FFA : la course à la présidence est (re)lancée

FFA : la course à la présidence est (re)lancée
Bernard Spitz (à la tribune, au centre) s’est officiellement déclaré candidat à sa réélection à la tête de la FFA lors de la conférence annuelle de la fédération, le 26 mars. © Francois Daburon / FFA

Président de la maison commune depuis sa création, Bernard Spitz ne cache plus être candidat à un deuxième mandat. Entre continuité et changement, le conseil exécutif de la FFA doit trancher d’ici à juin prochain. La partie est loin d’être jouée d’avance...

« J’ai à cœur de poursuivre ma mission car l’assurance fait face à de nombreux défis pour répondre aux préoccupations des Français. L’activité parlementaire est intense et l’année européenne qui s’annonce, tout autant. Mais, ce qui compte, à la fin, c’est la confiance de mes membres. » C’est en ces termes que Bernard Spitz, président de la Fédération française de l’assurance (FFA) depuis sa création en 2016, a officialisé le 26 mars sa candidature à un deuxième mandat. Depuis des mois, dans les cocktails ou les couloirs de la FFA, les rumeurs sur la réélection du président allaient bon train. « Je travaille », répondait-il alors, évasif. Officiellement, Bernard Spitz ne mène pas campagne : il mise sur la confiance renouvelée des assureurs depuis son premier mandat à la tête de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA) en 2008. L’énarque, réputé pour son carnet d’adresses et sa grande proximité avec les cercles de pouvoir, est-il pour autant indéboulonnable ?

Trait d’union entre les familles

À deux mois de la remise en jeu de son mandat, une campagne semble s’orchestrer, discrètement et malgré lui, en faveur du changement. Le nom de Jacques Richier, PDG d’Allianz France et actuel vice-président de la FFA, revient avec insistance. Officiellement, l’intéressé n’est pas candidat. « La question n’est pas là aujourd’hui », répondait-il à l’Association nationale des journalistes de l’assurance (Anja) à l’automne dernier. « Le sujet, c’est plutôt de savoir si la profession veut continuer avec Bernard Spitz. Les statuts ont été changés et permettent d’autres formes de gouvernance. » Les statuts de la maison commune prévoient en effet deux cas de figure : une présidence exercée à temps plein, ou bien une présidence confiée à un dirigeant opérationnel en exercice, ce qui reviendrait, de fait, à élire un représentant de l’une des « familles » de l’assurance.

À la création de la FFA, la position neutre et arbitrale de Bernard Spitz présentait l’avantage de faire le trait d’union entre les trois familles – les sociétés d’assurance, les sociétés d’assurance mutuelle et les bancassureurs. Mais, peu à peu, les lignes de fracture semblent s’estomper au profit d’une unité de façade. « Nous ne nous posons plus la question de la provenance, mais de la compétence lorsque nous procédons à une nomination », confiait ainsi Pascal Demurger, directeur général de la Maif, à L’Argus de l’assurance en janvier 2018. À tel point qu’il ne semble plus a priori impossible, aujourd’hui, pour un assureur mutualiste d’élire le directeur général d’une compagnie comme président de la fédération.

Dans l’hypothèse d’une élection à deux candidats, les assureurs mutualistes pourraient bien détenir la clé du scrutin. « Certains mutualistes ont du mal à digérer l’adoption de la loi Hamon et de la loi Bourquin sur l’assurance-emprunteur. Ils considèrent que Bernard Spitz joue la partition des bancassureurs », confie à L’Argus un adhérent de la FFA. « En dommages, la loi Hamon n’a eu que peu d’impact, se défend Bernard Spitz. En santé, le problème se posera différemment. Il faudra voir si cela bénéficie in fine aux assurés. Je suis favorable à l’avenir à une réflexion publique et documentée sur les effets de la résiliation à tout moment. » Quant à l’assurance emprunteur, étant donné les positions irréconciliables entre les familles qui la composent, la FFA avait adopté la seule position possible : la neutralité.

Alors, continuité ou changement ? Le choix du président n’est pas encore inscrit à l’agenda des prochaines réunions du conseil exécutif, nous confirment plusieurs membres, mais la question devra être tranchée d’ici à juin.

Bernard Spitz, lui, préfère l’action au bilan. « Le temps, pour moi, n’est pas à regarder en arrière, mais à aller de l’avant. Nous venons de vivre une session parlementaire très active avec des sujets essentiels tels la transférabilité de l’assurance vie, les nouvelles mobilités avec l’enjeu stratégique de l’accès aux données ou encore la santé. Dans tous ces domaines, nous avons atteint les équilibres visés par la profession dans un environnement complexe », se félicite-t-il.

Sûr de lui, le président se tourne résolument vers l’avenir et énumère les nombreux dossiers « majeurs » qui attendent encore la profession en 2019 : les textes d’application de la loi Pacte, la réforme du régime de catastrophes naturelles – « Nous y travaillons étroitement avec le ministre de l’Économie » –, la réforme des retraites, la dépendance, l’assurance agricole, le cyber, la révision 2020 de Solvabilité 2, la Libre prestation de service (LPS), la norme comptable IFRS 17…

Limites d’un modèle de lobbying

Autant de sujets qui seront portés par la maison commune de l’assurance. Une ambition vieille de dix ans pour Bernard Spitz qui affirmait, lors de son premier mandat, vouloir œuvrer à la « modernisation » de la profession et à « l’unification des familles ». Un pari réussi pour cet « homme de débat et d’ouverture » qui a permis d’opérer la fusion entre la FFSA et le Gema (Groupement des entreprises mutuelles d’assurance).

