Assurance : ces évolutions qui inquiètent la CFE-CGC

Assurance : ces évolutions qui inquiètent la CFE-CGC
Ordonnances Macron, impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, rapprochement des conventions collectives... L’actualité sociale a mobilisé de nombreux participants pour le congrès de la CFE-CGC.

Pour son congrès, la fédération des cadres de l’assurance a invité nombre de dirigeants du secteur afin d’évoquer les dossiers chauds de la branche. À l’instar des ordonnances Macron ou de l’impact des nouvelles technologies sur l’emploi.

Pour son premier congrès, qui s’est tenu entre le 17 et le 19 octobre à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), la CFE-CGC de l’assurance a frappé un grand coup. 560 participants, des dirigeants et des DRH du secteur, des présidents de fédérations… Il faut dire qu’en cette fin d’année 2018, l’actualité sociale dans la branche est riche. D’où cette forte mobilisation enregistrée pour l’événement, les congressistes étant certainement venus chercher des réponses aux craintes exposées par les salariés et les syndicalistes dans leurs entreprises.

Premier temps fort : les ordonnances Macron. L’une des principales dispositions de ce texte réformant le code du travail vise à fusionner les instances représentatives du personnel en place (CE, CHSCT, DP) dans une instance baptisée CSE (Comité social et économique). La fédération CFE-CGC a profité de la présence de dirigeants du secteur pour tirer la sonnette d’alarme. « Suite à cette réforme, de grands groupes ont diminué drastiquement le nombre de représentants du personnel », s’est inquiétée Magali Grosgogeat, secrétaire générale du syndicat national des conseillers salariés d’assurances (SNCSA), une des entités de la fédération assurance de la CFE-CGC.

Moins de mandats, plus de responsabilités

« Malgré cette dérive, nous pensons que les ordonnances vont permettre de fluidifier le dialogue en le centralisant. » Mais, a-t-elle averti, « nous serons attentifs au fonctionnement de ces nouvelles instances qui exigent une professionnalisation de nos délégués ».

La professionnalisation des délégués ? Un avis partagé par les diri­geants ou les cadres présents, puisque tous se disent prêts à accompagner les élus dans leur parcours syndical. « La responsabilité qui va reposer sur ceux qui exerceront ce rôle dans le futur sera beaucoup plus importante que par le passé », reconnaît Fabrice Heyries, directeur général adjoint de Groupama. « Demain, nous allons demander aux élus de faire beaucoup plus en beaucoup moins de temps. C’est donc notre rôle de les accompagner au mieux dans cette montée en compétences », a ajouté Sibylle Quéré-Becker, la directrice des relations sociales d’Axa France.

Il n’empêche, certains mandats seront tout de même supprimés du fait de cette réforme. Afin de compen­ser ce manque, mais aussi pour assurer un maillage territorial de l’organisation syndicale dans toutes les entreprises d’assurance, la CFE-CGC a proposé de créer un réseau de représentants de proximité. « Ce seront des personnes nommées par nous et qui seront des relais montants et descendants sur le terrain », a expliqué Joël Mottier, président de la fédération de l’assurance CFE-CGC.

Autre débat mis en avant durant ce congrès : l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi dans l’assurance. « Si les smartphones ont mis onze ans à envahir le monde, l’IA risque de se propager beaucoup plus vite », a indiqué en préambule Benoît Serre, vice-président de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) et ex-DRH du groupe Macif. Pour lui, comme pour les autres intervenants invités à s’exprimer sur l’articulation entre « la machine et l’homme », la dimension humaine n’est pas près de disparaître dans l’assurance. Mais des menaces existent. « Le risque, c’est que les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple) “piquent” la relation client, enfermant les compagnies d’assurance dans la gestion technique de l’indemnisation, admet l’ex-DRH de la Macif. Dans ce cas-là, des emplois pourraient être détruits. »

Des chiffres rassurants

Présentés quelques jours avant le congrès, les chiffres de l’Observatoire de l’évolution des métiers dans l’assurance (Oema) se veulent pourtant rassurants. « Depuis 2008, on observe une stabilité parfaite des effectifs. Et quand on regarde plus spécifiquement les métiers de la relation client, ceux qui normalement ont été le plus touchés par l’industrialisation, on se rend compte qu’il y a même eu une augmentation de cette population de 4,5 % », a précisé Norbert Girard, secrétaire général de l’Oema.

