Christian Schmidt de la Brélie (Klesia) : « Pas de rapprochement à l'ordre du jour d'ici à 2021 »

Christian Schmidt de la Brélie (Klesia) : « Pas de rapprochement à l'ordre du jour d'ici à 2021 »
Christian Schmidt de la Brélie, directeur général de Klesia.

Rapprochements, turnover… Il se dit beaucoup de choses sur le groupe de protection sociale Klesia. C’est pourquoi L’Argus a souhaité rencontrer son directeur général, Christian Schmidt de la Brélie, qui tord le cou à toute idée de rapprochement en cours et dément tout autant d’éventuelles difficultés financières. Propos recueillis par François Limoge et Gwendal Perrin.

L’Argus de l’assurance : Comment se porte votre groupe ?

Christian Schmidt de la Brélie : Klesia se porte bien. Les primes en assurance de personnes sont en croissance de 3 % en 2018. Nous avons connu une belle progression, l’année dernière, d’affaires nouvelles – aux alentours de 120 M€ –, mais également 60 M€ de résiliations dont une partie est liée à la recommandation d’un autre opérateur dans la branche des officines de pharmacie. Pour autant, 90 % des officines nous font confiance. Notre marge de solvabilité avoisine toujours les 200 % et notre résultat 2018 devrait demeurer légèrement excédentaire. Les fondamentaux sont sains. La cotation de la dette que nous avons émise est aujourd’hui positive, preuve que les investisseurs, au-delà de nos clients, continuent à nous faire confiance.

Pourquoi n’avoir pas souhaité candidater à la recommandation dans la branche pharmacie ?

Le dispositif des recomman­dations exclut la présence des représentants des entreprises et des salariés au sein de la gouvernance, ce qui est un contresens pour un groupe paritaire comme le nôtre ! C’est pourquoi Klesia n’a jamais répondu à un appel d’offres de ce type lorsque les partenaires sociaux de la branche concernée figuraient déjà au sein de sa gouvernance.

Quelle tendance se profile pour 2019 ?

2019 s’annonce comme une année assez exceptionnelle. Nous avons souscrit, cette année, 170 M€ d’affaires nouvelles pour seulement 30 M€ de résiliations. Cette performance est en partie due à notre recommandation au sein de la branche de l’intérim (NDLR : près d’un million de personnes concernées), où nous sommes en coassurance avec Apicil sur la prévoyance lourde. Notre logique multiprofessionnelle paye désormais et Klesia a enregistré plusieurs arrivées récentes de grands comptes, tel Foncia sur l’immobilier ou Atos sur les services à l’entreprise.

Comment interpréter les récents départs du Comex et les mouvements de personnel jugés importants ?

Klesia a effectivement connu deux départs récents au sein de son comité exécutif, qui compte 12 membres. Ce genre de mouvement est le propre de toute entreprise ! Mais plus largement, le turnover au sein de notre groupe – 6,4 % – est inférieur à la moyenne du secteur de l’assurance, à savoir 8,6 %. Et si nos collaborateurs sont recrutés, c’est aussi parce que Klesia fait de plus en plus figure de bonne école de formation. Tous les dix-huit mois, nous réalisons une enquête en interne, totalement anonyme, qui révèle une adhésion forte et croissante de nos collaborateurs à la stratégie de Klesia.

Carcept Prévoyance est-elle susceptible de quitter le groupe ?

Un départ de Carcept Prévoyance n’est en rien envisageable. Si je voulais prendre une image, l’institution de prévoyance du transport constitue le donjon du château Klesia ! Le secteur du transport est très novateur en matière de protection sociale et constitue en quelque sorte un laboratoire pour les autres secteurs professionnels. La gouvernance du groupe traduit cet état de fait avec un représentant du transport à la présidence de la sommitale et de la structure de moyens. Klesia a vocation à garder et cultiver ses jardins affinitaires – et le transport en est l’un des plus importants.

Est-ce que Klesia est engagé ou prévoit de s’engager dans un rapprochement avec un autre groupe paritaire ?

