Denis Kessler : « La gouvernance de Scor est exemplaire et efficace »

Denis Kessler : « La gouvernance de Scor est exemplaire et efficace »
Nathalie Oundj

Dans une interview à l'Argus de l'assurance, le PDG de Scor répond aux critiques du fonds CIAM qui demande sa révocation du poste de président. Des accusations « infondées », selon lui.

 

Le fonds d'investissement CIAM, actionnaire à hauteur de 0,94% du capital de Scor, a déposé plusieurs résolutions en vue de l'assemblée générale du réassureur le 26 avril prochain. Il demande la révocation de Denis Kessler de son poste d'administrateur et de président du groupe, ainsi que le non-renouvellement du mandat d'Augustin de Romanet, l'administrateur référent du groupe. Dans un entretien à l'Argus de l'assurance, le PDG de Scor, Denis Kessler, répond à ces critiques.

Le fonds CIAM a déposé plusieurs résolutions en vue de l’assemblée générale de Scor. L’une d’entre elles demande votre révocation du poste d’administrateur et de président du groupe. La dissociation des fonctions de président et de directeur général est-elle souhaitable ?

Denis Kessler : Les critiques sur la gouvernance de SCOR sont infondées. La gouvernance du groupe est reconnue comme exemplaire et efficace par de nombreuses instances, dont les agences de notation. La gouvernance de SCOR fonctionne bien : le groupe a une stratégie claire, nos résultats et notre solvabilité sont solides, nous bénéficions d’une notation très élevée, le rendement total pour les actionnaires avec dividendes réinvestis a dépassé + 300 % depuis 10 ans. SCOR conteste la légitimité des demandes du fonds CIAM. C’est un actionnaire activiste, basé au Luxembourg, qui a fait son entrée au capital du groupe en septembre dernier, immédiatement après l’annonce de la tentative de rachat de Covéa, dans un but purement spéculatif ! Ce fonds n’a eu de cesse depuis de promouvoir le projet de prise de contrôle de Covéa… Sur quelle base demande-t-il la révocation du président de SCOR ? Je note que la moitié des entreprises du SBF 120 ont un PDG à leur tête. CIAM prétend que je resterais directeur général même si je n’étais plus président. Ceci est faux : je n’ai pas de contrat de travail, conformément au code AFEP-MEDEF. A l’évidence, CIAM cherche à déstabiliser le groupe, ce qui va à l’encontre des intérêts des actionnaires. Un changement de management se justifie lorsqu’une entreprise est en crise… or SCOR poursuit avec sa gouvernance actuelle un trajet sans faute !

CIAM dénonce le fait que vous n’ayez pas annoncé publiquement de plan de succession ni nommé de directeur général adjoint. N’est-il pas nécessaire de régler cette question de la succession ?

D.K : Mon mandat a été renouvelé pour 4 ans et prend fin en avril 2021. Je termine donc mon mandat. C’est au comité des nominations et au conseil d’administration de proposer à l’Assemblée Générale, en temps et en heure, les modalités de ma succession. Ils auront à cœur d’assurer la continuité et l’indépendance du groupe. Le fonds CIAM méconnaît à l’évidence la réglementation Solvabilité 2. Outre son directeur général, SCOR dispose de deux autres dirigeants effectifs notifiés à l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) : le directeur général de SCOR Global P&C, Jean-Paul Conoscente, qui succède à Victor Peignet, et le directeur général de SCOR Global Life, Paolo De Martin, qui sont étroitement impliqués dans toutes les décisions significatives. L’action de la direction générale est en outre régulièrement revue par quatre responsables de fonctions-clés disposant d’un accès direct au conseil d’administration de SCOR, et qui sont régulièrement entendus par lui.

CIAM dénonce aussi le manque d’indépendance de votre conseil d’administration, et notamment de l’administrateur référent Augustin de Romanet, PDG d’Aéroports de Paris. Que répondez-vous à ces critiques ?

D.K : Les membres du Conseil d’administration de SCOR occupent ou ont occupé des postes à responsabilité dans différents secteurs économiques, notamment celui de l’assurance. Pour certains d’entre eux, nous travaillons ensemble depuis plusieurs années. Respect, confiance et loyauté sont fondamentaux dans les affaires ! Le Code AFEP-MEDEF, dont je fus à l’origine quand j’étais Vice-Président du CNPF en 1995, définit les critères d’indépendance. Sur les onze administrateurs que compte le groupe – en excluant l’administrateur représentant les salariés – neuf sont indépendants au regard de ces critères. Et c’est le cas notamment de M. Augustin de Romanet, qui est une personnalité unanimement reconnue du monde des affaires, et qui a dirigé la Caisse des Dépôts. Sa personnalité, ses compétences et son intégrité sont des atouts précieux pour exercer ses fonctions d’administrateur référent. Il ne prend en compte que l’intérêt social de SCOR et c’est donc fort logiquement que le conseil d’administration a proposé le renouvellement de son mandat.

Covéa porte plainte pour diffamation contre Scor

A la suite des accusations portées par le fonds CIAM, Scor a diffusé le 25 mars 2019 un communiqué de presse. Mardi 26 mars, dans la soirée, Covéa a indiqué à la presse avoir "pris connaissance du communiqué de presse de SCOR du 25 mars 2019 et des accusations réitérées de SCOR à son encontre. Covéa réaffirme avec fermeté que les allégations de SCOR sont totalement infondées. Elles font, au demeurant, l’objet d’une plainte pour diffamation".

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