Compagnies et mutuelles : qui recourt ou pas au chômage partiel

Compagnies et mutuelles : qui recourt ou pas au chômage partiel
Muriel Penicaud, ministre du Travail, et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, ont annoncé un dispositif de chômage partiel "le plus protecteur d'Europe".

À la suite des mesures prises par le gouvernement pour atténuer le choc de la crise créée par le coronavirus, près de 220 000 entreprises ont demandé le recours au chômage partiel pour un total de quelque deux millions de salariés. Les pratiques s’avèrent diverses dans le monde de l'assurance.

Depuis le début du confinement, Generali France (7 000 salariés) n’a eu recours au chômage partiel pour aucune des populations de l’entreprise, ni pour les salariés des services administratifs, ni pour ceux des réseaux salariés. Cependant, la compagnie indique prendre « connaissance de "l’arsenal législatif et réglementaire" et des premiers textes des ordonnances qui viennent d’être communiqués par le gouvernement le 25 mars tant en matière de recours au chômage partiel qu’en matière de congés, RTT, CET ».

Si aucune décision n’a été prise à ce stade, la compagnie dirigée par Jean-Laurent Granier précise étudier « les solutions les mieux adaptées à (son) activité ». Des solutions qui, selon l’assureur, « seront bien évidemment à définir au regard de la durée de période de confinement », et qui, en tout état de cause, « feront l’objet de discussions avec les Institutions représentatives du personnel ».

Une situation inédite

Le chômage partiel n’est pas non plus à l’ordre du jour chez Axa France. Aucune des nouvelles mesures proposées par le gouvernement n’a été retenue pour l’instant par la compagnie. « Nous suivons l’évolution de l’activité au quotidien, et regardons toutes les dispositions proposées par les pouvoirs publics, justifiées par la situation inédite que nous connaissons. Nous échangeons régulièrement avec les partenaires sociaux, mais à ce stade, aucune mesure n’a été décidée », explique Guillaume Borie, directeur général déléguée d’Axa France.

Chômage partiel a minima

A contrario, April envisage de recourir au dispositif de chômage partiel à compter du 1er avril 2020, après consultation de ses partenaires sociaux ce lundi 30 mars, mais cela « dans une logique minimaliste ». « Notre objectif est en effet de maintenir le maximum de postes en activité ; les dispositifs de chômage partiel sont envisagés là où nous n’avons plus ou quasiment plus d’activité et nous demanderons au préalable que les collaborateurs concernés soldent les congés payés et RTT restants sur la période 2019-2020 », explique-t-on au sein du groupe de courtage lyonnais. Situation similaire au sein du groupe de protection sociale Apicil où des postes sur des missions particulièrement impactées par la pandémie en cours (notamment dans l'événementiel) ont été intégrés à ce dispositif de chômage partiel. La situation y reste toutefois encore fluctuante en fonction des évolutions réglementaires.

La Maif ne s'appuiera pas sur l'Etat

La Maif, dont le siège social est à Niort, avait, un temps, envisagé de solliciter le dispositif de chômage partiel pour l’ensemble des salariés qui ne peuvent exercer leur activité à distance ou se trouvent privés de travail (conseillers téléphoniques, personnels chargés de la restauration, de l’entretien des espaces verts). Mais depuis, la mutuelle niortaise a décidé de ne pas recourir à l'Etat dans la prise en charge financière au titre du chômage partiel. Le salaire des collaborateurs concernés sera maintenu à 100%.

Pas d’appel aux deniers de l’Etat

En revanche, l’heure ne serait pas au chômage partiel selon les annonces faites aux organisations syndicales au sein de Matmut, Macif ou encore Covéa. Chez ce dernier groupe, la procédure ne serait « absolument pas envisagée », selon une source syndicale. « La Macif tient à ne pas faire appel aux deniers de l'Etat et s'engage à maintenir la rémunération de tous à 100% », souligne un représentant FO de la mutuelle, Mathieu Cornillaud. Au sein de Matmut, le représentant CFE-CGC Frédéric Poichet s'interroge : « Il y a des salariés qui ne sont ni en arrêt pour garde d'enfants, ni en capacité de télétravailler et qui sont rémunérés à 100% : jusqu'à quand cette bienveillance financière va-t-elle pouvoir durer ? »

Congés et RTT privilégiés

Le dispositif n’est pas non plus envisagé par Thélem assurances. « Le télétravail a été déployé pour plus de 90% des collaborateurs et un peu moins d’une cinquantaine de personnes sont sur site. Les activités se poursuivent donc. La pose de congés ou de RTT est privilégiée afin d’éviter le scénario chômage partiel », explique Nathalie Rojo, directrice des ressources humaines, de la communication et secrétaire général de Thélem assurances.

Mobilisation sur le soin

La question d’un éventuel recours à l’activité partielle est « extrêmement prématurée », souligne-t-on également chez MGEN. L’impact de la baisse d’activité sur l’emploi n’a pas encore été totalement évalué en matière de complémentaire santé et de prévoyance. Par ailleurs, l’important groupe mutualiste souligne ses deux autres activités, à savoir le régime obligatoire de sécurité sociale pour le monde éducatif et la gestion d’établissements de soins, où la mobilisation de tout le personnel est totale. « C’est notre première préoccupation », souligne un des représentants de MGEN.

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