Bruno Liger-Belair (Uniprévoyance) : « Nous pourrions sceller une alliance du type AG2R - Matmut »

Bruno Liger-Belair (Uniprévoyance) : « Nous pourrions sceller une alliance du type AG2R - Matmut »
Bruno Liger-Belair Directeur général d’Uniprévoyance

Quarante ans après sa création, Uniprévoyance, sixième institution de prévoyance française, poursuit un développement discret mais ambitieux, avec son partenaire historique Axa. Son directeur général, Bruno Liger - Bélair, défend une stratégie prudente, avec la diversification en point de mire.

Ces dernières années ont été riches de mouvements sur les marchés de la santé et de la prévoyance, idem dans le monde paritaire. Quel bilan tirez-vous des derniers exercices d’Uniprévoyance ?
Nous avons franchi un cap en 2017 avec un chiffre d’affaires passant la barre de 700 M€ (NDLR : primes brutes de réassurance avec acceptations). Nos autres indicateurs nous paraissent bien orientés : le résultat net d’Uniprévoyance est redevenu positif (5,5 M€ en 2017) et sa solvabilité reste largement au-delà des demandes réglementaires, avec un ratio de couverture du SCR toujours au-delà de 400 % (415 % en 2017). Bref, notre institution est solide et fêtera ses 40 années d’existence en décembre en regardant l’avenir avec sérénité. Le chiffre d’affaires de 2017 est notamment poussé par la prévoyance (NDLR : plus forte croissance de notre Top 30 de la prévoyance, avec + 20,5 % à 183 M€, voir L’Argus n° 7551), mais nous restons prudents : notre ancrage traditionnel sur les grands comptes fait qu’une affaire nouvelle gagnée – ou perdue, d’ailleurs – peut avoir un impact considérable sur l’ensemble de notre activité.

Vous menez justement une tentative de diversification depuis plusieurs années sur le segment des PME et ETI…
Nos courtiers partenaires jouent un rôle important pour toucher cette population. Uniprévoyance a justement mis à leur disposition Occéa, une plateforme dédiée pour faciliter leur approche : souscription entièrement en ligne, déclinaison aisée vis-à-vis des accords de branche, offre modulaire santé et prévoyance…

Votre autre segment historique d’activité se situe au niveau des branches professionnelles. Qu’a changé pour vous la fin des clauses de désignation en santé et en prévoyance ?
La pratique nous amène à nous questionner sur l’intérêt même des recommandations, référencements et autres labellisations. Aujourd’hui, Uniprévoyance ne se positionne pas dessus et préfère mettre en place des offres à destination de ces branches, sur la base des accords existants. Quand nous observons les appels d’offres aujourd’hui, les contraintes reposant sur le ou les organismes recommandés sont trop fortes ! Cela ne nous empêchera pas de tout faire pour défendre et accroître nos positions sur les branches dans lesquelles nous avons une légitimité reconnue, comme l’enseignement privé (NDLR : Uniprévoyance y est co-recommandé en santé et en prévoyance).

Votre chiffre d’affaires est aux trois-quarts en santé, même si vous n’en assurez pas la gestion. Quel impact a eu l’inflation réglementaire sur ce marché ?
On peut voir le verre à moitié plein en considérant que, pour faire face à cette avalanche d’évolutions, nous avons dû recruter, d’une part, et optimiser nos process et notre organisation, d’autre part ! En parallèle, elle a surtout eu pour effet d’accélérer le rythme des regroupements entre acteurs de petite et moyenne taille pour y faire face. La création de notre société de groupe assurantiel de protection sociale (Sgaps) Ugo s’inscrit dans cette dynamique.

Le verre à moitié vide : l’uniformisation des garanties en santé est désormais latente. Comment les acteurs du marché peuvent-ils parvenir à se différencier ? Le levier des tarifs est rarement une bonne idée sur le moyen terme, comme on a pu le constater après l’ANI. Restent, désormais, l’innovation, la relation clients, les services… Dans ce contexte de plus en plus concurrentiel, Uniprévoyance a un atout non négligeable : sa taille. Notre structure compte une petite centaine de salariés, même si elle s’appuie sur Axa, notre partenaire historique. Cette taille nous permet de conserver une certaine agilité : nous pouvons par exemple répondre rapidement aux attentes de nos courtiers partenaires.

