Alain Montarant (Macif) : « Je n'ai pas commis de faute mais je reconnais une maladresse »

Alain Montarant (Macif) : « Je n'ai pas commis de faute mais je reconnais une maladresse »
Alain Montarant, président du groupe Macif

Alain Montarant, président de Macif depuis 2014, confie les raisons de son départ prochain après la polémique sur sa rémunération. Aux côtés de son successeur, il entend toutefois conserver un rôle dans les décisions stratégiques du groupe.

L’Argus de l’assurance : Pourquoi avoir choisi de ne pas renouveler votre mandat de président fin mai ?

Alain Montarant : J’ai été affecté par les derniers événements qui ont donné une mauvaise image de la Macif et de la fonction de président du groupe. Cette situation me touche aussi bien au titre de la Macif que des salariés, des délégués et plus largement pour nos 5,4 millions de sociétaires. Je me mets à la place des salariés. Lorsqu’ils ont vu la rémunération du président augmenter de 100 000 €, je peux comprendre qu’ils aient pu être choqués. À titre personnel, compte tenu de la situation interne de l’entreprise, il m’a semblé important d’assumer toutes mes responsabilités.

Quand avez-vous pris cette décision ?

Cela faisait déjà quelques mois que je réfléchissais, étant attaché à honorer cette fonction qui exige un engagement personnel important. Après de longues discussions avec mes proches, ma décision a été actée à la fin du mois de janvier. Et, je l’avoue de manière transparente, les événements du mois de janvier 2019 ont pesé dans ma décision finale de ne pas renouveler mon mandat de président.

Avec le recul, regrettez-vous cette polémique concernant la hausse de votre rémunération ?

J’estime ne pas avoir commis de faute, mais je reconnais une maladresse. Dès 2014, notre comité de rémunération avait engagé des travaux pour revaloriser l’indemnité du président, notamment au regard de celles pratiquées au sein des mutuelles d’assurance, mais cela avait à l’époque suscité d’importants débats en interne. J’avais alors pris la décision d’interrompre ces travaux. Il faut savoir que la Macif ne s’est dotée qu’en 2012 d’une grille d’indemnités pour ses administrateurs, inchangée depuis lors. En 2018, le comité des rémunérations et le conseil d’administration ont considéré, à tort, qu’avec le travail mené dans le cadre du redressement du groupe, le sujet de la rémunération pouvait se reposer plus sereinement. Aujourd’hui, le rapport entre le plus bas salaire du groupe et celui du président est de 1 à 8, bien inférieur à ce qui se pratique dans bon nombre d’entreprises. Cependant, nous aurions dû pratiquer différemment et avoir conscience de l’impact que cela pouvait provoquer dans le contexte actuel.

Comment avez-vous identifié votre successeur potentiel ?

J’ai proposé à Pascal Michard, vice-président du groupe et président de Socram Banque et de nos filiales Mutavie et Macifin, de prendre ma succession au terme de mon mandat fin mai. Ce n’est pas un choix par défaut. Il saura prolonger avec détermination et pragmatisme les travaux entrepris. Avec Pascal, il n’y aura pas de rupture dans la gouvernance. Nous nous connaissons bien. Nous sommes tous deux issus des rangs de l’Association des délégués professionnels indépendants de la Macif. Il m’avait déjà succédé avec succès à la tête du pôle finance-épargne lorsque j’ai pris la présidence du groupe en 2014. Il a accepté de soumettre sa candidature aux CA de la Sgam et de la SAM Macif qui suivront les prochaines assemblées générales (AG) à la condition que je reste administrateur délégué auprès du président et membre du comité exécutif. Il souhaite que je l’accompagne dans sa préparation et l’exercice de ses fonctions sur une période de trois ans, jusqu’aux AG de 2022. Nous quitterons alors ensemble nos fonctions à cette échéance.

Qui est le futur président de Macif ?

Âgé de 65 ans, Pascal Michard est ophtalmologue de formation. Il a conservé son activité de praticien au centre hospitalier de Vichy, dans le département de l’Allier. Depuis 2014, Pascal Michard est vice-président du groupe Macif en charge du métier finance-épargne. Il préside également les deux filiales Mutavie et Macifin ainsi que, depuis mai 2015, le conseil d’administration de Socram Banque.

 

Comment comptez-vous régler le sujet des rémunérations, source de polémique ?

