Salaires dans l'assurance : des rémunérations sous pression

Salaires dans l'assurance : des rémunérations sous pression
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Bien que les budgets d’augmentation soient en légère progression en 2018, les salaires totaux stagnent, voire sont en recul, dans l’assurance. En cause : des politiques de rémunération variable individuelle plus drastiques dans les entreprises.

Commençons par une bonne nouvelle : en recevant leur feuille de paie il y a quelques jours, les salariés du privé ont pu constater une légère hausse de leur revenu net. Ce coup de pouce est la conséquence directe de la réforme mise en place par le gouvernement dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2018, qui visait à supprimer certaines cotisations salariales en contrepartie de la hausse de la CSG. Le 1er octobre dernier, la cotisation d’assurance chômage a ainsi été totalement supprimée pour les actifs, ce qui a augmenté, de fait, leur pouvoir d’achat.

>> Retrouvez les évolutions salariales par métier sur ce lien.

Pas sûr, toutefois, que ce cadeau de Noël avant l’heure ait redonné le sourire aux salariés de l’assurance. Car, de manière générale, ces derniers n’ont pas vu leur rémunération augmenter, ou très peu, en 2018. Le cabinet LHH Altedia a analysé plus de 125 000 bulletins de paie issus de l’assurance et de la mutualité. Ses conclusions sont claires : si les budgets d’augmentation des salaires dans l’assurance sont cette année de 1,8 % pour les cadres, et de 2,1 % pour les non-cadres, la rémunération variable individuelle – très pratiquée jusqu’alors dans le secteur – a désormais moins la cote. Pour mettre cette augmentation en perspective, après 1 % l’an dernier, l’inflation devrait être de 1,8 % cette année, selon l’Insee.

Alors qu’en 2017, 74 % des cadres du secteur bénéficiaient d’un variable récompensant la performance et l’atteinte d’objectifs, ils ne seraient plus désormais que 66 % à y être éligibles. Autre constat frappant : les montants de rémunération variable individuelle versés sont en net recul. À ce titre, les cadres de l’assurance auraient perdu environ 1 200?€ sur un an, selon LHH Altedia.

« S’appuyant entre autres sur une directive européenne, les entreprises ont revu leur politique de rémunération variable individuelle en se basant sur des indicateurs en lien avec leur stratégie », indique Delphine Trillot, directeur de projet chez LHH Altedia. Alors que beaucoup de salariés touchaient systématiquement 100 % de leur bonus d’une année sur l’autre, les entreprises sont dorénavant plus regardantes sur ces primes. Résultat, le pay-out (rapport entre le bonus versé et le bonus cible) est inférieur aux exercices précédents.

  • + 1,8 % L’augmentation globale (générale et individuelle) des salaires des cadres dans l’assurance en 2018.
  • + 2 % La prévision de hausse des budgets d’augmentation dans l’assurance pour 2019.
  • 3 930 € Le montant médian versé, au titre de la rémunération variable individuelle, pour les cadres du secteur en 2018. Soit environ 1 200 € de moins que l’an dernier.
  • 11 jours Le nombre de jours de RTT dont bénéficient les cadres et les non-cadres de l’assurance (médiane)
  • 1 850 € Le montant de l’abondement médian versé par les entreprises au titre d’un plan d’épargne entreprise (PEE ) ou d’un plan épargne groupe (PE G) en 2018. C’est 250 € de plus que l’an dernier.
  • 2 400 € Le montant médian versé, au titre de l’intéressement, aux cadres de l’assurance. 91 % des entreprises ayant un accord ont versé de l’intéressement en 2018.

Nouvelle génération

Un changement de cap qui n’est pas sans conséquence sur le salaire total médian versé dans l’assurance. Celui-ci comprend le salaire de base, ainsi que tous les éléments de rémunération variable tels que le bonus, l’intéressement et la participation. Or les montants distribués au titre de la prime d’intéressement ont, eux aussi, baissé dans le secteur. En conséquence, pour près de deux-tiers des métiers observés par l’enquête LHH Altedia, le salaire total médian apparaît en baisse par rapport à l’an dernier. « Il y a une autre explication à ce recul des rémunérations : les séniors qui partent à la retraite sont majoritairement remplacés par des jeunes diplômés bien moins payés, faisant ainsi baisser la moyenne des salaires pratiqués dans le secteur », précise Olivier Arroua, cofondateur de Selenis, cabinet de conseil spécialisé dans les secteurs de la banque, de l’assurance et de la protection sociale.

