La feuille de route du futur Malakoff Humanis

La feuille de route du futur Malakoff Humanis

Thomas Saunier, le directeur général de Malakoff Médéric Humanis, détaille le contenu du plan Engagement 2022. Le groupe de protection sociale entend bien maintenir sa position de leader sur la santé-prévoyance collective et annonce une réduction importante des frais de gestion.

Simplification des structures et du nom

“ Le rapprochement au 1er janvier 2019 s’est concrétisé par la création d’une Sgam faîtière et d’une association sommitale. Depuis cette date, nous avons engagé l’unification des directions opérationnelles, chantier achevé à la fin mai. Les assemblées générales des 25 et 26 juin ont marqué une étape supplémentaire : elles ont adopté l’affiliation en direct des entités affiliées à la Sgam faîtière au 1er janvier 2020, et la dissolution de la Sgam Malakoff Médéric et de la Sgaps Humanis développement solidaire. Elles ont pris la décision de fusionner MM Prévoyance et Humanis prévoyance, avec effet rétroactif au 1er janvier 2019, et de regrouper la trentaine de participations du groupe sous un holding unique. Cette dernière structure compte pour actionnaires les dix entités affiliées à la future Sgam unique.

À compter du 1er janvier, le groupe se dénommera Malakoff Humanis. Les enquêtes réalisées auprès de nos assurés ont montré la belle notoriété des deux marques. Nous avons donc choisi de capitaliser sur elles. Retenir un nouveau nom aurait coûté très cher et se serait révélé peu efficace, d’autant plus dans un paysage concurrentiel où il est difficile d’émerger en communication. Les 12 000 collaborateurs du groupe ont été invités à départager deux propositions de logo réalisées en interne. ”

Rajeunir et féminiser les administrateurs

La fusion des institutions de prévoyance – Malakoff Médéric Prévoyance et Humanis prévoyance – ainsi que la dissolution de la Sgam Malakoff Médéric et de la Sgaps Humanis développement solidaire au profit d’une seule structure prudentielle – la Sgam Malakoff Humanis – réduit sensiblement le nombre d’administrateurs. Et les partenaires sociaux du groupe entendent visiblement saisir l’occasion afin de « rajeunir et féminiser les instances » selon un représentant syndical. L’accord national interprofessionnel de février 2012 fixe un objectif de parité à l’horizon 2020. « Le monde paritaire n’est pas vraiment à la pointe du progrès en matière de représentation des femmes ; Il va devoir évoluer », souligne un de ses représentants, qui cite également la recommandation de l’ACPR.

Les ambitions du plan d’entreprise

“ Finalisé au printemps, notre projet d’entreprise a été présenté aux 12 000 collaborateurs lors de sept conventions organisées en province et à Paris. Engagement 2022, c’est son nom, se décline autour de quatre ambitions. La première est d’être le partenaire préféré de nos clients, ce qui renvoit à notre capacité d’être compétitifs en prévoyance et en santé, et de faire la différence sur ce marché, notamment grâce aux services, à l’action sociale et à l’investissement dans l’expérience client. Nous devons « faire le marché ». La deuxième ambition est d’être un acteur encore plus engagé en faveur d’une société plus inclusive, en privilégiant quatre axes, notamment dans la sphère de l’entreprise : le cancer, le handicap, les aidants et le bien-vieillir. La troisième ambition est d’être un groupe en transformation permanente, ce qui nécessite de l’agilité et des investissements. Enfin, quatrième et dernière ambition : s’affirmer comme un groupe de protection sociale solide et performant. Nous devons préserver notre solvabilité et être performants dans nos résultats afin de financer nos investissements. ”

Réduire les frais de gestion

“ Aujourd’hui le groupe est solide, avec plus de 6 Md€ de fonds propres. Nous avons homogénéisé les méthodes de provision pour les sinistres. Nous avons un travail à mener en matière d’indexation des primes, voire de redressement pour rétablir l’équilibre technique d’une partie du portefeuille. Le plan d’entreprise prévoit de ramener le ratio combiné de 103,7 % fin 2018 à 101 % en 2022, ce qui passe par notre capacité à réduire les frais de gestion de 100 M€ par rapport à 2017 et à engager une vraie politique d’indemnisation. Sur la même période, nous visons une progression du chiffre d’affaires de 6,2 Md€ à 6,5 Md€ et un maintien du ratio de solvabilité de 200 %. L’objectif du projet d’entreprise est clairement de s’inscrire dans une croissance pilotée et profitable. ”

Des départs à la retraite non remplacés

“ La réduction des frais généraux passe notamment par le non-remplacement systématique des départs à la retraite. Environ 1 200 collaborateurs sont concernés. Nous mettons en place une GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) qui tient compte de ces départs, mais aussi de l’évolution des besoins en compétence du groupe. Nous privilégierons également systématiquement la mobilité interne et mettons en place l’accompagnement en formation nécessaire.

Nous avons une conviction profonde : la performance sociale crée la performance économique. Toute notre offre assurantielle est bâtie sur ce principe, que nous devons nous appliquer à nous-mêmes. L’engagement des collaborateurs passe par un réel dialogue managérial et par un contrat social de qualité qui, aujourd’hui, est en train d’être homogénéisé. ”

101 % Le ratio combiné cible de Malakoff Humanis en 2022, contre 103,7 % fin 2018

Du ménage dans les participations

“ En matière d’épargne salariale, Malakoff Médéric avait un accord avec BNP Paribas : nous l’avons résilié et toute l’activité réalisée dans ce cadre va basculer sur la société Epsens, filiale commune d’Humanis, CNP Assurances et AG2R La Mondiale. Courant 2020, Viamédis sera l’unique opérateur de tiers-payant du groupe, de même que Kalixia devrait être notre réseau de soins au 1er janvier 2020. À partir de là, nous n’avons plus vraiment d’intérêt à demeurer actionnaire d’Itelis – une vision que partage totalement son actionnaire majoritaire, Axa France. Le cas de REE, spécialisée en épargne retraite, que nous détenons également avec cette dernière compagnie, est encore en discussion. ”

Le développement de l’épargne retraite

“ Nous serons plus offensifs sur le segment de l’épargne retraite car le contexte a changé. Le groupe, qui compte aujourd’hui 7 Md€ d’encours, disposera de toutes les compétences en épargne salariale, en retraite supplémentaire et bientôt en retraite individuelle, avec l’arrivée de la mutuelle spécialisée Medicis. Le principe de son intégration est acté, mais il reste à valider par les instances concernées. L’OAT demeure toutefois très bas et nous ne souhaitons pas rester sur les fonds euros. ”

L’avenir de la retraite complémentaire

“ La mise en œuvre du futur régime universel de retraite demandera du temps, et nous avons la conviction que les groupes paritaires auront un rôle à jouer. Nous sommes les seuls à savoir gérer aujourd’hui un régime par points d’une taille conséquente – le régime Agirc-Arrco de retraite complémentaire des salariés du privé –, et cela en conduisant une réforme profonde de notre organisation. Les groupes gestionnaires ont réduit leurs frais de gestion de 450 M€ entre 2014 et 2018 et nous sommes engagés dans un nouveau plan de 300 M€ d’économies. Les collaborateurs d’aujourd’hui géreront le régime de demain. ”

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