Ipeca Prévoyance, un paritaire qui veut rester agile

Ipeca Prévoyance, un paritaire qui veut rester agile
Ipeca Prévoyance réalise les trois-quarts de son activité dans le secteur de l’aéronautique. © DR

Dans un monde paritaire toujours plus concentré, certaines institutions de prévoyance (IP), à l’instar d’Ipeca Prévoyance, tiennent à leur indépendance. Son directeur général, Philippe Ricard, expose les orientations présentes et futures de l’institution référente du milieu de l’aéronautique.

Mutualité et paritarisme suivent, depuis de nombreuses années, un processus de concentration faisant apparaître dans le paysage des géants comme Aésio, AG2R La Mondiale ou encore Vyv. Si, du côté des paritaires, les acteurs de taille intermédiaire ne se comptent plus qu’en dizaines, ils défendent toutefois leur indépendance.

Trois secteurs clés

« Lors du renouvellement de notre conseil d’administration en 2017, les administrateurs ont souhaité réaffirmer le positionnement affinitaire d’Ipeca et continuer d’attirer des entreprises souhaitant partager des valeurs et problématiques communes », souligne ainsi le directeur général d’Ipeca Prévoyance, Philippe Ricard. Créée en 1947, Ipeca est devenue Ipeca Prévoyance en 1991 en se recentrant sur l’assurance de personnes : son activité, aux trois-quarts, se fait sur le secteur de l’aéronautique, la défense et l’espace étant les deux autres secteurs clés de l’institution.

Ce renouvellement a également renforcé la conviction du groupe de se concentrer sur ces trois secteurs plutôt que d’envisager une stratégie plus généraliste – ce qui se traduit dans la gouvernance de l’institution, où Airbus, ArianeGroup et Dassault sont représentés. L’IP ambitionne d’ailleurs d’être d’ici 2020 le véritable « référent » de ces secteurs sur la protection sociale complémentaire.

Si ces secteurs d’activité obéissent à certaines logiques propres, permettant à une IP affinitaire comme Ipeca Prévoyance de se distinguer, la concurrence est présente « partout », résume Philippe Ricard : « Le secteur aéronautique est en pleine croissance, il embauche et son avenir est assuré pour longtemps car il est organisé autour de grands groupes. Donc il intéresse tout le monde ! » Si elle compte Allianz comme partenaire historique, l’IP s’est rapprochée ces dernières années d’Humanis, désormais intégré au sein de Malakoff Médéric Humanis (MMH).

Sur l’aéronautique, MMH a une stratégie différente de celle qu’avait Humanis, qui avait créé un pôle aéronautique dédié. Toutefois, si certains pôles affinitaires se créent tout de même au sein de MMH, par exemple avec Énergie Mutuelle (ex-Mutieg), Ipeca Prévoyance ne voit aucune raison de s’inscrire dans un tel schéma. « Notre partenariat reste de l’ordre de l’opérationnel. Surtout, il est teinté de pragmatisme : par exemple, lorsqu’Airbus (NDLR : client d’Ipeca) et Safran (client de MMH) ont lancé ArianeGroup en 2014, nous avons été amenés à travailler ensemble. »

Sur-mesure

Conserver son autonomie dans un univers assurantiel post-Solvabilité 2 interroge les acteurs de taille intermédiaire : le positionnement d’Ipeca Prévoyance est à ce titre intéressant. L’IP est d’abord une PME d’une petite centaine de salariés – il y en avait 75 en 2014 avant Solvabilité 2. « Ipeca Prévoyance est agile, mais n’est pas structurée pour créer des solutions comme les grands groupes aux moyens plus importants », illustre Philippe Ricard. Mais le directeur général d’Ipeca Prévoyance considère que la raison d’être de son IP est d’être un « intégrateur » : grâce à une connaissance fine de ses marchés, Ipeca peut ainsi, par exemple, créer un dispositif de prévention santé ad hoc pour Airbus en réponse à un accord d’entreprise. Telle est la force de l’IP – et l’explication majeure pour laquelle elle s’interdit d’aller sur d’autres marchés : « Notre savoir-faire, c’est le sur-mesure. »

Le sur-mesure, un atout majeur pour répondre à des grands comptes opérant sur un marché particulier : l’aéronautique est ainsi un secteur plutôt âgé (46 ans sur l’ensemble des clients d’Ipeca Prévoyance, contre 40 sur toute la population active), mais avec une forte fidélité à l’emploi. « Les taux de renouvellement loi Évin pour les nouveaux retraités du secteur sont bons », ajoute Philippe Ricard. Surtout, il est soumis à de constantes évolutions de périmètre, entre les rachats, scissions et autres rapprochements… Contexte mouvant qui peut expliquer, ainsi, un certain nombre d’arrêts de travail. Ipeca Prévoyance, comme la plupart des acteurs de la prévoyance, est confronté à une hausse des prestations dues sur ce risque. Mais là aussi, l’aéronautique est un secteur à part: délais de carence importants, fortes réserves de participation au sein des entreprises… Contexte qu’Ipeca Prévoyance maîtrise. Et, avec 200 M€ de fonds propres et un résultat net avoisinant depuis dix ans les 5 M€, peut compenser en cas de pics de charges.

Par ailleurs, le fait de ne faire que du sur-mesure aide Ipeca Prévoyance à encaisser plus aisément… la réforme du reste à charge zéro (RAC 0). « Un simple aménagement de celle des contrats responsables », estime Philippe Ricard. L’ajustement des contrats en fonction des nombreuses évolutions du secteur de l’aéronautique est déjà régulier, et celui nécessaire pour intégrer le RAC 0 n’en sera qu’un de plus. Ceci étant, le directeur général d’Ipeca Prévoyance considère qu’il ne faut pas négliger l’un des principaux enseignements de la réforme des contrats responsables : la communication – « sous-estimée » alors. « Celle aujourd’hui faite autour de la réforme sous-tend que le RAC 0 sera applicable à tous les soins en audioprothèse, dentaire et optique. Ce sera certainement assez différent… »

Ipeca Prévoyance veut donc solidifier ses fondamentaux affinitaires à l’avenir. Et pour développer sa stratégie intégratrice, son directeur général regarde plutôt ce qui se fait du côté de groupes… comme celui de l’ex Mutuelle nationale des hospitaliers rebaptisé Nehs : « À terme, le développement de notre positionnement d’entreprise intégratrice pourrait nous conduire à une réflexion similaire à celle du groupe Nehs : outre la santé et la prévoyance, pourquoi pas proposer d’autres briques affinitaires ? », conclut Philippe Ricard.

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