L'assurance à l'épreuve du coronavirus

L'assurance à l'épreuve du coronavirus
L’épidémie du Coronavirus a conduit les acteurs de l’assurance a fermé leurs agences au public et à développer largement le télétravail. © photos: Bruno levy

Depuis le 17 mars, l’assurance, comme les autres secteurs d’activités, vit au rythme du confinement. Alors que l’économie française subit de plein fouet les effets de la crise sanitaire, les assureurs et leurs intermédiaires se mobilisent pour garantir à distance la continuité de l’activité autour de ses missions essentielles : la gestion de sinistres et la prise en charge des assurés. Et, bien que solide financièrement, le secteur se prépare à affronter « une situation comparable à 1929 », pour reprendre les termes du ministre de l’Économie, Bruno Le Maire.

Recours massif au télétravail pour maintenir l’activité

Le premier chantier mené par l’assurance pour répondre à l’urgence sanitaire a consisté à déployer des mesures à destination de ses collaborateurs. Dès la première allocution du président de la République, le 12 mars, la plupart des compagnies ont déclenché leur plan de continuité d’activité (PCA), afin qu’une large majorité de leurs salariés puissent travailler à distance. Chez Axa France, très rapidement, moins de 200 personnes sur la totalité des 14 000 salariés continuaient de travailler sur site. Alors qu’ils ne font pas partie des entreprises soumises aux obligations de fermeture annoncées par le gouvernement, la plupart des cabinets de courtage ont également décidé de faire télétravailler leurs collaborateurs. Difficile d’avoir une vision exhaustive, mais la généralisation du télétravail semble avoir été plus complexe pour une partie des mutuelles d’assurance. « Jusqu’au 17 mars, la Matmut avait l’intention de maintenir 25 % de son effectif afin d’assurer la continuité de service », relate Laurent Cantel, délégué syndical CGT UES Matmut. De son côté, confronté à des problèmes logistiques, Covéa n’a fait basculer en télétravail la majorité de ses salariés que le 23 mars.

Agents et courtiers assurent la proximité à distance

Alors que la crise sanitaire oblige de nombreux commerces à fermer boutique, les agents généraux et courtiers font partie des établissements autorisés à recevoir du public. Leurs organisations syndicales, Agéa et Planète CSA, leur ont recommandé, en concertation avec la Fédération française de l’assurance (FFA) et les directions des compagnies, de ne pas recevoir le public et de privilégier les mesures alternatives afin d’assurer un service à distance pour leurs clients, notamment pour la gestion de sinistres, l’assistance ou l’indemnisation. Des mesures qu’appliquent à la lettre la plupart des agents généraux. C’est le cas de Fabien Giraud, agent général MMA, qui par mesure de sécurité, a demandé à ses 13 collaborateurs de rester chez eux : « C’est ce qu’il y avait de plus responsable à faire au niveau sanitaire ». Même décision chez les courtiers. Bernard Albenois, PDG du cabinet d’Auxilia Courtage, à Marseille, a placé tous ses collaborateurs en télétravail à l’exception d’un seul, qui, à tour de rôle avec lui, assure la permanence du bureau. « Nous avons dématérialisé tout ce qui était possible. En termes d’organisation, chacun a son ordinateur, et traite ses mails au fur et à mesure qu’ils arrivent. Nous faisons également le point régulièrement. »

La profession au chevet des entreprises

Alors que de nombreux commerces ont dû baisser le rideau, la polémique a rapidement enflé sur le rôle des assureurs dans cette crise. En effet, les garanties contre les pertes d’exploitation sans dommages ne couvrent pas les conséquences d’une pandémie. Sommée à plusieurs reprises par Bercy « de participer à l’effort de solidarité nationale », la FFA a pris l’engagement d’abonder à hauteur de 200 M€ le fonds de solidarité de 2 milliards d'euros en faveur des TPE et des indépendants. Par ailleurs, les membres de la FFA se sont engagés à conserver en garantie les contrats des entreprises en difficulté en cas de retard de paiement, et ce pour toute la durée de la période de confinement, ainsi qu’à différer le paiement des loyers pour les TPE / PME appartenant à l’un des secteurs dont l’activité est interrompue. De plus, ils prennent en charge les indemnités journalières des personnes fragiles (affection de longue durée, femmes enceintes en arrêt de travail), dans la limite de 21 jours. Plusieurs assureurs se sont aussi engagés en créant des fonds de soutien : Generali (100 M€), l’association Agipi (10 M€), Aréas (2 M€ pour ses clients professionnels), la MACSF (1 M€), ou encore La Médicale de France au profit des médecins libéraux confinés.

