Mutuelles : le groupe MGEN revoit sa stratégie

Mutuelles : le groupe MGEN revoit sa stratégie

La Mutuelle générale de l’éducation nationale revoit son modèle économique, avec une stratégie de réduction des coûts et une politique tarifaire qui devraient compenser des résultats de plus en plus volatils.

La Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN), pilier du groupe Vyv aux côtés d’Harmonie Mutuelle, deviendrait-elle définitivement une mutuelle comme les autres ? Après avoir essuyé des pertes en 2017, elle adopte une série de mesures plutôt strictes : il n’y aura plus d’année « de pause », compren­dre sans hausses de cotisations, et la MGEN pratiquera, comme l’ensemble du marché, des indexations annuelles. L’époque de l’offre unique, tarifée en fonction de la seule rémunération de l’adhérent – à l’image d’une cotisation de Sécurité sociale – paraît bel et bien révolue. Et l’assemblée générale, qui s’est tenue les 9 et 10 juillet à Rennes, a été la dernière à fixer les cotisations. Selon son président, Roland Berthilier, il était « paradoxal de le faire avant de connaître le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année suivante ». Revenue dans le vert après avoir relevé ses cotisations en 2018, la deuxième mutuelle santé française cherche de toute évidence à asseoir ses fondamentaux dans un environnement plutôt difficile.

Un bilan en demi-teinte

La mutuelle des enseignants tire, en effet, un bilan plus que mitigé du référencement sur son champ historique de l’éducation nationale : l’offre référencée connaît un « succès moyen », constate Roland Berthilier. Elle est plutôt souscrite par des personnes qui reviennent à la MGEN après l’avoir quittée, tandis que les adhérents en portefeuille préfèrent rester sur l’offre histo­rique.

Cette dernière intègre notamment la dépendance en inclusion, une prestation dissociée dans la nouvelle offre. Qui plus est, les aides versées par l’état employeur, réservées à l’offre référencée, n’ont plus aucun caractère incitatif, puisqu’elles se sont réduites à néant. « Leur niveau était auparavant de 0,20 € par adhérent et par mois, mais rien n’a été versé en 2017, année de renouvellement du référencement, ni en 2018 », indique Roland Berthilier.

Seule consolation, les nouvelles offres concurrentes référencées, en l’occurrence celles d’Intériale / Axa et de CNP Assurances, ne connaîtraient pas non plus un grand succès. « Nous n’assistons pas à des départs massifs », note Isabelle Hébert, directrice générale du groupe MGEN. En fait, c’est l’attrait du référencement qui pose question, puisque les dirigeants de la MGEN ne commu­niquent pas de chiffres sur les résultats du référencement de leur mutuelle sur les ministères du Travail ainsi que des Solidarités et de la Santé, où le groupe Vyv a été coréférencé avec la Mutuelle générale des Affaires sociales (MGAS), ainsi qu’au référencement unique, au ministère de la Transition écologique.

Malgré le résultat décevant du référencement, le groupe MGEN conserve son attrait d’organisme affinitaire : il annonce pas moins de 71 000 nouveaux adhérents, dont 9 000 en assurance collective. De quoi compenser largement un « taux de démission volontaire », compren­dre des résiliations, qualifié de « très faible » à 1,1 %. Il profite aussi d’une moindre sinistralité, puisque les cotisations progressent quatre fois plus vite que les prestations (+ 5,3 % contre + 1,3 % respectivement) malgré une augmentation des dépenses sur plusieurs postes (hospitalisation, dentaire, optique).

Et alors que les organismes complémentaires sont souvent cloués au pilori par les associations de consommateurs en raison d’une redistribution des cotisations considérée comme trop faible, la MGEN fait plutôt bonne figure avec un taux de 90 %, en recul cependant par rapport aux 94 % affichés il y a encore cinq ans. La faute aux produits financiers. De plus en plus volatils, ils ne constituent plus une source de revenus sur laquelle la mutuelle peut compter. Elle a donc entrepris de s’en « désensibiliser », selon l’expression de Roland Berthilier.

Des indicateurs au vert

  • 2 554 M€ le ca du groupe MGEN (+ 5 % par rapport à l’exercice précédent)
  • 2 261 M€ de cotisations encaissées par le groupe, en progression de 5,3 %
  • 2 141 M€ les fonds propres combinés du groupe (stables)
  • 4,86 M€ le résult at net part du groupe (- 17,98 M€ en 2017)
  • 4 millions de personnes sont protégées

Maîtrise des coûts

Une manière de dire que le groupe jouera sur tous les autres leviers qu’il peut maîtriser. Outre les paramètres assurantiels, il s’est engagé dans une politique de maîtrise des coûts, qui se traduit notamment par une baisse des dépenses informatiques de 7,5 M€, des économies sur les activités de livre 2 (activités assurantielles) comme de livre 3 (services de soins et d’accompagnement mutualistes), une réduction de l’ordre de 20 M€ sur les frais de fonctionnement du siège, ainsi qu’une baisse des effectifs des centres de gestion – menée sans plan de sauvegarde de l’emploi. Une trajectoire qui sera maintenue, avec un objectif de réduction des coûts informatiques de 16 % sur les prochaines années, tout en préservant la qualité de services et en poursuivant la modernisation des outils.

Du sport sur ordonnance

Voici un an, Roland Berthilier annonçait la création de MGEN Partenaires, une union de groupe mutualiste (UGM) destinée à accueillir les mutuelles demandant l’accès au groupe. Parmi ses membres – outre MGEN Filia, MCVPAP (Mutuelle de la ville de Paris) et MAEE (Mutuelle des Affaires étrangères) –, la Mutuelle des sportifs (MDS) portait des projets de développement dans le domaine du sport lié à la santé. Ils viennent de déboucher, début juillet, sur le lancement par la MDS d’une offre de sport sur ordonnance. Mais il ne s’agit pas de sponsoriser l’inscription des adhérents de la MGEN à un club de sports. Issue du budget de la Sécurité sociale pour 2019, cette nouvelle prestation sera proposée sous forme de service additionnel, en mode expérimental, dans le cadre de 13 affections de longue durée (ALD) éligibles, et les bénéficiaires seront orientés vers des structures labellisées.

De nouvelles offres

Autre axe de travail, les services de soins et d’accompagnement mutualistes, portées par 57 structures au sein des mutuelles de livre 3, MGEN Centres de santé et MGEN Action sanitaire et sociale. Le plan Horizon 2020 doit contribuer au retour à l’équilibre de ces activités qui font le yo-yo d’une année sur l’autre.

Le groupe confirme également le lancement, en juillet, d’une offre individuelle dédiée à la fonction publique hospitalière, au grand dam de la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), qui n’apprécie guère cette initiative. « Le pacte de non-agression n’existe plus et je trouve désolant que les mutuelles s’attaquent en concurrence frontale, car cela profite aux assureurs au détriment des mutuelles », déplorait Gérard Vuidepot, président de la MNH dans les colonnes de L’Argus de l’assurance en janvier dernier.

Enfin, alors que le marché bruisse de rumeurs sur un possible rapprochement entre Intériale et Vyv, Roland Berthilier s’est montré fort prudent quant à une telle hypothèse. S’il salue la volonté affichée par Intériale de « revenir dans le giron mutualiste », il remarque qu’il y a tout de même quelques « grains de sable », dont un partenariat avec Axa qualifié de « gênant ».

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