Groupes paritaires : Humanis et Malakoff Médéric, le rapprochement est scellé

Groupes paritaires : Humanis et Malakoff Médéric, le rapprochement est scellé
Olivier Mesnard (à gauche), directeur général d’Humanis, et Thomas Saunier, directeur général de Malakoff Médéric. Ils devraient devenir respectivement n° 2 et n° 1 du futur groupe MMH.

Les instances d’Humanis et de Malakoff Médéric ont arrêté les modalités de leur union. Au 1er janvier 2019, les deux groupes de protection sociale feront place au groupe MMH.

C’est fait. Le mercredi 13 juin, les conseils d’administration des associations sommitales des groupes Humanis et Malakoff Médéric ont voté le principe de leur rapprochement. Sans aucune hésitation puisque, dans les deux conseils, le scrutin a été unanime au sein des collèges paritaires, employeurs comme salariés. Le 20 mars dernier, L’Argus de l’assurance avait effectivement révélé que les deux groupes de protection sociale envisageaient de se rapprocher. L’information a fait du bruit dans le landerneau du secteur, même si la rumeur d’une possible union revenait souvent depuis l’échec, au printemps 2016, du rapprochement entre Malakoff Médéric et La Mutuelle générale et, par ailleurs, le départ surprise du directeur général d’Humanis, Jean-Pierre Menanteau, fin août 2017. Le rapprochement était en tout état de cause, confirmé dès le lendemain par les instances paritaires qui annonçaient vouloir lancer « des études pour identifier les opportunités, les objectifs et les conditions de succès de ce projet de rapprochement ».

Trois mois plus tard, l’ensemble des travaux menés « ont démontré que ce rapprochement avait un sens, tant du point de vue de la retraite que de l’assurance », souli­gne un proche du dossier. Et, toujours d’après nos informations, ces études auraient également conclu que si Humanis affichait des fragilités au regard de sa solva­bilité, le futur groupe n’aurait, quant à lui, aucun problème de ce côté-là, avec une marge de solvabilité sous régime S2 dépassant les 200 %, sans mesures provi­soires. MMH disposera de près de 7 Md€ de fonds propres combinés.

La question du nom

De fait, le projet adopté le 13 juin ne prévoit plus qu’un seul groupe au 1er janvier 2019, dénommé pour l’instant MMH, avec une seule association sommitale MMH et une nouvelle entité prudentielle, la Sgam MMH, dite faîtière dans la mesure où elle viendra coiffer la Sgam Malakoff Médéric et la Sgaps Humanis développement solidaire. « La question du nom du nouveau groupe sera posée, nous y travaillerons en temps voulu dans le cadre d’un projet d’entreprise. Les marques Humanis et Malakoff Médéric ne disparaîtront pas au 1er janvier 2019 », explique Thomas Saunier, l’actuel directeur général de Malakoff Médéric, qui est forte­ment pressenti pour la direction générale de MMH.

Pour être définitive, cette union doit encore obtenir le feu vert de l’instance de concertation Agirc-Arrco-CTip, de l’Autorité de la concurrence et de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Des autorisations qui devraient intervenir à l’automne 2018. Il ne restera plus alors qu’à réunir l’assemblée générale constitutive de la Slam faîtière MMH et le groupe sera en ordre de marche pour le début de l’année 2019.

Des synergies

Parmi les premiers chantiers figurera celui de la retraite complé­mentaire. « La constitution d’une association de moyens unique nous permettra de faire travailler les équipes ensemble, d’échanger les bonnes pratiques afin de dégager des synergies, et cela avant les fusions opérationnelles », détaille Olivier Mesnard. Le directeur général d’Humanis, qui devrait occuper le poste de n° 2, rappelle le contexte, à savoir le plan d’économies de 300 M€ planifié par les fédérations de la retraite complémentaire pour la période 2019-2022. L’enjeu est de taille, dans la mesure où MMH représentera plus de 40 % de l’encaissement total Agirc-Arrco.

La création d’une unique association de moyens sera également à l’ordre du jour en assurance de personnes. « Nous allons analyser les synergies sur le plan commercial, au niveau des frais ainsi que de l’investissement. En pesant 17 % des parts de marché, le groupe va bénéficier d’une capacité à investir plus forte », poursuit Thomas Saunier, avant de souligner « l’existence de réelles complémentarités, pas uniquement sur les métiers de base de la prévoyance et santé collec­tives ». Ces deux derniers segments réunis vont représenter quelque 80 % du chiffre d’affaires de MMH.

Mais, sur ce point, le dirigeant tient à rassurer le personnel : « Il n’y aura pas de départs contraints, ni de mobilité géographique imposée, les bassins d’emploi actuels seront maintenus et nous travaillerons dès le début de l’année sur la convergence vers un statut social harmo­nisé. » Une pyramide des âges favorable doit permettre de trouver les synergies annoncées. Sur ce terrain comme sur les autres, MMH entend donc bien affirmer ses spécificités. « Le rapprochement de nos deux groupes est une réaffirmation de la place importante que le paritarisme et le mutualisme portés par des valeurs de solidarité, doivent plus que jamais occuper dans le secteur de la protection sociale », ont ainsi déclaré à l’issue des scrutins du 13 juin, les présidents et vice-présidents des deux groupes de protection sociale.

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