilisées, analyser et challenger les résultats.

Exigence de la qualité des données

Malgré les exigences renforcées par Solvabilité 2, l’amélioration de la qualité des données reste un enjeu majeur pour la plupart des acteurs du marché. Que ce soit lié à la complexité des historiques et des systèmes de gestion, à la gestion déléguée ou encore à la mise en production accélérée de nouveaux produits, le manque de fiabilité des données constitue l’un des principaux freins à l’industrialisation des processus. En parallèle, les équipes finances, actuariat et risques mobilisent une part importante de leurs efforts sur les contrôles, les rapprochements, les retraitements et les enrichissements des données.

Dans la perspective d’IFRS 17, avec une information qui doit être produite dans des délais extrêmement serrés – tout en respectant un niveau d’exigence de qualité comptable – la qualité des données est alors primordiale.

Les assureurs doivent, dès à présent, renforcer les dispositifs mis en place : avec une gouvernance établissant les rôles et responsabilités tout au long du cycle de vie des données ; un système d’information garantissant la traçabilité et l’exhaustivité des données et des contrôles et des tableaux de bord permettant de piloter la quali­té des données dans un cycle d’amélioration continue.

De nombreux impacts opérationnels et processus

Si la norme IFRS 17 implique de fortes synergies entre les fonctions actuariat et finances, celle-ci impo­sera, probablement, une refonte des processus existants de production des données et inévitablement un diagnostic des systèmes en place afin de s’assurer que les calculs pourront être réalisés à la maille de granularité requi­se, avec une traçabilité sans faille et dans des délais serrés. Un examen des systèmes de gestion permettra de connaître les données disponibles et de vérifier qu’elles ont le niveau de granularité nécessaire aux calculs actuariels (maille portefeuille, flux de trésorerie…).

La norme requiert de suivre, durant toute la durée de vie des contrats, l’évolution de la CSM et des provisions techniques à la maille générationnelle. Ce qui implique que les systèmes d’information devront avoir une capacité de stockage importante et que les systèmes actuariels devront être assez performants pour gérer ces calculs à un niveau détaillé. De même la fluidité de circulation de l’information entre les différents systèmes (gestion, outil de modélisation, reporting financier) est primordiale pour réussir l’implémentation de la norme. Le temps consacré aux réconciliations entre les systèmes doit être minimisé au maximum pour laisser la place aux travaux d’analyse plus nombreux qui seront demandés par les équipes de management et la communication financière.

Au-delà de la collaboration entre les équipes actuarielles et compta­bles, le rapprochement des outils ou systèmes propres à chaque fonction semble indispensable. L’automatisation des échanges d’information entre ces deux est nécessaire afin d’accélérer les processus de clôture comptable. L’implémentation de la norme est le moment idéal pour revisiter l’ensemble des processus d’arrêtés des comptes et ainsi identifier les opportunités d’automatisation de tâches manuelles à faible valeur ajoutée. De même, les réconciliations entre les référentiels comptables (French GAAP, IFRS) et prudentiels (Solvabilité 2) devront être facilitées car elles seront demandées par les marchés financiers dans des délais serrés. En considérant cette hypothèse, les assureurs devront alors étudier la possibilité de paralléliser leur pro­cessus de production des comptes et d’opter pour l’utilisation d’hypothèses de calculs communes aux différents référentiels afin de faciliter les travaux de réconciliation multinormes.

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