Mutuelles : la FNIM s’inquiète d’une fusion de l’ACS et de la CMU-C

 Mutuelles : la FNIM s’inquiète d’une fusion de l’ACS et de la CMU-C
Philippe Mixe, président de la FNIM

Les conséquences d’une fusion de l’aide à la complémentaire santé et de la CMU complémentaire inquiètent la Fédération nationale indépendante des mutuelles.

La Fédération nationale indépendante des mutuelles (FNIM), qui regroupe des petites et moyennes mutuelles, s’inquiète du projet gouvernemental de fusion de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et de l’aide à la complémentaire santé (ACS). Ce projet, qui a pour objectif de lutter contre le recours aux droits et d’améliorer l’accès aux soins, pourrait prendre corps à l’occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019.

Dans un communiqué diffusé vendredi 7 septembre, la FNIM craint que cette mesure ne vienne « siphonner les effectifs des mutuelles ». Alors que les détails de la fusion de la CMU-C et de l’ACS ne sont pas connus, l’une des hypothèses est une reprise par les pouvoirs publics de la gestion de l’ensemble. Actuellement, les bénéficiaires de l’ACS ont le choix entre un certain nombre de contrats de droit privé sélectionnés pour leur rapport qualité-prix dans le cadre d’un appel d’offres public. Les organismes complémentaires, dont des mutuelles de la FNIM, verraient dans ce cas de figure les bénéficiaires de l’ACS soustraits de leur portefeuille d’adhérents.

Une médecine à plusieurs vitesses

« Ce n’est pas l’intervention d’une complémentaire santé qui est à la source du problème (NDLR, de méconnaissance de l’ACS et de non recours aux droits), mais l’absence de notoriété de l’ACS. Cela est tellement évident que lors de la précédente réforme, les pouvoirs publics avaient inscrit le devoir d’information dans le cahier des charges, et s’étaient engagés à mener une grande campagne d’information. Si les complémentaires santé ont joué le jeu, les campagnes publiques, inaudibles, n’ont laissé que de maigres souvenirs », déplore la FNIM dans un communiqué.

Une autre conséquence d’une reprise par les pouvoirs publics est que « pour dépasser les limites des complémentaires santé étatisées, les Français n’auront pour seul choix que de se tourner vers d’autres types de contrats (nous vivons encore dans l’ère européenne de la libre prestation de services), mettant en place non pas une médecine à deux vitesses, mais une santé à trois, quatre, voire cinq rapports ! », craint encore la FNIM.

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