Krach boursier : les marchés pilonnent la banque et l'assurance

Krach boursier : les marchés pilonnent la banque et l'assurance
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Les valeurs de l’assurance sont particulièrement touchées par la débâcle boursière actuelle. Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC, ne voit pas venir de rebond tant que «la courbe des contaminations ne sera pas inversée».

La semaine débute encore sur une tendance baissière à la Bourse de Paris, après les deux krachs enregistrés le 9 et le 12 mars. Jeudi dernier, l’indice phare parisien CAC 40 a clôturé en chute de 12,28% à 4044 points, soit la pire journée de son histoire. Les investisseurs ont été déçus par l’annonce de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir ses taux inchangés et ont massivement vendu leurs actions, anticipant une forte récession. L’annonce de Donald Trump de fermer les frontières américaines aux voyageurs étrangers n’a pas arrangé les choses. Lundi 9 mars, le CAC avait déjà chuté lourdement de 9%, du jamais vu depuis la crise de 2008, sur fond de guerre des prix du pétrole.

En un mois, le CAC 40 a perdu un tiers de sa valeur, alors qu’il dépassait les 6000 points il y a encore quelques semaines (un record depuis 2007). Vendredi, en comparaison le rebond a été presque imperceptible (+1,83 %).

Situation inédite

Dans ce contexte, les valeurs de la banque et de l’assurance ont dans leur majorité sous-performé. « Les banques sont des valeurs aujourd’hui très décotées, analyse Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC. Deux forces s’opposent : d’un côté, ce que mettent en place les banques centrales est très positif pour la rentabilité des banques car les liquidités sont très peu chères, et les ratios réglementaires vont être provisoirement allégés ; de l’autre, elles font face à un risque de crédit qui augmente, alors que les marges d’intérêt étaient déjà tombées très bas. L’incertitude est très forte, on ne mesure pas bien le risque de défaut car nous sommes dans une situation inédite et l’économie mondiale est à l’arrêt. Tant que la courbe de contamination ne sera pas inversée, les marchés ne peuvent pas tabler sur une reprise. » La BCE a décidé le 12 mars d’alléger les exigences des banques en fonds propres pour leur permettre de continuer à financer l’économie.

Sur cinq jours ce lundi après-midi, Crédit agricole perdait par exemple plus de 23% quand le CAC en était à -20%. Natixis paye un lourd tribut, à -40%, pénalisée depuis plusieurs mois par ses déboires avec sa filiale de gestion d’actifs H2O. Les contre-performances de ses fonds d’investissement et sa sensibilité au risque ont empêché l’action de rebondir à l’instar des autres valeurs bancaires. BNP Paribas (-18%) et Société Générale (-16,8%) résistaient mieux, Société Générale reprenant plus de 10 points vendredi.

« Les banques françaises sont attaquées sur les marchés, mais elles sont solides, elles ont la capitalisation nécessaire. De plus, l’Etat apporte sa garantie au système financier, ce qui va contribuer à son bon fonctionnement », a déclaré le ministre de l'Economie Bruno Le Maire lors d'un point presse mardi 17 mars.

Axa et CNP Assurances en chute libre

Les valeurs de l‘assurance ont elles aussi souffert. Sur cinq jours, Axa s’inscrit en recul de 28%, tout comme CNP Assurances, toutes deux ayant perdu la moitié de leur valeur en un mois. « En théorie, il y a une chance que les assureurs résistent mieux que les banques, mais en pratique ce n’est pas certain en raison de l’extrême complexité de leur bilan et de leur exposition au risque », juge l’économiste. Les assureurs sont notamment impactés par le niveau des taux, et leur exposition aux obligations d'entreprises.

Les prochains jours risquent encore d’être extrêmement volatils. « La seule statistique qui vaille, c’est le nombre de contaminations. En effet, les politiques monétaires et budgétaires ne règlent pas le problème sanitaire. Quand il y aura un début de stabilisation on observera sans doute un rebond technique. Ensuite, il faudra attendre des signaux du redémarrage de l’économie. Un bon indicateur sera ce qui se passe en Chine, où la production industrielle a chuté de 13%. Il faudra voir combien de temps la Chine met à rebondir, cela nous donnera une idée de ce qui nous attend », estime Christian Parisot.   

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