Dol - Caractère déterminant

La cour d'appel, après avoir analysé les éléments de fait et de preuve, a estimé que les manoeuvres dolosives imputées au vendeur n'étaient pas démontrées et qu'il n'était pas évident que si les acheteurs avaient été informés de la fuite d'huile en provenance du moteur, ils n'auraient pas consenti à la vente.


LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :

Donne acte à M. et Mme X... de leur désistement envers la société Renault SAS et la société FLB automobiles ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Lyon, 30 mai 2013), que les époux X... ont acquis de Mme Y..., épouse Z..., un véhicule Renault Espace qui a présenté des dysfonctionnements persistants dans les mois qui ont suivi la vente, en dépit d'interventions d'un garagiste et du constructeur ; qu'un rapport d'expertise a révélé que le véhicule avait parcouru un kilométrage deux fois plus élevé que celui indiqué au compteur, qu'il présentait un état d'usure très prononcé, qu'il manquait de puissance et qu'outre une fuite d'huile provenant de la boîte de vitesses, mentionnée au contrôle technique, il présentait aussi des fuites externes d'huile moteur ; qu'il est apparu que ces dernières avaient été mentionnées sur la facture d'intervention d'un garagiste, adressée à Mme Y... un mois avant la vente ; que les époux X... ont assigné celle-ci en « résolution » de la vente pour dol et en indemnisation de leurs préjudices ;

Sur le moyen unique, pris en ses sept branches :

Attendu que les époux X... font grief à l'arrêt de rejeter leurs demandes, alors, selon le moyen :

1°/ que, le juge doit observer lui-même le principe de la contradiction ; qu'en l'espèce, Mme Y... se bornait à affirmer qu'elle avait donné toutes les factures d'entretien et que le véhicule ne présentait, lors de la vente, aucun dysfonctionnement sans nullement soutenir que la connaissance de la fuite n'avait pas eu un caractère déterminant dans l'esprit des acquéreurs ; qu'en conséquence, en relevant ce moyen d'office, sans avoir préalablement invité les parties à s'en expliquer, la cour d'appel a violé l'article 16 du code de procédure civile ;

2°/ que le rapport du contrôle technique porté à la connaissance de l'acheteur-faisait état d'une fuite d'huile de la boîte de vitesse tandis que la facture du 22 avril 2005, sciemment cachée à l'acquéreur, mentionnait au titre des « travaux à prévoir » une « fuite importante avant gauche » que l'expert a attribuée au moteur ; qu'en écartant le caractère déterminant des informations cachées aux époux X... motif pris de ce que ceux-ci avaient connaissance de la fuite relevée dans le rapport du contrôle technique, quand la fuite révélée par la facture, objet de la réticence dolosive, qui ne concernait pas la même partie du véhicule, était d'une gravité bien supérieure et ne pouvait donc influer de la même façon sur le consentement de l'acheteur, la cour d'appel a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du code civil ;

3°/ que le dol s'apprécie au moment de la vente ; qu'en retenant dès lors qu'il n'était pas établi que le véhicule consommait exagérément de l'huile dès 2004, quand seule importait la question de savoir si Mme Y... avait connaissance de cette consommation excessive lors de la cession, soit au mois de mai 2005, la cour d'appel a statué par un motif inopérant et, partant, a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du code civil ;

4°/ que la circonstance selon laquelle le véhicule était régulièrement entretenu n'était pas de nature à faire échec à l'existence de défectuosités auxquelles Mme Y... aurait choisi de ne pas remédier ; qu'en se déterminant comme elle l'a fait, la cour d'appel a encore statué par un motif inopérant et, partant, a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du code civil ;

5°/ que les époux X... faisaient valoir que les désordres invoqués (fuite d'huile et embrayage défectueux) ne pouvaient apparaître qu'à l'usage et que le garagiste ayant établi la facture du 22 avril 2005 n'avait pas procédé à un essai du véhicule ; qu'en énonçant dès lors que le dernier garagiste intervenu avant la vente n'avait pas retenu le caractère urgent des réparations « à prévoir » sans répondre aux conclusions soutenant que les désordres graves affectant le véhicule n'étaient décelables qu'après un essai du véhicule qui n'avait pas eu lieu, la cour d'appel a violé l'article 455 du code de procédure civile ;

6°/ qu'il résultait des conclusions expertales que les dysfonctionnements du véhicule dont la réalité n'a pas été remise en cause par l'arrêt étaient décelables « à l'usage » ; qu'il en résultait qu'une simple séance d'essai du véhicule litigieux ne permettait pas, en ce qu'elle était nécessairement de courte durée, de découvrir les vices affectant la voiture, objet de la vente ; qu'en énonçant dès lors que M. X... avait essayé le véhicule avant de l'acheter, la cour d'appel a derechef statué par un motif inopérant et a privé sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du code civil ;

7°/ que la circonstance selon laquelle l'expert n'avait pas « fait rouler » le véhicule litigieux n'était pas de nature à exclure que celui-ci puisse porter une appréciation sur son caractère « poussif » eu égard au degré d'usure du moteur ; qu'en statuant de la sorte, la cour d'appel s'est encore déterminée par un motif inopérant, privant encore sa décision de base légale au regard de l'article 1116 du code civil ;

Mais attendu que c'est sans violer le principe de la contradiction que la cour d'appel, après avoir analysé les éléments de fait et de preuve qui lui étaient soumis, a estimé que les manoeuvres imputées à Mme Y... n'étaient pas démontrées et qu'il n'était pas évident que, si les époux X... avaient été informés de la suite d'huile en provenance du moteur, ils n'auraient pas consenti à la vente ;

Que ces par ces seules énonciations procédant de son appréciation souveraine, qui excluent le caractère déterminant du dol allégué, la cour d'appel a légalement justifié sa décision ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE.

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