Si l’actualité réglementaire en santé continue de plus belle avec le 100 % Santé, il pourrait bientôt en être de même sur la prévoyance. Bonne ou mauvaise nouvelle ?
Un ANI de la prévoyance aurait du sens même si, au vu de nos clients, il ne constituerait pas vraiment un bouleversement pour nous : il n’en a d’ailleurs pas été un non plus en santé… Ceci étant, comment ne pas espérer une pause réglementaire ? Parfois, certes, des vertus subsistent : la mise en place de la DSN (NDLR : déclaration sociale nominative) est un vecteur de simplification d’activité. Mais, pour le reste, que de temps perdu, d’argent dépensé ! Des ressources que nous aurions préféré déployer au service de notre dévelop­pement, de l’innovation et du service aux clients.

Le sujet de la prévoyance revient dans l’actualité, notamment sur la question des arrêts de travail. Ces dix dernières années, selon les calculs du CTip, les cotisations ont augmenté en moyenne annuelle de 1,67 % et les prestations de 3,53 %… Comment parvenir à maîtriser la sinistralité dans ce contexte ?
Nous combinons plusieurs solutions. Notre politique de souscription est sélective et vise un équilibre technique durable : hors de question d’avoir un portefeuille constamment fluctuant ! Bien entendu, nous axons aussi nos efforts sur la prévention : le partenariat avec le réseau Itelis permet de mettre en place des programmes sur la santé visuelle et auditive… Nous avons également à disposition des outils comme l’application de conseils santé et bien-être « My Easy Santé », la téléconsultation médicale réalisée par Axa Assistance en lien avec les cabines H4D – un service non négligeable quand il s’agit de convaincre les grands comptes. À noter, aussi, différents outils de suivi des arrêts de travail et d’aide au retour à l’emploi, les recours contre tiers responsables…

SON PARCOURS

Diplômé de l’université de Caen et de l’ESC Tours, Bruno Liger-Belair, âgé de 52 ans, a exercé différentes responsabilités au sein de plusieurs groupes de protection sociale. Il prend la succession de Renée Habozit à la direction générale d’Uniprévoyance début 2017.

  • 2006 directeur du développement du groupe Malakoff
  • 2008 directeur commercial grands comptes et branches du groupe Malakoff-Médéric
  • 2011 directeur général adjoint du groupe Réunica
  • 2016 directeur général délégué d’Uniprévoyance et du groupe Ugo, puis directeur général

Uniprévoyance pourrait-il un jour s’aventurer sur des terrains autres que l’assurance de personnes ?
En solo, cela n’a que peu d’intérêt : les marchés de la retraite ou du IARD sont déjà bien installés, les nouveaux venus n’ont guère de chance de percer. Mais notre Sgaps Ugo et notre groupement d’intérêt économique (GIE) Ozy peuvent conclure des alliances avec des acteurs hors des champs de la santé et de la prévoyance. Une alliance du type AG2R - Matmut pourrait tout à fait avoir lieu au sein d’Ugo mais, comme toujours dans notre environnement, la recherche de synergies est essentielle.

Une mutuelle a rejoint Uniprévoyance et Smatis France, cofondatrices d’Ugo, depuis sa création fin 2016 : la mutuelle des chambres de commerce et d’industrie (MCCI). Votre Sgaps, qui se veut ouverte et non intégratrice, attire-t-elle de nombreux prétendants ?
Quelques candidats se sont effectivement manifestés. Si le monde paritaire est déjà très concentré, il reste encore un nombre non négligeable de mutuelles de petite et moyenne taille, prêtes à abandonner une partie de leur autonomie pour parvenir à conserver leur indépendance. Les ambitions d’Ugo n’ont pas changé depuis son lancement : nous recherchons des synergies, des possibilités de mutualisation avec les organismes intéressés, mais aussi un partage de valeurs et de visions.

Ainsi, à l’heure actuelle, les trois composantes d’Ugo font de l’assurance de personnes, mais sur des segments différents : Smatis France sur le petit collectif et l’individuel en santé, Uniprévoyance sur les branches et le grand collectif en santé et prévoyance, la MCCI sur le champ de l’environnement consulaire. Mais il n’y a pas qu’Ugo : notre GIE Ozy permet des partenariats moins structurants, car non prudentiels, complémentaires de ceux conclus dans Ugo.

Où en sont les discussions avec Kerialis (ex-Crepa), alors qu’un rapprochement était évoqué dès le mois de mars 2018 ?
Des échanges ont en effet eu lieu avec Kerialis. Rien d’engagé pour l’heure : le dernier mot appartiendra, dans tous les cas, aux instances politiques.

Emploi

KAPIA RGI

Chef de Projet Assurance-Vie H/F

Postuler

KAPIA RGI

Ingénieur Développement PHP5/ZEND (H/F)

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

Bruno Liger-Belair (Uniprévoyance) : « Nous pourrions sceller une alliance du type AG2R - Matmut »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié