Fédération de l’assurance : l’opération séduction de Bernard Spitz

Fédération de l’assurance : l’opération séduction de Bernard Spitz
LEVY Bruno Bernard Spitz, Président de la Fédération Française de l'Assurance

A une dizaine de jours de l’élection à la tête de la maison commune de l’assurance, le président sortant a défendu sa candidature, alors que le consensus entre les trois familles de l'assurance semble difficilement atteignable.

A l’approche de l’élection du président de la Fédération française de l’assurance (FFA) – l’assemblée générale réunissant les 266 membres étant convoquée le 18 juin – le président sortant Bernard Spitz, toujours seul candidat officiellement déclaré, a défendu sa candidature ce vendredi 7 juin devant l’Association nationale des journalistes de l’assurance (ANJA). Un déjeuner qui intervenait dans un contexte particulier puisque sa réélection apparaît très incertaine, les sociétés anonymes (SA), représentées au sein du comité de présidence par le PDG d’Allianz France Jacques Richier, s’opposant à sa candidature. (Lire notre article L'offensive contre le président sortant )

Pas de veto...

Bernard Spitz, qui préside la maison commune de l’assurance depuis sa création en juillet 2016, s’est d’abord abrité sous des arguments juridiques : « Le mot veto n’existe pas dans les statuts de la FFA. Il existe une disposition qui permet à un représentant d’une famille de demander, au sein du conseil exécutif (ndlr : qui réunit 23 membres), de réexaminer une décision s’il estime qu’elle est contraire aux principes fondamentaux qu’il défend. Il faut alors une majorité qualifiée aux trois quarts pour qu’elle soit adoptée », a-t-il précisé.

... mais une proposition unanime

Concernant la présidence de la FFA, c’est le comité de présidence, formé du président en exercice Bernard Spitz et des trois vice-présidents représentant les trois familles, Jacques Richier (Allianz France) pour les sociétés anonymes, Pascal Demurger (Maif) pour les mutualistes et Pierre de Villeneuve (BNP Paribas Cardif) pour les bancassureurs, qui détient la clef du scrutin. Bernard Spitz étant au premier chef concerné, il ne participe pas aux débats : « je ne peux être juge et partie à la fois », rappelle-t-il. Ce sont donc aux trois vice-présidents de parvenir à un consensus afin qu’une ou plusieurs candidatures soient soumises à l’assemblée générale réunissant l’ensemble des 266 membres. « L’AG se prononcera sur une proposition unanime du comité de présidence : cela peut être un homme, une femme, ou plusieurs hommes… », rappelle Bernard Spitz.

Une candidate alternative

Rien n’obligerait donc le comité de présidence à ne soumettre qu’un seul nom en assemblée générale. Reste que le consensus paraît difficilement atteignable, tant cette élection cristallise les différences entre les trois familles. Plébiscitée à la création de la FFA pour sa position neutre, la présidence de Bernard Spitz n’emporte plus l’adhésion générale : tandis que les sociétés anonymes appellent au changement, les bancassureurs soutiennent le président sortant. Quant aux mutualistes, la famille est divisée entre les partisans du changement et les soutiens de Bernard Spitz (dont le PDG de Covéa Thierry Derez). S’il n’existe pas de veto au sens formel, l’opposition de l’une ou l’autre des familles à la réélection de Bernard Spitz serait rédhibitoire. D’autant qu’une autre candidate pourrait, elle, mettre tout le monde d’accord : celle de Florence Lustman, directrice financière et des affaires publiques de La Banque Postale. Son nom a été soumis à la FFA par un cabinet de chasseur de têtes, Spencer Stuart, qui a été mandaté par le comité de présidence afin de rechercher « des délégués généraux et des présidents potentiels ». « Les résultats de cette recherche ne m’ont pas été communiqués », nous précise Bernard Spitz. « Florence Lustman ou toute autre personne conseillée par ce chasseur de têtes sont légitimes dans cette élection si elles peuvent faire consensus », ajoute-t-il.

Des "débats légitimes"

Si sa position apparaît fragilisée, Bernard Spitz veut encore croire en ses chances. « Il y a des débats, ils sont légitimes, j’en ai vu d’autres… Parfois la recherche du consensus est simple, parfois elle est compliquée », souligne-t-il. Et de réaffirmer qu’il n’a pas l’intention de se retirer de la course : « Je suis candidat. Mais ce qui m’intéresse, c’est pour quoi faire ? J’ai fait connaître mon projet ». Et de détailler aux journalistes les axes prioritaires de son programme : les décrets de la loi PACTE sur l’assurance-vie et l’épargne-retraite, la réforme du régime cat’ nat’, le suivi de la mise en œuvre du 100% santé, les sujets réglementaires européens (Solvabilité 2, IFRS), la transformation digitale du secteur et la transition énergétique. Il vante, par ailleurs, ses connexions dans les ministères, qui lui auraient récemment permis d’obtenir le soutien du gouvernement quant à l’accès aux données des assureurs en cas d’accidents à bord de voitures autonomes (un amendement à la loi LOM adopté jeudi 6 juin en première lecture à l’Assemblée nationale).

Comme une mise en garde, Bernard Spitz rappelle que « la FFA est encore jeune et fragile. Il ne faut pas structurer les choses autour des trois familles, mais préserver l’unité de la maison commune. Il fallait une période d’essai à la création de la FFA, nous avons des statuts plutôt souples, faut-il les retravailler pour rendre les choses encore plus fluides ? », s’interroge-t-il. Et de promettre que son prochain mandat « sera le dernier, celui de la transmission ». Une façon d’esquisser une possible collaboration avec un ou une déléguée générale aux pouvoirs renforcés ?

Pas de présidence tournante

L’hypothèse d’une présidence tournante, à l’image de ce qui existe à la Fédération Bancaire Française (FBF), semble, elle, écartée. « Les statuts de la FFA le permettent mais je n’ai pas noté une appétence particulière des membres pour une présidence tournante », explique Bernard Spitz. « Les débats réglementaires et parlementaires auxquels la FFA participe se nouent au long cours : sur des dossiers comme PACTE, ou la loi LOM (loi d’orientation des mobilités) par exemple. Une présidence tournante n’est pas adaptée à la réalité de la FFA car nous avons besoin qu’un même président incarne notre voix commune sur une longue durée », précise Arielle Texier, directrice des affaires publiques. « Les membres de la FBF sont beaucoup moins nombreux, plus homogènes en termes de problématiques et de taille, et ce sont tous des acteurs français ! A la FFA, nous réunissons 266 membres, qui ne sont pas toujours d’accord sur toutes les problématiques. Nous devons préserver l’unité, tout en respectant chacun des membres, les petits comme les gros. C’est en étant neutre et impartial que l’on y parvient, c’est pourquoi nous recherchons le consensus chaque fois que cela est possible », rappelle Bernard Spitz. Une voie qui se révèle plus difficile à emprunter lorsqu’il s’agit de la vie de l’institution elle-même….

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