Climat : Bercy veut contraindre les assureurs à sortir définitivement du charbon

Climat : Bercy veut contraindre les assureurs à sortir définitivement du charbon

Le ministre de l’Economie a demandé de nouveaux engagements au secteur financier sur le plan de la lutte contre le réchauffement climatique. Il se dit prêt à les rendre contraignants s’ils ne sont pas respectés.

 

Pour que les promesses de la COP 21 ne soient pas vaines, il va falloir redoubler d’efforts. Un an après le One Planet Summit organisé à Paris à l’initiative du président Emmanuel Macron, au cours duquel Axa avait notamment annoncé de nouveaux objectifs de désinvestissement de l’industrie du charbon, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a exhorté les acteurs de la place financière à aller plus loin.

« Je réunirai donc dans les prochaines semaines les banques, les assureurs, les gestionnaires d’actifs pour qu’ils prennent de nouveaux engagements en matière de financement des activités les plus nocives pour le réchauffement climatique, en particulier le charbon. Et que ce nouvel engagement soit clair, qu’ils arrêtent définitivement de financer les activités les plus nocives pour le réchauffement climatique, en particulier le charbon, que ce soit les centrales ou les mines », a annoncé Bruno Le Maire lors du Climate Finance Day ce lundi 26 novembre. « Nous allons définir un calendrier et des objectifs précis », avait-il ajouté lundi soir lors d’un point devant des journalistes.

Des engagements non mis en oeuvre...

Car, en matière de finance verte, il ne suffit pas de prendre des engagements. Il y a un an, la Fédération française de l’assurance (FFA) s’était engagée collectivement au nom de la profession à ne plus financer de nouvelles capacités de centrales à charbon. Une annonce qui n’a été que très peu suivie par chacun des assureurs qui en sont membres. Selon un rapport de l’ONG Les Amis de la Terre paru au printemps dernier, seuls les groupes Macif et AG2R La Mondiale ont mis en œuvre cette décision. Groupama, Covéa et la plupart des bancassureurs manquaient toujours à l'appel au moment de la rédaction de ce rapport. Natixis Assurances fait figure d'exception : la filiale du groupe bancaire BPCE avait déjà décidé en 2015 de ne plus financer de centrales électriques au charbon et de mines de charbon thermique dans le monde entier.

Quant à CNP Assurances, le premier assureur de personnes a annoncé, ce mercredi 28 novembre, "s'interdire d'investir dans des entreprises dont plus de 10 % du chiffre d’affaires (contre 15 % auparavant) est lié au charbon thermique". Le groupe "s’engage également à ne plus investir dans les entreprises les plus impliquées dans le développement de nouvelles centrales à charbon", une promesse bien éloignée de celle de la Fédération....

... aux engagements contrôlés

Pour que les engagements pris par le secteur financier ne restent pas lettre morte, Bruno Le Maire souhaite qu’ils soient « contrôlés de manière indépendante ». Ces engagements devront être rendus publics chaque année et je veux être très clair : si ces engagements d’arrêt de financement des activités les plus nocives pour le réchauffement climatique, avec une trajectoire qui pourra être définie avec ce secteur financier, ne sont pas respectés, eh bien nous les rendrons contraignants ». Et de préciser : « Les engagements doivent être précis, les engagements doivent être contrôlés et si jamais ces engagements, sur une base volontaire, définis ensemble, ne sont pas respectés, ils seront rendus contraignants ».

Le plan de l'Europe

La Commission européenne a, de son côté, présenté au printemps 2018 un plan pour la finance verte dont le premier volet consiste à définir une « taxonomie » des actifs verts et durables. Si les assureurs prennent de plus en plus en compte les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) dans leurs décisions d’investissement, des progrès restent à faire.

Lors d’une conférence organisée ce mardi 27 novembre par l’Argus de l’assurance, Nathalie Berger, cheffe d’unité assurance et pensions à la Commission européenne, a annoncé qu’un rapport lui serait remis en 2019 par l’EIOPA (Autorité européenne des assurances) sur l'impact de la réglementation prudentielle sur l'investissement durable. Lors de sa conférence annuelle la semaine dernière, le président de l'EIOPA Gabriel Bernardino a déclaré vouloir réfléchir à l’intégration des critères ESG dans les trois piliers de Solvabilité 2. Il a également appelé de ses vœux une information plus transparente sur l’exposition des assureurs aux facteurs ESG.

En revanche, l’EIOPA n’est pas favorable à la mise en place d’incitations prudentielles à investir dans les actifs durables. Une question qui divise les assureurs. Pour Philippe Taffin, directeur financier d’Aviva France, « cela peut être une idée séduisante, mais reste à voir comment elle est appliquée, sur quels actifs, avec quels critères ». Cela reviendrait, dans les faits, à distinguer les « bons actifs » des « mauvais actifs », ce qui n’est pas l’objectif d’une réglementation prudentielle destinée à renforcer la résilience des assureurs.

La FFA renouvelle son engagement

De son côté, la FFA a pris de nouveaux engagements sur l’intégration des critères ESG dans les investissements, en adhérant aux Principes pour une Assurance Responsable élaborés par l’UNEP-FI, l’initiative financière du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement. Ces principes sont les suivants : intégrer dans les prises de décision les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance pertinents pour les métiers de l’assurance ; collaborer avec les clients et les partenaires pour les sensibiliser aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance, et les inciter à mieux maîtriser les risques et à développer des solutions concrètes ; coopérer avec les gouvernements, les régulateurs et les autres parties prenantes pour promouvoir au sein de la société une action globale répondant à ses enjeux environnementaux sociaux et de gouvernance ; rendre compte de l’application des Principes et faire preuve de transparence en publiant régulièrement l’état d’avancement de leur mise en œuvre.

La profession s’est par ailleurs déjà engagée à intégrer, dans tout nouveau contrat d’assurance vie, un support en unités de compte « vert ». Un engagement formalisé dans la loi PACTE, actuellement en discussion, qui impose pour tout nouveau contrat d’assurance-vie de proposer au moins un support en unité de compte labellisé "transition énergétique et écologique pour le climat".

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Prestations de services en assurances.

Ville de Caluire et Cuire

19 mai

69 - CALUIRE ET CUIRE

Prestations de service d'assurances diverses

Ville de St Gervais les Bains

19 mai

74 - ST GERVAIS LES BAINS

Prestations d'assurance.

Centre hospitalier Pierre Oudot

19 mai

38 - BOURGOIN JALLIEU

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Climat : Bercy veut contraindre les assureurs à sortir définitivement du charbon

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié