Résultats 2018 : Groupama résiste à la concurrence des bancassureurs

Résultats 2018 : Groupama résiste à la concurrence des bancassureurs
Thierry Martel, directeur général de Groupama Assurances Mutuelles.

Le groupe mutualiste publie un résultat net en hausse de 54 % en 2018. La hausse du CA est marquée en MRH, Groupama ayant acquis de nouveaux clients.

Alors que les mutuelles d’assurance sont chahutées par la montée en puissance des bancassureurs, Groupama résiste plutôt bien. Son bénéfice net pour l’année 2018 grimpe de 54 %, à 450 M€, grâce à des plus-values financières réalisées notamment sur la cession d’un immeuble à la Défense, et à un résultat opérationnel solide de 298 M€. L’année 2018 a été marquée par une multitude de cat’nat’ en métropole, dont la facture nette de réassurance s’annonce bien plus lourde que celle de 2017. Groupama avait alors essuyé 330 M€ de pertes brutes dues aux ouragans Irma et Maria aux Antilles, mais seulement 38 M€ net de réassurance, l’essentiel étant pris en charge par la Caisse centrale de réassurance (CCR) dans le cadre du régime cat’nat’. Malgré cette sinistralité climatique supérieure aux prévisions en 2018, Groupama améliore son ratio combiné dans l’Hexagone, à 98,6 % (- 0,2 pt).

Croissance dynamique

Surtout, Groupama affiche une croissance dynamique de son chiffre d’affaires : + 4 %, à 14,3 Md€. Dans l’Hexagone, la branche dommages aux biens et responsabilité (+ 2 %) est tirée par la MRH, dont le chiffre d’affaires progresse de 3,2 %, à 1,08 Md€. Une hausse supérieure à celle de la moyenne du marché (+ 2,7 %), dans un contexte pourtant marqué par les gains de parts de marché des bancassureurs. Groupama réalise un gain net de 27 000 contrats en MRH, une conquête qui n’est pas due à une politique tarifaire agressive, insiste le groupe. « Nous avons rénové le produit MRH, qui a été déployé dans nos caisses il y a un an, et nous avons focalisé l’activité commerciale des caisses sur la vente de ce produit », explique Fabrice Heyriès, directeur général adjoint de Groupama Assurances Mutuelles. Ce à quoi s’ajoute l’amélioration de la satisfaction client. Groupama occupe désormais la deuxième place derrière la Maif en termes d’indice net de recommandation, et bénéficie d’un taux de résiliation faible, « inférieur de 2 points au marché ».

D’ailleurs, la loi Hamon « n’a pas augmenté le turnover de ces contrats », remarque Thierry Martel, directeur général de Groupama Assurances Mutuelles. « Cette loi était conçue de manière à favoriser les pure players en ligne et les bancassureurs. Or les premiers ne marchent pas en France, les assurés ayant besoin d’être rassurés au moyen d’une présence physique. Quant aux bancassureurs, ils s’étaient organisés pour vivre sans. Ils ont seulement gagné quelques mois, mais au prix d’une hausse des coûts d’exploitation car le process est lourd. Résultat : dans un marché pourtant très compé­titif, il n’y a pas eu d’effet positif sur les prix. Sur la santé, la résiliation infra-annuelle des contrats devrait produire le même résultat… », analyse le directeur général.

En assurance de personnes, l’activité de Groupama est également dynamique : + 6,8 % (5,9 Md€ de CA), portée par la croissance exceptionnelle de la branche retraite collective (+ 64,3 %) et la santé collective (+ 13,5 %). « Groupama a retrouvé sa notation investment grade. Nous avons remporté de nombreux appels d’offres auprès des institutionnels », précise Fabrice Heyriès. En assurance vie, la croissance est due principalement à la hausse de l’épargne retraite individuelle en UC (+ 11,3 %).

Gan « en avance » sur son plan de redressement

Alors que Groupama misait seulement sur un retour à l’équilibre de Gan en 2018, sa contribution au résultat du groupe « est positive ». « Nous avons instauré une nouvelle manière de travailler avec les agents généraux et avons repris le contrôle sur l’assurance construction, un marché qui s’est retourné alors que Gan avait réalisé beaucoup de souscriptions », se félicite Thierry Martel. « Gan est toujours dans un processus de réajustement de son mix de portefeuille vis-à-vis des professionnels et réalise d’importants travaux de migration informatique », ajoute-t-il.

Des rapprochements

Quant à la consolidation, Groupama réitère sa « main tendue » à ses « confrères mutualistes » en vue d’un rapprochement souple. « Nous pouvons mettre en commun nos systèmes informatiques, nos bases de données et joindre nos forces pour gravir la marche de la transformation digitale. Nous pouvons aussi leur apporter notre savoir-faire en réassurance : sur le climatique et l’auto, nous avons construit des protections innovantes », précise Thierry Martel. Mais, pour l’heure, ces appels du pied restent infructueux. Des discussions avec Smacl ont échoué en raison du rapprochement engagé par la mutuelle avec Vyv. Les discussions avec CCMO se sont, elles, heurtées aux « soubresauts de la gouvernance » de la mutuelle. « Groupama discute avec d’autres mutuelles 45 », affirme le directeur général. « Dans un contexte où Solvabilité 2 favorise les bénéfices de diversification, cela peut être intéressant pour nous de nous rapprocher, et éventuellement de nous marier. Nous regardons des acteurs des trois codes : assurance, mutualité et Sécurité sociale, ces distinctions entre codes touchent aujourd’hui leurs limites », ajoute-t-il.

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