Sylvain Rivet (CGPA) : « Nous faisions déjà de la DDA avant l'heure, dans l'intérêt de nos clients »

Sylvain Rivet (CGPA) : « Nous faisions déjà de la DDA avant l'heure, dans l'intérêt de nos clients »
© Thomas Raffoux

À l'occasion de sa nomination, en janvier 2019, au poste de directeur général de CGPA, la mutuelle d'assurance en responsabilité civile professionnelle des intermédiaires,sylvain rivet s'exprime sur le bilan et les ambitions stratégiques. Propos recueillis par Sébastien Acedo et Benjamin Chabrier.

L'Argus de l'assurance : Comment expliquer le positionnement monoproduit de CGPA sur la rC pro des intermédiaires ?

Sylvain Rivet : CGPA est, à l'origine, une émanation de l'ancêtre d'Agéa créée en 1930. À l'époque, il n'existait pas de RC pro et ils'agissait de gérer au mieux les fins de carrières des agents généraux et leurs indemnités compensatrices. Les réseaux d'agents ont trouvé utile de créer une partie tierce qui prendrait en charge la résolution des conflits entre les compagnies et les agents et, quelques années plus tard, l'activités'est élargie à la RC pro. CGPA est une mutuelle d'assurance avec un conseil d'administration dans lequel siègent des agents et des courtiers.

Quel est le bilan de votre activité en 2018 ?

S. R. Après une activité commerciale timide, nous avons au mieux stabilisé notre chiffre d'aff aires en 2018.Par ailleurs, nous avons enregistré de bons résultats techniques, obtenus en partie par des dégagements positifs sur les exercices antérieurs. Nos produits financier sont été majorés parla réalisation de plus-values de cessions obligataires, qui résultent d'un ajustement de notre politique de gestion d'actifs (moins d'obligations et plus d'immobiliers et d'actions). La sinistralité de l'exercice en cours s'est située plutôt dans le bas de la fourchette.

Quels sont aujourd'hui vos axes de développement ?

S. R. Les deux-tiers du chiffre d'affaires reposent sur les agents généraux. Ces derniers sont, pour la quasi-totalité d'entre eux, des adhérents de CGPA. Parmi les courtiers, qui représentent 30 % de notre chiffre d'affaires, notre taux de pénétration atteint 50 %. Nous allons nous focaliser sur eux, car nous estimons avoir l'analyse la plus étayée de leurs besoins. S'agissant des autres intermédiaires, nous pouvons encore améliorer l'approche de leurs risques et de leurs besoins spécifiques. Pour le reste, ils'agit de segments de clientèle qui devraient croître dans les années futures. Ce sont les intermédiaires en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP), les conseillers en investissements financiers (CIF), les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) et autres intermédiaires financiers.

Au regard de votre partenariat avec la CSCA, quelle est votre analyse du rapprochement encours avec Planète Courtier ?

S. R. Nous avons une relation forte avec la CSCA. C'est un partenariat auquel nous attachons une grande importance. Pour partie, nous avons des missions convergentes.Certes, nous vendons un produit d’assurance, mais ce que nous vendons surtout, c’est un accompagnement avec de la formation et de l’information. Plus les adhérents sont formés et informés,plus les réseaux se professionnalisent, moins la RC de leurs membres pourra être mise en cause. C’est avec intérêt que nous observons le rapprochement de la CSCA avec Planète Courtier. Il n’y a pas de partenariat d’exclusivité au sens juridique du terme. Mais si ça se passe bien, il n’y a aucune raison que notre collaboration ne prospère pas.

Les faillites observées dans l'assurance construction et les pratiques de certains courtiers ont-elles entraîné davantage de sinistralité en RC pro ?

S. R. En 2018, la moitié des demandes de renseignements de nos adhérents a porté sur des sujets relatifs à l'assurance construction en libre prestation de services. Pour l'heure, nous n'avons pas constaté d'augmentation de la sinistralité ou des réclamations. Mais il est probable que nous en recevions dans les semaines à venir. À ce stade, nous n'avons pas réalisé de provisions pour sinistres inconnus (ou IBNR, Incurred but not reported) pour ces risques. Quoi qu'il arrive, nous défendrons nos adhérents coûte que coûte. C'est notre raison d'être. Nos équipes d'avocats se tiennent à leur disposition.

