Négociations annuelles : des augmentations en plus de la prime Macron

Négociations annuelles : des augmentations en plus de la prime Macron
photo : Garo / Phanie ; Source : L’Argus de l’assurance ET entreprises citées Dans la majorité des entreprises, les enveloppes globales consacrées aux salaires sont en hausse par rapport aux années précédentes.

Loin de se contenter de soutenir le pouvoir d’achat de leurs salariés à travers le versement d’une « prime Macron », une majorité d’entreprises du secteur ont revu leurs budgets d’augmentations salariales à la hausse.

Chaque année, c’est le rendez-vous incontournable du premier trimestre entre les employeurs et les organisations syndicales. Il s’agit même d’un indicateur du dynamisme du dialogue social dans les entreprises. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) viennent de s’achever dans une majeure partie des sociétés du monde de l’assurance. C’est l’occasion de tirer un premier bilan, non exhaustif, des accords conclus dans le secteur.

Déjà, le contexte était différent cette année, marquée par l’irruption de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, dite « prime Macron », dans le débat salarial entre les organisations syndicales (OS) et leur direction. En effet, en réponse aux mouvements sociaux émaillant la France, le chef de l’État a annoncé le 10 décembre dernier une série de mesures « d’urgence économiques et sociales ». Parmi elles, il invitait les entreprises qui le peuvent à verser une prime défiscalisée – mise en place soit par décision unilatérale de l’employeur, soit par accord d’entreprise – pouvant atteindre 1 000 €. Seulement, la loi portant les « mesures d’urgence économiques et sociales » publiée au Journal officiel du 26 décembre indiquait que le versement de cette prime – et donc les négociations éventuelles à mener autour de ce dispositif – ne pouvaient intervenir qu’entre le 11 décembre dernier et le 31 mars prochain. Autant dire en pleine période des négociations salariales.

  • Une prime plébiscitée : 94 % Le pourcentage des entreprises de notre enquête qui ont décidé de verser la prime Macron et qui, dans le même temps, ont accordé une augmentation générale et / ou individuelle à leurs salariés.
  • Des augmentations répandues : 66 % le taux d’entreprises citées qui vont verser des augmentations collectives – c’est à dire à l’ensemble de leurs salariés – en 2019.

 

Légers retards

À l’heure où nous rédigions ces lignes, plus d’une cinquantaine d’entreprises du monde de l’assurance avaient décidé de verser cette fameuse prime Macron à tout ou partie de leurs salariés. Quelles en furent les conséquences sur les négociations salariales ? « Cette prime a eu pour effet de retarder certaines NAO par rapport au calendrier habituel des entreprises », constate Régis Versavaud, de la fédération CFDT Banques et Assurances. Toutefois, contrairement aux craintes exprimées par les syndicats en début d’année, il semble que dans la majeure partie des cas, ce dispositif n’a pas empiété sur les enveloppes dédiées aux augmentations salariales prévues en 2019.

De fait, pour ce premier bilan, nous avons compilé les NAO de 21 entreprises du monde de l’assurance. Résultat : 17 d’entre elles ont répondu à l’appel du président de la République en soutenant le pouvoir d’achat de leurs salariés avec une prime dont le montant est le plus souvent modulé en fonction du niveau de salaire. Et, à l’exception de Groupama, toutes ont décidé de continuer à procéder, en outre, à des augmentations collectives et / ou individuelles.

Dans la majorité des entreprises étudiées, les enveloppes globales consacrées aux salaires sont mêmes en hausse par rapport aux exercices précédents. C’est le cas notamment chez Generali qui, après avoir arrêté les mesures d’augmentations générales depuis 2015, a changé cette année son fusil d’épaule. « Nous avons voulu redynamiser le dialogue social, mais aussi revenir à un dispositif qui permette à la fois de valoriser la contribution de l’ensemble des collaborateurs au projet d’entreprise et de récompenser les performances individuelles », explique Catherine Rogard, directrice des relations sociales de la filiale française du groupe italien. Et d’ajouter : « Il était important de mettre en place des mesures salariales pérennes qui accompagnent nos collaborateurs dans la durée. »

  • De très nombreux accords : 71 % La part des entreprises de notre tableau où les NAO se sont conclues cette année par un accord signé par l’employeur et par une majorité des organisations syndicales représentatives.
  • Des progrès sur la parité : 1 sur 3 la part des acteurs cités (voir tableau p. 17) qui, à l’occasion des négociations sur les salaires, ont également adopté des mesures spécifiques portant sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes afin de réduire, voire de supprimer, les écarts de rémunération.

Compenser l’inflation

En se montrant plus généreuses que les années précédentes, beaucoup d’entreprises – dont les résultats 2018 sont en croissance – ont, en outre, voulu compenser la hausse des prix en France. Selon les données publiées le 15 janvier dernier par l’Insee, l’inflation moyenne annuelle en France s’est établie à 1,8 % en 2018. Soit le plus haut niveau jamais atteint depuis 2012. En l’occurrence, de nombreux acteurs de notre tableau affichent des budgets médians d’augmentation supérieurs à ce chiffre.

Un constat observé même dans des sociétés où aucun accord n’a pourtant été signé. « Malgré des décisions unilatérales prises par les employeurs, comme chez Covéa ou Macif, les augmentations individuelles et collectives [proches des 2 %, NDLR] obtenues dans ces entreprises sont satisfaisantes », remarque Régis Versavaud. Pour le syndicaliste, les motifs de satisfaction ne manquent donc pas. D’autant que, dans plus de neuf entreprises sur dix, d’autres leviers que les salaires ont été actionnés à l’occasion des NAO. Depuis des budgets spécifiques débloqués pour l’égalité professionnelle jusqu’au renforcement du télétravail, les entreprises ont rivalisé d’ingéniosité pour récompenser leurs salariés, mais aussi pour attirer et fidéliser les talents. Une mesure complémentaire de salaire indirect a d’ailleurs particulièrement eu la cote dans l’assurance cette année : le sur-intéressement. À la Maif, les salariés de la mutuelle percevront ainsi un intéressement en avril… augmenté d’un bonus de 300 € net.

Méthodologie

Comme chaque année, au cours du premier semestre, la CFDT – première organisation syndicale de la branche – recueille les résultats des négociations annuelles obligatoires (NAO) dans le secteur. Au 27 février, 21 entreprises ont déjà achevé leurs NAO. Des entreprises où des mesures d’augmentations collectives et / ou individuelles ont été décidées, mais aussi des mesures spécifiques périphériques au salaire. Retrouver l’intégralité de ces données sur le site de L’Argus de l’assurance, ainsi que la liste des signataires des accords dans chaque entreprise.

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