Malgré toute la transparence voulue depuis mon arrivée en 2014 et qui perdurera, j’ai bien conscience que le sujet fait débat et que nos pratiques doivent être réinterrogées. En prévision de l’AG, il me semble nécessaire de nous poser un certain nombre de questions concernant notre gouvernance, ce que je ferai vis-à-vis de nos délégués. Ne devrait-on pas réformer le comité des rémunérations dans sa composition et son fonctionnement ? L’AG ne devrait-elle pas se prononcer sur les dispositifs de rémunération des administrateurs ? Si cette disposition est obligatoire pour les mutuelles santé, je pense qu’il serait opportun d’en faire de même dans les mutuelles d’assurances.

Quelles fonctions allez-vous conserver en interne ?

À la demande de Pascal Michard, j’assurerai le suivi du projet de rapprochement avec Aésio, et je conserverai mes mandats actuels chez Inter Mutuelles Assistance (IMA) ainsi que la présidence d’OFI AM et la vice-présidence d’OFI Holding.

Justement, comment progresse le chantier du rapprochement entre Macif et Aésio ?

Le processus de rapprochement avance dans la bonne direction. Tous les chantiers, y compris celui de la gouvernance, ont été lancés en février pour que le rapprochement puisse être entériné aux AG de 2020. À cette date, nous formerons ainsi le deuxième acteur du marché français en santé, avec plus de 2,7 Md€ de primes, derrière le groupe Vyv et devant AG2R La Mondiale Matmut. Nous avons lancé l’activité prévoyance début février avec la création de PAM (Prévoyance Aésio Macif) et le début d’activité se présente bien dans nos deux réseaux. Le deuxième axe du rapprochement consistera, sur un horizon de deux à trois ans, à distribuer en marque blanche des produits IARD tant au niveau du réseau Aésio que via Apivia et son réseau de 3 200 courtiers. Jusqu’à présent, Apivia, qui a franchi le cap des 100 000 contrats IARD, travaillait essentiellement avec Suravenir. Demain, il y aura une complémentarité évidente à distribuer par le courtage les produits IARD de Macif.

À terme, Macif-Mutualité et Apivia auront-elles vocation à conserver une existence propre au sein de l’UMG ?

Non. Le principe d’une fusion entre les deux mutuelles interprofessionnelles a été adopté successivement fin février par les conseils d’administration de Macif-Mutualité, d’Apivia, de la Sgam Macif et de l’UMG Macif Santé Prévoyance. À l’image de la fusion en cours entre les trois mutuelles du groupe Aésio, nous souhaitions mettre à profit cette période pour simplifier également nos structures. Un premier point d’étape de cette fusion sera présenté aux AG de Macif-Mutualité fin avril et d’Apivia fin mai. L’objectif est de parvenir à une fusion entérinée par les AG de 2020 avec une mise en place d’une gouvernance opérationnelle unique au 1er janvier 2021.

En cinq ans, vous aurez contribué au redressement du groupe. Dans quelle situation se trouve Macif à fin 2018 ?

Nous avons signé une année 2018 très satisfaisante. Nous avons ainsi franchi la barre symbolique des 5,4 millions de sociétaires grâce à un solde net de contrats en IARD de 140 000. Un chiffre que le groupe Macif n’avait jamais connu. Nous renouons ainsi avec notre ADN qui a toujours consisté à casser les modèles de rentes. Dans les cinq ans, nous estimons que des parts de marché seront encore à conquérir. En santé-prévoyance, la production nette en 2018 a été de 14 000 contrats réalisés en santé individuelle, supérieure à l’objectif fixé de 2 300 par an, et 41 000 en prévoyance individuelle (+ 12 000 par rapport à 2017). En finance-épargne, le portefeuille d’assurances vie ressort à 1 274 000 contrats avec une production légèrement inférieure à l’objectif. En revanche, l’activité bancaire se situe en deçà des objectifs malgré une légère progression des encours, lesquels atteignent plus de 640 M€ à fin 2018 (comptes à vue et épargne).

Ces résultats s’inscrivent-ils dans la trajectoire du plan stratégique #Macifutur (2016-2020) ?

À fin 2018, soit au terme de trois exercices, les indicateurs de pilotage du plan stratégique sont bien orientés et démontrent que le groupe Macif retrouve sa position de leader. Nous pouvons désormais inscrire notre groupe mutualiste dans le xxie siècle pour en faire une entreprise forte, soudée face au contexte concurrentiel et bien ancrée dans ses territoires. Les premiers travaux du prochain plan stratégique à trois ans (2021-2023) ont été présentés, fin janvier, au conseil d’administration de la Sgam avec une approche centrée sur le mutualisme au bénéfice de notre communauté de sociétaires, en termes d’offres, de services et de relation.

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