Formation professionnelle : la délicate constitution de l'opérateur Atlas

Formation professionnelle : la délicate constitution de l'opérateur Atlas

La mise en place de l’opérateur de compétences (Opco) des secteurs finance et conseil est plus difficile que prévu. La greffe entre les différentes branches professionnelles présentes dans ce nouvel ensemble a du mal à prendre.

Jusqu’ici, tout allait bien. Après la signature de son accord constitutif, le 21 décembre dernier, et l’agrément du ministère du Travail le 1er avril, l’opérateur de compétences (Opco) Atlas est même entré dans une nouvelle phase depuis plusieurs semaines : celle de sa préfiguration, préala­ble à la mise en place opérationnelle d’ici à fin 2019 d’un nouvel ensemble, réunissant les métiers de la finance, du conseil, du numérique et de l’expertise. Soit quinze branches professionnelles.

Équilibre instable

« Nous sommes dans une période d’apprentissa­ge, avec l’objectif de créer une culture commune entre toutes les branches. Car, si nous connaissons plutôt bien le monde bancaire, la branche des bureaux d’études techni­ques et d’ingénieurs-conseils ou celle des experts compta­bles viennent pour leur part d’univers différents. Et s’appuient sur des façons de travail­ler différentes des nôtres », indique Alexis Meyer, directeur des affaires sociales de la FFA.

Toutes ces familles se sont retrouvées le 26 mars dernier lors du premier conseil d’administration d’Atlas. Une réunion à l’issue de laquelle la gouvernance de l’opérateur a été constituée. Le bureau, présidé par Philippe Degonzague (Syntec), se compose de 10 membres (5 représentants employeurs + 5 représentants salariés) et le conseil d’administration de 36 personnes (3 par organisation syndicale représentative et 18 issues des organisations d’employeurs). Mais dans ce nouveau schéma, toutes les branches ne sont pas représentées. Ainsi, Agéa, la fédération nationale des agents généraux, ne compte aucun membre dans le conseil d’administration…

Un opérateur de formation pour 1,5 million de salariés

L’Opco des services financiers et conseil réunit 15 branches professionnelles et 18 conventions collectives. À savoir les activités de marchés financiers, les agents généraux d’assurances, les banques, la Banque de France, la Banque populaire, les bureaux d’études techniques ingénieurs et conseils, la Caisse d’épargne, le courtage d’assurance, le Crédit maritime mutuel, le Crédit mutuel, les économistes de la construction, les experts comptables et commissaires aux comptes, les géomètres experts, les sociétés d’assistance, les sociétés d’assurances et les sociétés financières. Atlas représente ainsi 110 000 entreprises et 1,5 million de personnes. Ses missions : assurer le financement de l’alternance, apporter un appui technique aux branches, assurer un service de proximité au bénéfice, notamment, des TPE et PME, promouvoir les formations à distance et en situation de travail, gérer les contributions supplémentaires en faveur de la formation professionnelle continue.

 

Autre accroc : le directeur préfigurateur de l’Opco, Marc Picquette, a quitté ses fonctions depuis la mi-avril. Officiellement pour raisons personnelles. Mais surtout, selon nos informations, parce que la cohabitation entre les différents secteurs a du mal à prendre. « Après une première phase qui s’est bien déroulée mais qui était probablement sous-dimensionnée, nous avons décidé de faire appel au cabinet Deloitte pour nous aider à gérer l’ensemble du projet », précise Philippe Degonzague. Afin de poursuivre la mise en place de l’Opco, un directeur général de transition, Stéphane Bonhomme, est aussi arrivé le 6 mai. En attendant le recrutement d’un DG définitif.

Reste que de nombreuses interrogations sont toujours en suspens. Comme celle de la localisation des futurs locaux d’Atlas. Car si le Fafiec et Opcabaia – les deux organismes paritaires collecteurs agréés ayant initié la constitution d’Atlas – continuent à accompagner, chacun de leur côté, les entreprises et les salariés de leurs branches historiques, les quelque 270 collaborateurs de ces deux Opca devraient à terme être réunis dans les mêmes bureaux. « Les locaux du Fafiec sont beaucoup plus grands que ceux d’Opcabaia. Nous sommes capables d’accueillir les équipes de ce dernier, même si rien n’est encore décidé », affirme une source proche du Syntec.

Calendrier serré

Un sujet hautement sensible, car derrière cette question des locaux se joue l’équilibre, au sein d’Atlas, entre le secteur financier et celui du conseil. Ce qui cristallise les tensions. « Les assureurs – mais aussi les courtiers et les agents généraux – s’aperçoivent que le Syntec a tout verrouillé et ne respecte pas le deal initial passé entre les branches », s’alarme un proche du dossier. « Il y a une forte mainmise du Fafiec sur le processus de mise en place, avec des attitudes corporatistes qu’il faudrait dépasser », ajoute une autre source.

Dans ce contexte, l’assemblée générale, prévue le 6 juin, pourrait être explosive. D'autant que le temps presse, car si les échanges avec l’ensemble des parties prenantes ont permis, au départ, de partager des premiers axes de réflexion et de positionnement de l’offre de services d’Atlas, la phase de préfiguration tournerait à présent au ralenti. Et le planning d’actions initialement établi prendrait du retard. « Aujourd’hui, nous n’avons pas encore fusionné juridiquement les deux Opca. Nous le ferons au second semestre, en même temps que le transfert des contrats de travail », tempère Philippe Degonzague.

Philippe Degonzague : « De tels rapprochements ne sont jamais simples »

  • Quel message allez-vous faire passer lors de l’assemblée générale d’Atlas du 6 juin ?

Nous allons rassurer l’ensemble des parties prenantes en leur expliquant que tout est sous contrôle. Dans le nouvel ensemble créé, nous serons forcément confrontés à des problématiques RH, financière et informatique, chacun des organismes ayant jusqu’alors sa propre façon de servir les branches, les entreprises et les salariés. Nous allons donc tout mettre en œuvre pour que lorsque l’on rebranchera les tuyaux, Atlas fonctionne bien.

  • Réunir 15 branches dans un même opérateur, est-ce un avantage ou un inconvénient ?

La diversité crée l’enrichissement. Nous allons pouvoir mutualiser davantage de moyens. Même si la banque et l’assurance ont des cultures différentes des nôtres, je n’ai aucun doute sur le fait que nous arriverons à travailler ensemble. Pour avoir travaillé dans le monde des fusions et acquisitions pendant plus de vingt ans, je sais que de tels rapprochements ne sont jamais simples. Mais comme les enjeux de la formation ne sont pas des enjeux qui divisent, et que nous avons tous l’ambition commune d’améliorer l’employabilité des salariés, il ne devrait pas y avoir beaucoup de sujets de dissension entre nous.

 

Toutefois, selon plusieurs sources, ce calendrier serait difficilement tenable. D'autant que la dévolution de l’actif / passif des différentes structures au sein du nouvel Opco pourrait animer les futurs débats. « Opcabaia possède un actif immobilier important. Pour le reste, nous attendons la publication des comptes des trois associations le 30 juin », indique un responsable de l’organisme des fonds de formation des entreprises relevant des banques, des sociétés et mutuelles d’assurances, des agents généraux d’assurance et des sociétés d’assistance. Selon nos informations, les dévolutions – et donc les révisions budgétaires des nouveaux Opco – doivent être mises en œuvre avant le 31 décembre 2019. Autant dire demain.

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