Fédération de l'assurance : l'offensive contre le président sortant

Fédération de l'assurance : l'offensive contre le président sortant
LEVY Bruno

Selon nos informations, les partisans du changement à la tête de la Fédération française de l’assurance ont recours à une ultime manœuvre afin de compromettre la candidature de Bernard Spitz à sa propre réélection.

 

L’élection du président de la Fédération française de l’assurance (FFA) approche à grands pas. En attendant la tenue de l’assemblée générale de la maison commune de l’assurance, convoquée le 18 juin prochain, les partisans d'un changement à la tête de l'institution sont à la manœuvre pour barrer la route de Bernard Spitz, candidat à sa propre réélection.

Veto des SA

Selon nos informations, les sociétés anonymes – et notamment l’axe Axa France, Allianz France et Generali France– auraient brandi mardi dernier la menace d'un veto contre Bernard Spitz. Lors de la création de la maison commune de l’assurance, qui a vu le jour en juillet 2016, il avait en effet été décidé de donner une représentation à chaque famille de l’assurance (les SA, les mutualistes et les bancassureurs), chacune d’entre elles étant représentée par un vice-président et disposant, également, en dernier ressort d’un droit de veto.

Jusqu’ici, cette solution extrême n'a pas été utilisée, mais les sociétés anonymes, représentées au sein du comité de présidence par Jacques Richier, le PDG d'Allianz France, seraient prêtes à y avoir recours afin de s’assurer que Bernard Spitz, dont le premier mandat remonte à 2008, ne soit pas réélu. «Les membres, comme le personnel de la FFA, sont usés par son exercice très personnel du pouvoir. Ce serait le quatrième mandat de trop », commente ainsi un dirigeant de compagnie.

La candidate qui fait consensus

Evoquée depuis quelques semaines, la candidature de Jacques Richier, comme possible alternative à Bernard Spitz, n’emporte pas non plus le consensus nécessaire au sein du comité de présidence, les bancassureurs continuant à soutenir le président sortant. De même, la famille mutualiste est divisée, Thierry Derez, le PDG de Covéa, ayant pris position récemment en faveur de la réélection de Bernard Spitz.

Mais une autre candidate, certes également non déclarée, pourrait faire l’unanimité auprès de l’ensemble des familles : il s’agit de Florence Lustman, inspectrice générale et membre du comité exécutif de La Banque Postale, dont le nom a été soumis par le cabinet de chasseur de têtes Spencer Stuart (comme nous le révélions ici). « D’une certaine façon, c’est assez cocasse car nous nous souvenons tous des contrôles que nous avons subis lorsqu’elle était secrétaire générale de la Commission de contrôle des assurances (ndlr : l’ex ACPR). Mais sa candidature a pour avantage d’être neutre et pourrait mettre tout le monde d’accord », analyse un dirigeant.

Mauvaise image

En opposant un veto à la candidature de Bernard Spitz, les sociétés anonymes pourraient, de fait, s’assurer qu’une seule candidate soit présentée et élue en assemblée générale : Florence Lustman. « Certains préfèrent éviter un affrontement stérile et un déballage en assemblée générale », explique un poids lourd du secteur. «Rien n’est définitif encore, nous discuterons jusqu’au 18 juin », nuance un autre. A moins que la menace des sociétés anonymes suffise à conduire Bernard Spitz à se retirer de la course pour éviter un échec lors de l’élection…. « Ce qui est certain, c’est que tout cela donne une mauvaise image de notre profession ! », déplore Daniel Havis, président de la SAM Matmut.

Aurélie Abadie, Sébastien Acedo et Olivier Baccuzat

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