Coronavirus : ce qu’il faut savoir sur la réassurance du risque pandémie

Coronavirus : ce qu’il faut savoir sur la réassurance du risque pandémie
© pixabay / the digital artist

Certains gros assureurs ont recours à ces traités de réassurance, qui les couvrent en cas de surmortalité. Explications.

Les assureurs l’ont dit et répété depuis le début du confinement, la pandémie est exclue de leurs garanties de perte d’exploitation sans dommage et de la plupart des contrats de prévoyance, hormis quelques exceptions comme les garanties hommes clé. Certains assureurs, en revanche, sont eux-mêmes assurés contre ce risque, via des traités de réassurance couvrant la pandémie ou plus largement le risque de « surmortalité ».

Couvrir les décès à partir d'un certain seuil

C’est par exemple le cas de CNP Assurances, qui a souscrit auprès d’un consortium de réassureurs une réassurance couvrant les risques épidémiques ou pandémiques. Jusqu’à présent, cette garantie n’a jamais été déclenchée, et concernant le Covid-19, il faudrait une très nette aggravation de la mortalité pour entraîner son activation. Et aussi de BNP Paribas Cardif, qui a opté depuis plusieurs années pour une couverture mondiale en réassurance du risque de surmortalité.

Ces traités prennent la forme de garanties « stop-loss » : elles se déclenchent à partir d’un seuil, exprimé en nombre de décès supplémentaires par rapport à la normale ou en pourcentage de sinistres sur primes. Par exemple, 30 000 décès supplémentaires ou 120% de S/P. Généralement, ils couvrent les décès mais pourraient très bien s’appliquer aussi aux arrêts de travail ou aux frais de santé.

Une couverture loin d'être généralisée

La pandémie nécessite une couverture spécifique qui n’est pas prise en charge par les traités de réassurance catastrophe classiques, et qui n’est pas monnaie courante. Le courtier Aon estimait en 2017 que seuls 23% des portefeuilles de prévoyance étaient réassurés contre ce risque. Tous les réassureurs ne proposent pas ce type de couverture non plus. David Dubois, directeur France et Benelux du réassureur RGA et président du comité vie de l’Apref, l’association des réassureurs français, les compte sur les doigts d’une main. Cependant, la baisse des coûts, la récurrence d’épidémies telles que le SRAS et le H1N1, ainsi que les exigences de Solvabilité II qui oblige à simuler le risque épidémique, ont accru le recours à ces traités depuis quelques années.

« Au début, la réassurance du risque de pandémie coûtait très cher : entre 6 et 8% de la capacité de souscription, détaille David Dubois. Puis les modèles de tarification ont évolué, on s’est aperçu que les traités n’avaient pas joué, et le rate on line est tombé autour de 1%. Malgré cela, la capacité totale souscrite n’est pas si énorme ».

Le Covid-19 pour entraîner la révision des modèles

Le professionnel de la réassurance ne serait pas étonné que l’épisode Covid-19 conduise de nouveau à réviser les modèles actuariels, du côté des réassureurs mais aussi de celui des cédantes. Notamment en raison de la diffusion très rapide de l’épidémie. « S’il reste de la capacité, les prix vont remonter », estime-t-il.

Les modèles actuariels de la réassurance pandémie sont construits sur des données historiques peu nombreuses, qui visent essentiellement à établir un modèle de diffusion, qu’il faut ensuite corriger pour apprécier le risque au regard de la population assurée.

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