Réflexions sur la prise en charge des arrêts de travail

La gestion du risque arrêt de travail pose divers problèmes aux assureurs en ce contexte de pandémie. Avec deux points d’achoppement : quelle couverture pour les assurés en arrêt forcé dans les entreprises, en confinement et sans possibilité de télétravail ? Quelle protection pour les indépendants non ou mal couverts en prévoyance ? Le premier fait l’objet de discussions de place mais, avant même de parvenir à un accord sur la question, diverses mesures ont été prises, notamment au sein des branches professionnelles en lien avec leurs organismes assureurs recommandés. Par ailleurs, les principaux assureurs spécialisés dans la protection sociale des professionnels de santé se sont mobilisés pour moduler et / ou supprimer les franchises. Le second point pose une autre difficulté, puisqu'un indépendant sur trois n’est pas couvert en prévoyance… Plusieurs assureurs (comme Axa et SwissLife) ont ainsi supprimé le délai d’attente de trois mois avant indemnisation pour les indépendants nouvellement couverts.

Jean-Laurent Granier, PDG de Generali France
« Une cellule de crise opérationnelle se réunit tous les jours »

“Nous étions mieux préparés à cette situation que si elle avait eu lieu, disons, il y a trois ans. Avec la mise en place du télétravail pour plus de 40 % de nos salariés, la grève des transports de décembre dernier a constitué, en quelque sorte, une répétition générale pour le travail à distance. Depuis fin février, nous avons mis sur pied une cellule opérationnelle de crise qui se réunit tous les jours pour déterminer les mesures d’urgence à prendre. Et nous avons décidé de redéployer toutes les ressources rendues disponibles par le recours au travail à distance ou du fait de la moindre activité commerciale pour les consacrer à des activités qui en ont le plus besoin, par exemple l’indemnisation dommages en MRH, la prévoyance ou encore la santé. Bref, nous nous adaptons au mieux mais, de là à dire que nous étions préparés à une telle situation jamais vue depuis la dernière guerre mondiale ? Certainement pas !  ”

 

Vent de panique sur les marchés financiers

En un mois, le CAC 40 a perdu près de 30 % de sa valorisation, se repliant sous les 4–000 points. La chute des cours a été enrayée grâce à l’action des banques centrales, dont la BCE qui a lancé un programme de 750 milliards d'euros de rachat de dettes publiques. Dans le secteur des banques et des assurances, les capitalisations boursières ont été divisées quasiment par deux. Mais le marché est marqué par une très forte volatilité, avec des séances de rebond pouvant dépasser les 10 %. Dans ce contexte, aucun acteur du secteur n’a pour l’instant renoncé au versement de ses dividendes. Quelle sera la réaction des épargnants, fortement incités depuis septembre à placer leurs liquidités sur les supports en unités de compte ? Les chiffres de l’assurance vie de février révèlent un taux d’UC de près de 40 % dans la collecte brute.

L’assurance solidaire avec les soignants

Le monde de l’assurance multiplie les initiatives de soutien aux professionnels de santé, en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Ainsi, SPVie Assurances a annoncé faire un don de 10 000 € à une cagnotte destinée au fonds d’urgence coronavirus et à la fondation Vincent de Paul. Pour sa part, Matmut a décidé de participer en achetant un espace publicitaire solidaire sur France télévisions. Pasteur Mutualité propose, quant à lui, de modifier la loi sur le don de RTT avec une disposition en faveur des professionnels de santé. Enfin, à l’instar de BNP Paribas (1,5 million) et de Klésia (100 000), les dons de masques aux soignants se multiplient.

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