Crise du coronavirus : quel impact pour les (ré)assureurs ?

Crise du coronavirus : quel impact pour les (ré)assureurs ?
© pixabay / qimono

La pandémie qui touche désormais plus de 90 000 personnes dans 60 pays aura un impact technique limité sur le secteur de l’assurance. Mais ses conséquences financières, elles, devraient être non négligeables.

C’est une crise sanitaire… en train de se muer en crise économique. L’épidémie de coronavirus Covid-19, qui a passé la barre des 200 personnes contaminées en France et des 90 000 dans le monde, secoue aussi les entreprises. Transport aérien, tourisme, hôtellerie, restauration : tous ces secteurs sont touchés de plein fouet. Qu’en est-il de l’assurance ?

Peu d'impact technique sur la (ré)assurance vie

Sur le plan technique, le secteur ne devrait être que peu chahuté, confirme l’agence de notation Moody’s dans un rapport publié lundi 3 mars, les impacts de la crise du coronavirus se faisant sentir principalement de manière indirecte. Pour les réassureurs, la pandémie de coronavirus sera un événement « non material » et n’aura « pas de conséquences significatives » sur la branche vie en 2020, a expliqué le PDG de SCOR Denis Kessler, lors de la présentation de ses résultats annuels. « La population générale n'est pas la population assurée ou réassurée », rappelle-t-il. « Une grippe sévère touche 300 000 à 600 000 personnes par an et cela arrive de manière régulière. Avec le coronavirus, nous ne devrions même pas atteindre ce chiffre. Nos travaux de modélisation étayent ces conclusions », précise-t-il. Une analyse confirmée par Moody’s : « l'exposition à la pandémie des réassureurs mondiaux n'est significative qu'à des niveaux de gravité très élevés. Les réassureurs mondiaux ont bénéficié d'une croissance importante en Chine et dans le reste de l'Asie ces dernières années. Cependant, leur exposition à la région reste modérée par rapport à leur portefeuille global », détaille l’agence de notation.

Les assureurs vie européens et nord-américains ne sont que « peu exposés au risque de mortalité en Chine ». L’impact de l’épidémie sera donc « limité », à moins que « la contagion soit globale avec une mortalité élevée », notamment en Europe et en Amérique du Nord

Un impact limité sur l'assurance dommages

Quant à l’assurance dommages aux biens et responsabilités, l’impact devrait là encore être « limité », selon Moody’s. « Les réclamations pour interruption d'activité seront limitées, car ces polices d’assurance excluent généralement les cas de maladies infectieuses et ne sont déclenchées qu'en cas de dommages physiques », explique l’agence. Les assureurs couvrant l’annulation d'événements (concerts, compétitions sportives) pourraient, eux, être davantage affectés. Mais là encore, le risque d'épidémie est souvent exclu de la couverture. "Sur le marché français de l’assurance annulation, la garantie de l’épidémie est souvent exclue dès lors qu’il y a reconnaissance de l’épidémie par l’OMS. Sur le marché anglais elle est systématiquement exclue et doit être achetée en extension, or l’épidémie n’étant pas dans les risques majeurs d’annulation, l’extension n’est souvent pas achetée", explique Laurent Cellot, directeur sport et loisirs chez Gras Savoye.

Volatilité et effets financiers néfastes

C’est sur le plan financier que la crise du coronavirus affectera davantage l’assurance mondiale. La perspective d’un ralentissement économique  - l’OCDE a revu ses prévisions de croissance à la baisse de 2,9 % à 2,4% dans le monde, et de 1,2 à 0,9% en France – agite, en effet, les marchés financiers. Une volatilité néfaste pour les assureurs européens régis par Solvabilité 2, qui devraient voir leurs ratios de solvabilité impactés négativement par les mouvements sur les marchés, selon Moody’s. La baisse des taux d’intérêt – qui devrait se prolonger avec les réactions accommodantes des banques centrales américaine et européenne – et l’écartement des spreads de crédit devraient mettre la profitabilité des assureurs sous pression. L’agence de notation prévoit notamment un moindre retour sur investissement de leurs portefeuilles d’actifs, y compris des pertes sur leurs expositions en actions.

Dans un tel contexte, les assureurs vie, déjà marqués par le passage des taux en territoire négatif à l’été dernier, risquent d’être pris en étau : entre une baisse des taux d’intérêt qui se répercutera à la baisse dans les rendements servis sur les fonds euros, et la nécessité de promouvoir des unités de compte à l’heure où les marchés actions sont chahutés…. Un nouveau casse-tête financier.

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