Coronavirus : « cette crise boursière est inédite » (OFI AM)

Coronavirus : « cette crise boursière est inédite » (OFI AM)
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Jean-Marie Mercadal, directeur général délégué en charge des gestions chez OFI AM, revient sur la panique qui agite les marchés financiers et ses répercussions sur la gestion d’actifs des assureurs.

 

La pandémie de coronavirus a provoqué un krach boursier, les principaux indices mondiaux ayant perdu 30 ou 40% en 3 semaines. Cette crise est-elle pire que celle de 2008 ?

Comme en 2008, il n’y a plus de liquidité sur le crédit ou les obligations high yield (ndlr : très risquées). En revanche, cette crise est inédite : elle n’est pas causée par une détérioration de l’outil de production, mais par son arrêt forcé. Il est impossible de dire si elle sera plus violente que les précédentes. Pour l’heure, tous les acteurs naviguent à vue. L’ampleur de la crise dépendra de la durée de la paralysie de l’économie : si la crise sanitaire prend fin dans deux mois, on peut imaginer que la consommation va repartir en flèche, dopant la croissance, d’autant que le prix du pétrole est bas.

Les marchés actions dévissent et connaissent des mouvements erratiques au fil des annonces des gouvernements. En quoi cette volatilité affecte-t-elle les assureurs ?

Nous vivons, en ce moment, une situation paradoxale : les actions s’écroulent, mais les taux d’intérêt, eux, remontent. L’OAT en France, notamment, est revenue en territoire positif. Ce n’est pas la pire situation pour les assureurs ! Jusqu’ici, ils étaient confrontés à la baisse des taux d’intérêt qui générait des besoins supplémentaires en capitaux afin de pouvoir faire face aux engagements futurs au passif. La remontée des taux d’intérêt amorcée cette semaine va leur redonner des marges de manœuvre. La baisse des marchés actions, en soi, n’est pas favorable, mais elles ne représentent que 8%, en moyenne, du portefeuille d’actifs des assureurs. L’effet taux reste beaucoup plus important et déterminant dans la solvabilité des assureurs.

Les assureurs doivent-ils revoir le pilotage de leur gestion d’actifs ? « Un assureur est un investisseur de long terme et ne pilote pas sa gestion d’actifs à la semaine », alertait vendredi dernier le directeur financier de Groupama.

Je partage complètement cette analyse : les investisseurs de long terme doivent pouvoir prendre des positions contracycliques dans des situations compliquées. Si l’allocation stratégique d’un assureur en actions est de 8%, par exemple, et que le poids de cette classe d’actifs dans son portefeuille tombe à 6%, il doit profiter de la baisse des marchés pour acheter des actions et regagner son objectif stratégique. Pour cela, il faut bien entendu qu’il dispose d’une marge de solvabilité suffisante. Il faut, également, que la réglementation ne l’empêche pas de prendre des positions contracycliques ! Les acheteurs ont disparu des marchés, si les acheteurs finaux avec des passifs longs ne peuvent pas non plus acheter, cela va être un puits sans fond ! Un investisseur à long terme peut investir, avec discernement, en actions ou en obligations high yield en ce moment car il va obtenir des prix très attractifs.

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