Coronavirus : 90% des entreprises françaises non couvertes par l’assurance

Coronavirus : 90% des entreprises françaises non couvertes par l’assurance
Carte de propagation du coronavirus en Chine. Source : Aon France Pandemic Dashboard © Aon Dashboard

Face à l’ampleur du coronavirus en Chine, les entreprises françaises présentes sur place multiplient les mesures de précaution et de rapatriement de leurs salariés. Très peu d’entre elles pourront espérer des indemnisations contre les conséquences financières de l’épidémie.

Jour après jour, le bilan ne cesse de s’alourdir. Selon le dernier décompte officiel, plus de 17 000 personnes ont été contaminées par le coronavirus en Chine continentale, dont plus de 360 décès. L’accélération de la transmission du virus a conduit, semaine dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à qualifier l’épidémie du coronavirus « d’urgence internationale » alors qu’une centaine de cas ont été répertoriés dans le reste du monde, dont six en France.

Face à l’urgence, la France a procédé à des rapatriements d’une partie de ses quelque 500 ressortissants présents à Wuhan, le berceau de la contagion du virus. Deux vols en ont déjà rapatrié près de 200 d'entre eux. Pour ceux restés sur place, les entreprises tricolores se contentent de suivre les directives sanitaires dictées par les autorités chinoises. Certaines comme Renault ou PSA, qui dispose de trois usines dans le secteur de Wuhan, organisent l’évacuation de leurs employés. Les assureurs ont également pris des mesures analogues.

Mesures de prévention

Joint par L’Argus de l'assurance, le groupe Axa - qui a finalisé en décembre dernier l’acquisition d’Axa Tianping, sa coentreprise chinoise d’assurance dommage – a adopté des mesures préventives : incitation à travailler à distance, annulation de tout voyage d’affaires à destination ou en provenance des zones touchées telles que Wuhan/Hubei, ainsi qu’un processus d’alerté dédié pour signaler toute infection potentielle parmi le personnel. Chez Generali, des consignes sur les déplacements ont été données aux collaborateurs. Les voyages à destination ou en provenance d’Asie sont, pour le moment, interdits, y compris entre pays asiatiques.

Patrick Dixneuf, le directeur général d’Aviva Europe et France, a rappelé que l’assureur avait « une joint-venture avec une chaine chinoise de distribution et d’hypermarchés », représentant plus « de 10 000 agences sur tout le territoire chinois, également dans les régions confinées ». Or, à la question de savoir comment Aviva gérait cette question, le dirigeant s’est montré transparent : « Dans les zones confinées, l’activité est au point mort. Les plans d’urgence décrétés par l’Etat chinois s’imposent à tout le monde ». De son côté, Allianz Partners a d’ores et déjà pris des mesures pour protéger ses 1200 employés basés en Chine (en incluant le bureau d’Hong Kong). « Nous avons étudié les trajets des employés de la filiale chinoise et demandé aux équipes de se munir de leurs ordinateurs portables afin de pouvoir continuer leurs activités à domicile en cas d'urgence », précise Anne Lepetit, directrice médicale chez Allianz Partners, indiquant par ailleurs qu’un seul salarié français se trouve sur place. Afin de garantir la stabilité et la permanence de ses services, l’assisteur a activé depuis le 22 janvier son plan de continuité des activités.

Des mesures de prévention qui interviennent au nom du principe de précaution et protection des salariés… mais qui éviteront aussi à terme de voir la responsabilité de l’employeur engagé en cas d’aggravation de la situation sur place : « Pour l’entreprise, c’est un acte de prévention et de bonne gestion qui peut s’avérer utile dans le cas où la situation sur place s’aggrave. Car en cas de décès d’un salariés, la responsabilité de l’entreprise sur le fondement de la faute inexcusable et éventuellement celle  du dirigeant pour faute de gestion pourraient être engagées », rappelle Mickael Robart, directeur des lignes financières chez Siaci Saint Honoré.

Peu d’entreprises françaises couvertes

PSA, Renault, LVMH, Accor, Sanofi, Plastic Omnium, Valeo… Au total, près d’une centaine de groupe français aujourd’hui implantés à Wuhan, ce bastion industriel situé dans l’Est de la Chine, fonctionnent au ralenti du fait de la quarantaine. Une situation de nature à paralyser l’activité économique et générer des pertes financières.

Là encore, peu d’entreprises tricolores pourraient se tourner vers leurs assureurs pour espérer des indemnisations au titre de la perte d’exploitations. « Il existe toujours  quelque fois la possibilité de déclencher des garanties de pertes d’exploitation sans dommages dans les polices traditionnelles mais elles restent dans la majorité des cas inexistantes, souligne Mickael Robart. Quand elles existent, les capacités sont extrêmement limitées, de l’ordre de quelques millions d’euros. Moins de 10% des entreprises françaises présentes en Chine sont couvertes. »

Même constat pour Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS), qui avait d'ailleurs placé la pandémie au 17e rang des risques mondiaux dans son dernier baromètre. L’assureur spécialisé dans les risques d’entreprise fournit des polices sur certains marchés pour des scénarios de PE sans dommages tels que les maladies infectieuses : « En général, les pertes dans le cadre de cette extension ne sont couvertes que si un lieu assuré du client est fermé en raison d'une épidémie de coronavirus à cet endroit précis. AGCS ne fournit de telles extensions qu'avec de faibles limites. Et pour cause : la plupart des extensions sont comprises entre 1 et 5 M€ pour la part d'AGCS.

Quelques captives d’assurance peuvent intervenir

En l’absence de garanties pertes d’exploitations sans dommages, les entreprises disposent de peu d’alternatives assurantielles si ce n’est recourir à des polices dédiées logées dans des captives d’assurance aux plafonds toutefois limités. « Nous avons mis en place des garanties pertes pécuniaires au sein de polices structurées qui permettent de mobiliser des fonds propres pour protéger les marges et le retour des salariés. Ces garanties sont souvent logées au sein de captives d’assurance avec des plafonds de 10 à 50 M€ », souligne Etienne Charpentier, directeur solutions et transferts alternatifs chez Siaci Saint Honoré.

Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions et dresser des comparaisons avec le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003. Si la crise s’arrête d’ici mi-février, « les conséquences économiques seront limitées », précise-t-on chez Siaci Saint Honoré pour qui, au passage, « le mouvement des Gilets jaunes coûtera, pour le moment, plus cher aux entreprises françaises que le coronavirus. »

Sébastien Acedo, Marie-Caroline Carrère et Nicolas Thouet

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