Il n’est pas envisageable de se rapprocher d’un groupe qui serait déjà impliqué dans ce type d’opérations. Or aujourd’hui, tous le sont : Malakoff Médéric et Humanis, AG2R La Mondiale et Matmut, Pro BTP et l’Alliance Pro. Klesia est lui en ordre de marche et le groupe possède la taille suffisante pour continuer à se développer. Par conséquent, un quelconque rapprochement n’est pas à l’ordre du jour d’ici à la fin de notre plan triennal 2018-2021. Mais cela n’exclut pas de mettre en place de nouveaux partenariats structurants à l’image de ceux conclus sur la distribution avec Allianz, CNP Assurances ou encore Generali et que nous entendons bien poursuivre. Ces partenariats sont par ailleurs souvent accompagnés d’un volet réassurance, qui permet de développer l’activité sans malmener sa solvabilité.

Quels sont les enjeux de ce plan triennal 2018-2021 ?

Notre objectif est de poursuivre notre croissance sans renier notre ADN, celle d’un assureur d’intérêt général, qui développe, en retraite comme en assurance de personnes, une politique d’action sociale, de prévention et d’engagement dans des grandes causes en soutenant l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), Gustave-Roussy ou Clinatec. Le plan 2018-2021 prévoit la poursuite de notre transformation, en améliorant notre compétitivité et en poursuivant la conduite du changement. Il s’agit d’accompagner nos collaborateurs vers une culture clients orientée résultats et d’achever l’unification de nos outils.

Que revêt plus précisément cette unification ?

Après la retraite complé­mentaire, les prochains mois verront la mise en place d’outils communs en assurance de per­sonnes. Nous avons choisi le progiciel Activ’Infinite de Cegedim, le module cotisations a été livré début janvier et le volet gestion des prestations prévoyance doit l’être en juin. Par ailleurs, nous avons engagé, dans le respect des informations-consultations des instances représentatives du personnel en cours, un projet d’externalisation de la gestion des prestations en santé, qui ne constitue pas un métier cœur pour le groupe, et c’est iGestion (filiale de Cegedim) qui a remporté l’appel d’offres pour cinq ans. Nous avons aussi engagé un projet d’externalisation de la fonction courrier/numérisation auprès de Tessi, mais nous avons conservé les effectifs, une quinzaine de per­sonnes reconverties vers d’autres postes.

Qu’en est-il des efforts en faveur du pouvoir d’achat annoncés lors de la réunion convoquée par Emmanuel Macron fin décembre ?

Klesia a tenu les engagements pris par les groupes de protection sociale, et plus largement la profession. L’indexation tarifaire ne dépassera pas l’évolution des dépenses de santé. Par ailleurs, pour les contrats au ticket modérateur, qui représentent un encaissement d’environ 20 M€, le groupe n’appellera pas, au cours de l’année, un mois de cotisations : les assurés bénéficieront d’un mois gratuit, ce qui représentera une économie légèrement supérieure à l’augmentation décidée en octobre dernier. Et nous réfléchissons pour l’avenir à une indexation très modérée de ces contrats d’entrée de gamme. Au total, sur 2019, 40 % de notre portefeuille ne connaîtront aucune indexation, et c’est là tout l’avantage des dispositions de mutualisation des branches, puisque nous n’enregistrons aucune hausse des tarifs conventionnels dans le transport, les pharmacies d’officine et les HCR (hôtels-cafés-restaurants).

Comment maintenir une telle modération tarifaire ?

Le moyen d’y parvenir est de diminuer nos charges de gestion, et nous avons pour objectif de les réduire à 18 % d’ici à 2021. Le groupe a, par exemple, engagé une consultation des instances représentatives du personnel sur la rationalisation de ses locaux parisiens qui devrait représenter, à la fin de l’année, une économie de location de quelque 9 M€.

Et comment abordez-vous le chantier « lisibilité des garanties » d’Agnès Buzyn ?

La complexité des garanties et des remboursements en santé n’est pas forcément le fait des assureurs complémentaires ! Notre métier est même de simplifier cette complexité et Klesia va bien entendu s’inscrire dans les engagements pris par les fédérations professionnelles. Comme sur la réforme du reste à charge zéro (100 % Santé), la concertation avec les pouvoirs publics a été réelle et créatrice de valeur… ce qui n’est pas le cas pour la résiliation infra-annuelle ! Il est difficilement envisageable d’engager une telle évolution sans en avoir évalué l’impact et trouvé les modalités qui éviteront un renchérissement des coûts d’acquisition.

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