Jeunes diplômés : Des hausses, surtout en relation client

Trouver un poste lorsque l’on a moins de 30 ans et que l’on est issu d’une formation en assurance n’a rien du parcours du combattant. C’est ce que révèle l’enquête de rémunération 2018/2019 sur les jeunes diplômés réalisée par Walters People, publiée fin septembre. Selon le cabinet de recrutement, ces juniors profitent en effet « de nombreux postes ouverts par les entreprises du secteur, sur le métier de conseiller client accessible avec un Bac +2/3, sur la fonction de juriste en protection juridique mais aussi sur les activités de gestion de sinistres et de souscription pour les détenteurs d’un Bac +5 ». Selon LHH Altedia, sur l’ensemble des jeunes diplômés recrutés (cadres et non-cadres confondus), 60 % occupent un poste dans le domaine de la relation client. « Ce sont ceux qui sont le plus recherchés et pour lesquels les entreprises n’hésitent pas à proposer des packages attractifs avec des rémunérations en hausse », explique Hélène Frasca, senior manager au sein du cabinet Walters People. De fait, le salaire d’entrée médian d’un cadre junior en relation client s’élève aujourd’hui à 36,1 K€ annuels. Soit près de 5 % de plus qu’il y a deux ans.

Prévisions d’embauche

Le tableau n’est toutefois pas si noir. Déjà parce que l’assurance propose toujours des packages globaux (comprenant la rémunération variable collective, mais aussi des dispositifs d’épargne salariale, d’épargne retraite et des avantages sociaux tels que les RTT ou le télétravail) supérieurs à ce que l’on observe ailleurs. « L’assurance reste encore aujourd’hui l’un des secteurs les plus attractifs en termes de rémunération, et la convention collective est très favorable aux salariés », précise Hélène Frasca, senior manager au sein du cabinet Walters People.

Autre raison de garder le sourire : l’avenir pourrait se révéler plus radieux. Pour 2019, Altedia prévoit, en effet, un budget d’augmentations – cadres et non-cadres confondus – de 2 %. Soit un niveau jamais atteint depuis 2013. « Les prévisions d’embauche sont encourageantes dans le secteur, tant et si bien que les entreprises sont à nouveau prêtes à faire des efforts salariaux pour attirer ou retenir les talents, explique Olivier Arroua, notamment dans les nouveaux métiers liés à la data science et à l’intelligence artificielle. »

De quoi attendre avec un peu plus de sérénité l’année à venir, qui sera marquée par l’entrée en vigueur d’une autre réforme de taille : celle du prélèvement à la source. À compter du 1er janvier 2019, l’impôt sur le revenu sera en effet prélevé par l’employeur. Une réforme qui devrait donner des maux de têtes à nombre de salariés. Car, lorsqu’ils toucheront leur premier salaire net d’impôts fin janvier, ces derniers auront alors l’impression, en regardant leur fiche de paie, de gagner moins que l’année précédente.

Les gestionnaires santé ne connaissent pas la crise

Au regard des augmentations pratiquées dans les différents métiers de l’assurance (voir pp. 40 à 44), rares sont ceux à tirer cette année leur épingle du jeu. Les gestionnaires de contrats santé – dont le salaire total médian a augmenté de 5,2 % pour les classes 3 et de 5,8 % pour les classes 5 – sont à ranger dans cette catégorie. Une tendance confirmée par le cabinet PageGroup qui a publié, en septembre dernier, l’édition 2019 de son étude de rémunération. À en croire celle-ci, le poste de gestionnaire santé-prévoyance est l’un des trois métiers (avec celui de gestionnaire sinistres IARD et de commercial en assurance collective) qui seront les plus recherchés l’an prochain. « C’est un acteur clé de la fidélisation des clients et de la transition digitale. Parmi ses missions, il devra répondre aux demandes des adhérents, les conseiller, les informer mais également assurer tous les actes de gestion liés aux contrats tout en assurant la complétude des dossiers qui leur sont liés », indique le cabinet de recrutement, qui précise qu’avec moins de deux ans d’expérience, le gestionnaire santé serait rémunéré entre 22 et 24 K€/ an, la fourchette salariale s’élevant ensuite entre 30 et 45 K€/ an après cinq ans d’ancienneté.

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