Pour Bernard Spitz, la partie est, pourtant, loin d’être jouée d’avance. « Chez certains membres, une forme d’usure commence à se faire sentir », confie un dirigeant. À Bercy, aussi, la méthode Spitz ferait grincer des dents. « Il agace le ministre de l’Économie Bruno Le Maire », raconte un autre. Longtemps plébiscitée, la pugnacité de Bernard Spitz a notamment permis, au cours de la décennie écoulée, de sauver à plusieurs reprises la peau de l’assurance vie. Mais d’aucuns considèrent l’adoption de la flat tax – ou « prélèvement forfaitaire unique » sur les revenus du capital –, ou encore les derniers arbitrages sur l’épargne retraite, jugés favorables aux gestionnaires d’actifs, comme les signes d’un lobbying à bout de souffle.

L’élection du président de la FFA

  • Le comité de présidence
    - Composé du président Bernard Spitz et de 3 vice-présidents Pascal Demurger, directeur général de la Maif (mutuelle d’assurance)
    - Pierre de Villeneuve, président exécutif de BNP Paribas Cardif (bancassureur)
    - Jacques Richier,PDG d’Allianz France (SA)

Propose un ou des candidats

  • Le conseil exécutif
    Composé de 23 sociétés membres :
    Acm assurances, Areas dommages ag2r La Mondiale, Allianz France, Assurance Mutuelle des motards, Aviva France, Axa France, bnp Paribas Cardif, cnp assurances, Covéa, Crédit Agricole Assurances, Generali France, Groupama sa, groupe macsf, groupe Prévoir, macif, maif, natixis assurances, scor se, smabtp, sociéte générale Insurance, swiss life et swiss re

Élit le président à la majorité des deux-tiers

  • Vote défintif de l’assemblée générale
    Le président de la FFA est élu pour 3 ans. C’est le comité de présidence, composé du président et de ses trois vice-présidents, qui est chargé de trouver un consensus sur un candidat. Pour éviter tout conflit d’intérêts, si l’un des membres du comité de présidence est directement concerné par cette candidature, il ne participe pas au vote. Les représentants des 23 sociétés membres du conseil exécutif doivent ensuite approuver le candidat à la majorité des deux-tiers. L’élection du président est ensuite entérinée en assemblée générale.

Pascal Demurger ne briguera pas de nouveau mandat à la FFA et l’AAM

Une page se tournera bientôt dans la toute jeune histoire de la FFA. Dans un entretien accordé en exclusivité à L’Argus de l’assurance, Pascal Demurger annonce qu’il ne sollicitera pas de nouveau mandat en juillet prochain à la tête de l’Association des assureurs mutualistes (AAM), qu’il présidait depuis juin 2016, et donc à la vice-présidence de la FFA. L’actuel directeur général de la Maif estime « qu’il est temps de passer le témoin ». « Le mandat que l’on m’avait confié est rempli », assure-t-il. Élu à la présidence du Gema en 2014, succédant ainsi à Gérard Andreck, Pascal Demurger avait enclenché le rapprochement avec la FFSA afin de construire la maison commune de l’assurance avec Bernard Spitz. Chantier qui avait débouché sur la naissance officielle de la FFA au 1er juillet 2016. Trois ans plus tard, il juge que les mutualistes ont su s’intégrer : « Les adhérents de l’AAM sont bien représentés dans les instances avec 9 membres sur 23 (40 % des sièges) au conseil exécutif ou encore avec la présidence ou vice-présidence de la quasi-totalité des commissions », observe Pascal Demurger. « Il y a clairement des sujets sur lesquels nous avons pu orienter les décisions de la FFA », souligne-t-il, citant notamment les débats sur la TSCA en assurance emprunteur ou l’accès aux données des véhicules connectés. « À l’arrivée, la FFA est moins mono-couleur, elle accorde autant d’attention à l’assurance vie qu’à l’assurance dommages sous l’influence des mutualistes », constate celui qui entend désormais porter la singularité du modèle mutualiste de la Maif. (Sébastien Acedo)

 

Le Magazine

ÉDITION DU 29 mai 2020

ÉDITION DU 29 mai 2020 Je consulte

Emploi

SAS COHEN CORPORATE ASSURANCES

Commerciaux Sédentaires H/F

Postuler

Marche de Bretagne

Mandataires Indépendants H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Services d'assurances pour le département des Hauts-de-Seine.

Conseil Départemental des Hauts de Seine

31 mai

92 - CONSEIL DEPARTEMENTAL

Contrat collectif de complémentaire santé.

Blanchisserie Toulousaine de Santé Groupement de coopération sanitaire

31 mai

31 - TOULOUSE

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

FFA : la course à la présidence est (re)lancée

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié