[DOSSIER] Spécial Comptes 2018 1/4

Spécial comptes 2018 : un marché marqué par un regain de l'activité non-vie

Spécial comptes 2018 : un marché marqué par un regain de l'activité non-vie

Le chiffre d’affaires du marché de l’assurance en France (affaires directes) affiche en 2017 une légère progression par rapport à 2016 (+ 1,50 %). Cette croissance générale résulte d’évolutions contrastées selon les marchés : l’assurance de biens et de responsabilité affiche un taux de croissance de 3 % alors que l’assurance de personnes progresse de 1,1  %.

Preuve que le marché de l’assurance français est toujours aussi concentré, les 10 premiers groupes représentent les deux tiers du marché de l’assurance directe en France. Il faut dire, aussi, que le nombre d’acteurs est passé l’an dernier de 774 à 741, notamment en raison de rapprochements intervenus dans le secteur mutualiste.

Avec 58 % des primes, c’est le marché de l’assurance vie qui reste le principal apporteur d’acti­vité, même si le niveau très bas des taux d’intérêts à long terme continue à peser sur le taux de rendement des supports en euros qui était, en moyenne, de 1,8 % sur l’année 2017. Dans ce contexte, les produits en unités de compte (UC) poursuivent d’ailleurs leur croissance pour représenter près de 30 % des primes collectées en 2017. Dans le même temps, les primes des contrats euros ont, elles, reculé. Cette décollecte des contrats en euros (montant des rachats supérieur à celui des primes) est cependant largement compensée par la collecte nette des contrats UC.

Si l’assurance vie concentre plus de la moitié des primes, la croissance du marché des assurances a été, en 2017, principalement portée par… l’assurance non-vie. Le marché de l’assurance de biens et responsabilité a en effet progressé de 3 % pour atteindre 51,1 Md€ de primes, soit 21 % du marché de l’assurance en France. Dans le détail, les primes en assurance automobile ont atteint 21,2 Md€ (contre 20,6 Md€ en 2016) et représenté environ 41 % de l’assurance de biens et responsabilités. La hausse de l’immatriculation des véhicules neufs (+ 5,2 %) est le principal élément expliquant cette croissance. C’est égale­ment sur ces produits que se développent les offres d’assurances connectées, les acteurs du marché y voyant un moyen de diminuer la sinistralité, ces derniers étant en mesure de proposer des tarifs adaptés aux habitudes de conduite grâce aux appareils permettant de collecter des données sur le comportement du conducteur.

Une méthodologie reconduite

Réalisée en collaboration avec KPMG, acteur majeur de l’audit et du conseil, l’édition 2018 du classement établie sur la base du chiffre d’affaires 2017, est fondée sur une méthodologie cohérente avec celle retenue lors la précédente édition.

Les principales hypothèses ainsi que les sources des données utilisées sont présentées ci-après.

Par souci de cohérence, nous avons retenu la même notion de chiffre d’affaires que celle utilisée l’an dernier : il correspond aux primes émises, y compris acceptations de réassurance, mais brutes de cessions en réassurance.

Périmètre et mode de calcul

Les chiffres présentés intègrent les seules activités d’assurance exercées en France, quelle que soit la forme juridique du groupe et des filiales (sociétés relevant du code des assurances, mutuelles ou unions relevant du code de la mutualité, institutions de prévoyance relevant du code de la Sécurité sociale). Les réassureurs ne sont pas intégrés au classement.

Les données chiffrées sont issues de documents publics (documents de référence, rapports financiers, comptes annuels) ou, lorsqu’elles ne faisaient pas l’objet de publication, ont été obtenues auprès des groupes d’assurance concernés.

Les chiffres d’affaires utilisés pour l’établissement de ce classement ont fait l’objet d’une confirmation de la part des groupes.

Les chiffres d’affaires sont issus des comptes consolidés lorsqu’ils sont disponibles ou, lorsqu’ils ne le sont pas (par exemple dans le cas de filiales françaises de groupes européens ne produisant pas de comptes consolidés pour la France), à l’addition des comptes individuels des filiales exerçant une activité assurance en France.

Les chiffres d’affaires retenus sont évalués selon les normes françaises ou selon les normes IFRS, la différence entre les deux référentiels n’étant pas suffisamment significative pour fausser le classement. La principale source d’écart peut provenir des contrats d’assurance classés selon les normes IFRS en contrats d’investissement (essentiellement des contrats en unités de compte sans participation aux bénéfices discrétionnaire ni garantie plancher) pour lesquels la prime n’est pas reconnue en chiffre d’affaires. Ce type de contrat représente sur le marché français un volume de l’activité d’épargne a priori faible.

Classement par types de garanties

Comme l’an passé, le classement général est complété par deux classements établis en distinguant les assurances de personnes et les assurances de biens et de responsabilité. Les premières regroupent l’épargne, la garantie décès, l’incapacité, l’invalidité, la retraite, la dépendance et la santé. Les secondes correspondent aux garanties auto, responsabilité civile, dommages aux biens, transport, construction, catastrophes naturelles, protection juridique, pertes pécuniaires et caution.

Part de marché de l’assurance française

Les chiffres d’affaires totaux du marché de l’assurance en France sont issus de l’étude Les chiffres du marché français de la banque et de l’assurance 2017 publiée par l’ACPR en octobre 2018. Cette étude repose sur la collecte des données (« états nationaux spécifiques ») des entreprises et organismes d’assurance en France, quelle que soit leur forme juridique (relevant du code des assurances, du code de la mutualité ou du code de la Sécurité sociale). Ces données présententune vision complète du marché, les données collectées par l’ACPR concernant l’ensemble des acteurs du marché.

Comme les années précédentes, les chiffres d’affaires retenus pour le total du marché (assurances de personnes et assurances de biens et responsabilité) correspondent aux affaires directes.

Les données utilisées pour effectuer les analyses par catégories d’activité sont également issues de l’étude de l’ACPR.

Typologie des acteurs

La typologie retenue pour les différents acteurs du marché :

– Les assureurs traditionnels sont les sociétés d’assurance (sociétés anonymes ou sociétés d’assurance mutuelles) relevant du code des assurances et qui ne sont pas issues de groupes bancaires.

– Les bancassureurs sont les sociétés filiales assurance de groupes bancaires.

– Les assureurs mutualistes sont des groupes principalement constitués de mutuelles ou d’unions de mutuelles relevant du code de la mutualité.

– Les groupes paritaires sont essentiellement constitués d’institutions de prévoyance relevant du code de la Sécurité sociale.

Précisions

Les données 2016 sont celles du classement de l’an passé, sans retraitement ni modification. Lorsque des modifications de périmètre sont intervenues entre 2016 et 2017, les explications correspondantes et l’impact sur les données 2016 sont repris dans les explications des variations figurant dans le corps des articles.

Groupe Vyv : né du rapprochement en septembre 2017 d’Harmonie Mutuelle et Istya, il fait son entrée dans le Top 20 (deux des groupes le constituant étaient néanmoins déjà présents dans le classement 2016). Son chiffre d’affaires total pour 2017 est de 6,7 Md€ (comptes consolidés). Le chiffre d’affaires 2016 correspond au pro forma produit par le groupe et issu de son rapport financier 2017.

La poursuite des rapprochements

Cette année a aussi été marquée par l’apparition dans le Top 20 d’un nouvel acteur : le groupe Vyv, né du rapprochement en septembre 2017 d’Harmonie Mutuelle et Istya. Avec près de 10?millions de contrats, le groupe fait son entrée dans le Top 20 à la 13e place avec un chiffre d’affaires de 6,7 Md€. Il affiche la volonté de se développer en assurance de biens et responsabilités via une stratégie partenariale avec la Smacl et la Maif. De plus, avec l’intégration de la mutuelle Chorum prévue pour 2019 – sous réserve de l’accord des autorités de tutelle – le groupe va augmenter sa part sur le marché des assurances en France.

D’autres gros rapprochements vont intervenir dans un avenir proche. Celui de Malakoff Médéric et Humanis, dont l’union, lancée début 2018, se traduira par la constitution au 1er janvier 2019 d’un groupe majeur dans le domaine de la protection sociale (mais comme celle-ci ne sera effective que l’an prochain, les chiffres retenus pour le classement 2017 sont donc ceux de Malakoff Médéric seul). Le mariage annoncé entre les groupes AG2R La Mondiale et Matmut permettra quant à lui la constitution d’un groupe qui se placerait dans les cinq premiers acteurs de l’assurance de personnes en France. Enfin, née en 2016 de l’association des mutuelles Eovi Mcd, Adréa Mutuelle et Apréva Mutuelle, l’Union mutualiste de groupe Aésio, qui affiche 1,8 Md€ de cotisations sur l’année 2017, a annoncé son intention de fusionner avec Macif à horizon 2020. Cette fusion donnerait naissance à un autre acteur majeur qui pèserait environ 8 Md€.

Le Top 20 : peu de changements

Si les vingt premiers groupes d’assurance français représentent, au total, 90 % du marché, l’hétérogénéité de ce Top 20 reste toutefois très importante. L’écart entre le premier et le dernier est ainsi de 23 Md€ et les sept premiers totalisent à eux seuls plus de 52 % des primes.

On retrouve en première place Crédit agricole Assurances, avec 26 Md€ de chiffre d’affaires, qui conserve la tête malgré une légère baisse de son chiffre d’affaires (- 64 M€). Axa reste deuxième avec 25,9 Md€ de chiffre d’affaires, CNP Assurances complétant le podium et conservant sa 3e place malgré la baisse de 1,4 Md€ de son chiffre d’affaires. Un recul qui s’explique par l’arrêt des nouvelles souscriptions des contrats épargne / retraite des Caisses d’épargne, désormais gérées par Natixis Assurances. Ce trio conserve une solide avance sur les suivants. En effet, Covéa (4e) totalise 14,7 Md€ de chiffre d’affaires, soit 8,2 Md€ de moins que CNP Assurances.

Au sein du Top 20, ce sont donc les bancassureurs qui se taillent la part du lion puisqu’ils poursuivent leur progression et représentent 45 % des primes du Top 20, contre 39 % en 2016. Leur chiffre d’affaires a augmenté de 3,9 Md€. Cette hausse masque cependant des évolutions significativement différentes selon les acteurs. Ainsi, si le chiffre d’affaires de Natixis Assurances, de BNP Paribas Cardif et de Société générale Insurance (qui gagne une place en devenant 10e) augmentent respectivement de 3,4 Md€, de 1,3 Md€ et de 1 Md€, à l’inverse, tout comme CNP Assurances, le groupe des Assurances du Crédit mutuel (ACM) voit son chiffre d’affaires diminuer. Celui du Crédit agricole reste, lui, stable. Si l’on regarde le classement, BNP Paribas Cardif gagne une place et voit son chiffre d’affaires augmenter de près de 1,3 Md€ pour se porter 12,6 Md€. Les primes en épargne en France s’élèvent à 11,3 Md€, en croissance de 13 % par rapport à 2016, soutenue notamment par la croissance de la collecte en UC (30 % de la collecte globale). Le chiffre d’affaires de l’activité protection en France s’élève à 1,3 Md€, en hausse de 4 % par rapport à 2016, principalement sur l’activité assurance des emprunteurs, qui représente 60 % de l’activité protection en France.

Chez les bancassureurs, ce Top 20 est marqué par le recul de quatre places de Natixis, désormais 8e. Cette évolution s’explique principalement par le caractère exceptionnel de l’année 2016 en raison de la souscription d’un traité de réassurance de contrats d’assurance vie représentant un montant de primes acceptées de 11,7 Md€.

Derrière celle des bancassureurs, l’autre grande famille de ce Top 20 est évidemment celle des assureurs traditionnels, dont le chiffre d’affaires reste stable, à 62 Md€, soit 29 % du Top 20. Mais au sein de cette famille, les disparités sont également fortes. Ainsi, le chiffre d’affaires de Swiss Life progresse de 15 % et atteint 4,6 Md€ grâce à la hausse de la collecte brute des supports UC (+ 54 %) alors que celui d’Aviva recule, lui, de 20 % (- 1,6 Md€). Cette chute s’explique à la fois par la cession à Sogecap, en avril?2017, de la participation de 50 % détenue dans Antarius et par la vente d’un portefeuille de contrats de santé individuels en novembre 2017. Résultat, Aviva, 14e, perd deux places. Autres mouvements à noter : Allianz France, qui progresse d’une place, passant de la 6e à la 5e place, tout comme Generali France qui, lui, passe du 8e au 7e rang de notre Top 20.

Antoine Esquieu, associé chez KPMG France, et Stéphane Manfrin, senior manager (avec Juliette Maillard et Colin Mandier)

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