Selon votre rapport annuel, plus de la moitié des sinistres déclarés en 2017 seraient liés à l'obligation de conseil…

S. R. Il s'agit pour la plupart du temps d'un défaut d'obligation de conseil lors de dommages aux biens. C'est l'exemple de celui qui assure un bâtiment avec deux occupants, et ces derniers décident d'échanger leurs locaux, l'intermédiaire oublie de prévenir l'assureur. Un incendie se déclare. Mais comme il a omis de déclarer le changement, il engage ainsi sa responsabilité au titre de l'obligation de conseil.

Dans ce cas, la DDA, qui vient renforcer le devoir de conseil, n'est-elle pas une opportunité pour réduire la charge sinistres des intermédiaires en RC pro ?

S. R. Nous faisions déjà de la DDA avant l'heure, dans l'intérêt de nos clients.C'est notre raison sociale ! Notre vocation est de chercher à sécuriser le bon conseil. Le premier bénéfice de DDA pour l'assureur de RC pro, c'est d'avoir défini clairement ce que l'on entend par «intermédiation d'assurance». Dans ce contexte, nous allons lancer, pour le deuxième semestre 2019, un nouveau contrat DDA-compatible.

Concrètement, aujourd'hui, notre RC pro offre une portée de 5 M€ de garanties en cas de sinistre, sans distinguer si le sinistre relève ou non d'un défaut dans le respect de la DDA. La nouvelle police contiendra donc une partie RC pro DDA, et RC pro hors DDA. En séparant ainsi les deux, nous sanctuarisons une portée de 5 M€ de garanties qui seront réservées à l'indemnisation classique du client final dans le contexte DDA, tandis qu'une autre portée de 5 M€ sera réservée aux autres types de mise en cause. Ce nouveau contrat remplacera les précédents.

Quel est le niveau de préparation des intermédiaires à la ddA ?

S. R. La grande majorité des intermédiaires est consciente de l'importance de la DDA et est a idée par leur syndicat. C'est surtout lourd en logistique et en tâches administratives, mais il faut reconnaître que cette réglementation concourt à leur professionnalisation.

Vous avez aussi inclus une garantie cyber à vos contrats. en quoi consiste-t-elle ?

S. R. Grâce à notre partenariat avec l'assureur et réassureur Beazley, nous avons inclus la garantie cyber pour l'ensemble de notre portefeuille dès le 1er janvier 2019, sans questionnaire à remplir par l'adhérent. Nous travaillons maintenant sur la possibilité d'inclure des garanties supplémentaires. Nous proposons un socle de 350000 € en RC, avec 150000 € en assistance et dommages.

Pourquoi vous être doté d'une structure de courtage ?

S. R. Nous possédons une structure de courtage nommée Sapa (NDLR: 599215 € de chiffre d'affaires en 2017). Il s'agit de notre filiale qui a pour vocation, premièrement de gérer nos nombreuses actions de formation à destination des intermédiaires et, ensuite, d'intermédier le contrat de 2e ligne, souscrit auprès d'Axa France. Ce contrat permet de doubler la portée en montant (10 ou 20 M€ au lieu de 5 M€) des garanties du contrat RC pro. Sapa est également active dans l'élaboration et le placement du programme de réassurance de CGPA.

La CGPA, une mutuelle d'assurance nonagénaire

La Caisse de garantie des professionnels de l'assurance (depuis 12 ans, seule l'acronyme CGPA est utilisé)

  • - Date de création 1930
  • - Statut Société d'assurance mutuelle (émanation de l'ancêtre d'A géa)
  • - Produit RC professionnelle des intermédiaires
  • - Portefeuille à f in 201713 282 contrats, dont 9 709 pour les agents généraux, 2 775 pour les courtiers, et 798 pour les intermédiaires en finance
  • - CA 201734, 93 M€
  • - Résultat net 2017 7, 2 M€
  • - Sinistralité 2017 dommages aux biens (25,6 %), assurances de personnes (16,9%), auto (16,2%), rC (11,3 %), construction (7,3%)

 

Testez L'Argus de l'assurance en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Le Magazine

ÉDITION DU 27 novembre 2020

ÉDITION DU 27 novembre 2020 Je consulte

Emploi

Aubéane Mutuelle de France

Responsable Contrôle Interne, Gestion des Risques et Conformité (H/F)

Postuler

ASSURANCES TOUSSAINT-PAJOT-SEVIN

AGENT GÉNÉRAL ASSOCIÉ H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

Commentaires

Sylvain Rivet (CGPA) : « Nous faisions déjà de la DDA avant l'heure, dans l'intérêt de nos clients »

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié