Benoît Briatte (MGP) : « Aujourd'hui, la MGP et Unéo veulent conserver leur autonomie »

Benoît Briatte (MGP) : « Aujourd'hui, la MGP et Unéo veulent conserver leur autonomie »
photos : LAETITIA DUARTE

Tout en renforçant les coopérations avec ses partenaires d’Unéopôle, la Mutuelle générale de la police (MGP) réaffirme son indépendance et s’ouvre à de nouveaux publics, dans la fonction publique comme dans le secteur privé. Entretien avec son président, Benoit Briatte.

Argus de l'Assurance : Un rapprochement entre Unéo et la MGP est-il à l’ordre du jour ? Le marché bruisse de rumeurs…

Benoît Briatte (MGP) : Non, il n’y a que des coopérations entre nos deux mutuelles. L’ambition de notre plan stratégique Élan 2016 était de trouver un acteur de notre environnement pour s’associer, chercher des synergies et obtenir des gains pour nos adhérents. Cela s’est conclu par la création d’Unéopôle, avec la mutuelle du ministère de la Défense Unéo et GMF (groupe Covéa).

Dans notre plan Pacte 2020, adopté il y a deux ans, un des principaux axes est de travailler avec Unéo et Covéa. Jusqu’à présent, les instances d’Unéo n’avaient jamais pris de décision officielle sur le sujet. Il y a quelques semaines, son conseil d’administration s’est positionné formellement sur ce qui était alors fait de manière tacite.

Que cela signifie-t-il concrètement ?

Il faut dissocier la création d’Unéopôle et les coopérations entre les mutuelles. Unéopôle est une union politique de trois acteurs, qui a vocation, en premier lieu, à renforcer ses membres, notamment en faisant de l’affichage et du lobbying politique. Pour autant, nous voyons bien que nous avons des sujets de coopération potentiels, certains à traiter à trois, d’autres à deux. Par exemple : alors que nos mutuelles doivent s’équiper dans le cadre de la lutte anti-blanchiment, plutôt que d’acquérir chacun un outil, nous avons choisi de le mutualiser avec Unéo. Nous avons déployé une offre pour les agents du ministère de l’Intérieur qui vont travailler hors de France métropolitaine ou à l’étranger. À la place des produits de prestataires qui n’étaient pas très performants, nous leur proposons maintenant Unéo Monde, la solution d’Unéo pour les personnels qui partent à l’étranger.

Toute la profession mise sur les services. Est-ce aussi un axe pour Unéopôle ?

Nous menons également des actions de prévention. La santé et la sécurité au travail sont des sujets sur lesquels nous devons être présents. Nous avons décidé, au-delà de ce qu’offrent déjà les ministères pour assurer un filet de sécurité à leurs agents, de proposer une plateforme accessible 24 h / 24 et 7 j / 7 pour répondre à la détresse psychologique que traversent les forces de sécurité, soumises à une pression de plus en plus forte. C’est quelque chose que nous avons mis en place grâce à Unéopôle, avec la plateforme de Fidélia Assistance, filiale de GMF, et leurs psychologues cliniciens.

La coopération va-t-elle jusqu’à la vente d’offres Iard ?

Non. Nous faisons de l’indication croisée avec GMF. Quand des vendeurs de cette dernière rencontrent des agents des forces de sécurité, ils proposent l’offre de protection sociale MGP. Et inversement : les conseillers MGP indiquent l’offre Iard de GMF. Nous partageons aussi des agences.

Si les coopérations se renforcent, Unéopôle va-t-elle rester une union de groupe mutualiste (UGM), ou évoluer vers une forme plus structurante, de type union mutualiste de groupe (UMG) ?

Pas à ce stade. Je n’insulterai pas l’avenir parce qu’il n’est pas impossible qu’un jour, nos travaux nous conduisent à dire qu’il faut voir différemment la construction de nos maisons. Mais aujourd’hui, il est clair qu’Unéo et la MGP veulent conserver leur autonomie. Nos mutuelles sont en très bonne santé et n’ont pas le couteau sous la gorge, nous n’avons aucune urgence. Si nous voulons réussir quelque chose, il faut le faire tranquillement. On a vu que, lorsque l’on voulait aller vite, cela ne fonctionnait pas toujours très bien. Mais l’avenir nous conduira peut-être sur une trajectoire commune.

Comment pouvez-vous vous développer alors que les effectifs de fonctionnaires tendent plutôt à reculer ?

Nous étions corporatistes, très centrés sur les policiers. Aujourd’hui, la Mutuelle générale de la police devient la MGP, la mutuelle des forces de sécurité. Au-delà des policiers et des agents du ministère de l’Intérieur, cela englo­be les policiers municipaux, les surveillants pénitentiaires, les douaniers et, si l’on va vers le privé, les entreprises de la sécurité. Quand je vous donne l’intégralité de nos cibles, vous voyez que cela a du sens car, si vous écoutez tous les ministres de l’Intérieur récents, ils évoquent l’ensemble de ces forces lorsqu’il s’agit d’assurer la sécurité des personnes et des biens. Il y a dix ans, dans les aéroports, c’était la police de l’air et des frontières qui vous contrôlait aux portes des avions. Aujourd’hui des sociétés privées le font sous le contrôle du ministère de l’Intérieur. De même, les casernes sont gardées par des socié­tés privées. L’État est en train de déléguer un certain nombre de missions, peut-être un peu moins régaliennes que les autres, mais qui restent sous sa responsabilité. Il est donc naturel que notre périmètre évolue.

Cherchez-vous des adhérents qui étaient couverts par d’autres mutuelles, comme la Mutuelle du ministère de la Justice pour les agents pénitentiaires ?

Un surveillant pénitentiaire se sent aujourd’hui plus proche d’un policier que d’un magistrat. Les surveillants sont d’ailleurs venus frapper à notre porte pour demander de bénéficier de nos services. Et ils nous connaissent car nous gérions, par le passé, leur régime obligatoire d’Assurance maladie. Nous avons une véritable proximité. Nous menons une opération de prévention santé au travail avec les agents de l’administration pénitentiaire. Nous rentrons dans leur quotidien pour leur montrer qu’il y a un acteur spécifique qui est là pour eux.

Sur la sécurité privée, les acteurs sont des entreprises… Cela signifie-t-il que vous vous lancez dans le collectif ? Et comment avez-vous appris ce nouveau métier ?

Nous nous sommes positionnés sur ce marché de la collective depuis deux ans. Nous avons déjà près de 500 entreprises adhérentes à un contrat santé spécifique, MGP Sécurité. Et il y a un gisement important d’adhérents car les effectifs des entreprises de la sécurité privée sont égaux, voire supérieurs, à ceux des fonctionnaires. Il y a aujourd’hui 150 000 policiers et environ 170 000 agents de la sécurité privée. Nous avons appris ce nouveau métier grâce à Covéa, qui assure la gestion tandis que nous distribuons.

Il n’y a pas de référencement au ministère de l’Intérieur. Comment l’interprétez-vous ? Et le regrettez-vous ?

Je pense que le ministère de l’Intérieur a très bien lu les textes qui « donnent la possibilité à l’employeur public » de mettre en place une participation à la protection sociale complémentaire de ses agents. Il n’y a aucune obligation, et le ministère n’a donc pas jugé utile de profiter de cette possibilité. Je pense – et cela n’engage que moi – que vouloir participer de manière sensible à la protection sociale complémentaire de ses agents implique de disposer d’une enveloppe conséquente et, comme tous les ministères aujourd’hui, l’Inté­rieur avait bien du mal à la dégager. Je pense aussi qu’il y a aussi d’autres facteurs, dont la diversité que l’on peut aujourd’hui trouver au sein du ministère. Il y a les policiers, la sécurité civile, la préfectorale, les cultes… Il était sans doute difficile pour le ministère de lancer un référencement de manière égalitaire sur l’ensemble de ces diffé­rentes popu­lations.

Comment abordez-vous toutes les réformes actuelles ?

Si un cinquième risque de Sécurité sociale devait être institué pour la perte d’autonomie, nous espérons qu’il sera pris en charge par le régime obligatoire et pas par les organismes complémentaires. Nous avons depuis très longtemps un produit dépendance en inclusion, et chaque adhérent peut souscrire, en option, un produit plus couvrant, mais la demande n’est pas très forte. Nous avons des vraies questions à nous poser. Est-ce qu’aujourd’hui, proposer une couverture, c’est rembour­ser l’intégralité des médicaments ou vaut-il mieux aller sur la prévoyance et la perte d’autonomie ? Une vraie couverture consiste plutôt à garantir un filet de sécurité dans les situations extrêmes. Je ne suis pas convaincu que nos vrais combats soient dans l’optique et le médicament.

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