Faux problème, l’IA ? Non. Alors que la solution Watson d’IBM se développe dans la banque et l’assurance – dernièrement encore chez Generali –, le président de la fédération de la banque CFE-CGE, Régis Dos Santos, estime que cette technologie « fait économiser 20 à 25 % de temps consacré au métier de conseiller clientèle ». Un changement que les entreprises doivent prendre en compte, selon lui. « Le véritable enjeu que nous devons mener, c’est celui de l’accompagnement de nos collaborateurs, afin que ces derniers utilisent l’IA pour analyser plus vite la situation des clients, mais surtout pour qu’ils apportent une plus-value que n’apporte pas la technologie. » Olivier Ruthardt, DRH de la Matmut, tient le même discours : « La formation de nos salariés, c’est l’enjeu central de ce débat. D’ailleurs, je vous confirme que les compagnies vont recruter dans les prochaines années de plus en plus de gens qui seront à l’aise dans la relation client », a-t-il conclu, devant une salle rassurée.

Joël Mottier, président de la fédération CFE-CGC de l’assurance
« Mobiliser les troupes à l’heure des élections professionnelles »

« C’était important de mobiliser les troupes au moment où vont se dérouler une majorité des élections professionnelles dans la branche. Durant ces trois jours, nous avons pu faire part de nos inquiétudes sur les conséquences de la mise en place des ordonnances Macron et sur la reconnaissance du parcours syndical. Sur ces sujets-là, des messages forts ont été donnés par les DRH et les patrons opérationnels présents. Nous ferons maintenant le point dans trois ans pour voir si ces engagements ont été tenus. »

Des fusions en question

Dernier dossier chaud abordé par la CFE-CGC : le rapprochement des conventions collectives nationales (CCN). Le 7 octobre, un avis relatif à ce sujet a été publié au JO. Celui-ci précise que « la ministre du Travail envisage de prendre un arrêté tendant à fusionner des champs conventionnels » de moins de 5 000 salariés. La branche de l’assurance, qui compte cinq conventions collectives, est notamment dans le viseur de la direction générale du travail (DGT). La fusion de la CCN des échelons intermédiaires (EI) et commerciaux du 13 novembre 1967 (à laquelle quelque 3 200 salariés sont rattachés) avec celle des cadres et non-cadres des sociétés d’assurances du 27 mai 1992 (qui compte 130 000 salariés) est même évoquée dans l’avis publié au JO.

« Ces deux populations ne se ressemblent pourtant pas », a regretté Joël Mottier. Dès le 12 octobre, la CFE-CGC a écrit à la DGT pour lui faire part de son opposition à ce rapprochement. À la place, le syndicat de l’encadrement propose de fusionner la convention des échelons intermédiaires avec celle des producteurs salariés de base (PSB) du 27 mars 1972. Une idée qui a fait son chemin à la Fédération française de l’assurance (FFA). Car, lors de la dernière matinée du congrès, Alexis Meyer, le directeur des affaires sociales de la FFA, a communiqué les ultimes avancées sur ce dossier épineux. « Nous sommes allés au ministère du Travail pour signifier que nous souhaitions travailler sur le rapprochement des conventions des EI avec celle des PSB. Et a priori, nous pourrions négocier autour de cette orientation-là. » Une nouvelle accueillie sous une salve d’applaudissements par des congressistes repartis de Saint-Malo avec plus de réponses à apporter à leurs équipes.

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