Bernard Jeannot, ex-président de Triangl' : « La compagnie doit nous donner davantage »

Bernard Jeannot, ex-président de Triangl' : « La compagnie doit nous donner davantage »
DR Bernard Jeannot, ex-président de Triangl’

Alors que son mandat à la présidence de Triangl’, syndicat des agents généraux de Generali, touche à sa fin, Bernard Jeannot dresse un bilan de ses années passées à la tête de l’organisation.

Argus de l'Assurance : Quel bilan faites-vous de vos années écoulées au sein de Triangl’ ?

Bernard Jeannot (ex-président de Triangl') : Nous n’avons pas traversé la période la plus facile. C’était très compliqué, mais je pense que le syndicat a eu un rôle majeur pendant ces années. Si nous n’avons pas remporté de grandes victoires, nous avons été confrontés à une résistance assez farouche, et la politique de négociation par petits pas a permis de maintenir un certain niveau d’exigence, même s’il reste dommageable que nous n’ayons que 700 agents généraux adhérents à ce jour.

En quoi cette période a-t-elle été compliquée pour la vie du syndicat ?

Nous avons perdu énormément de chiffre d’affaires, avec, en moyenne, une chute de 20 % dans chaque agence. Cela nous a contraints, pour des questions financières, à nous séparer de près de 400 collaborateurs. Pendant cette période, nous avons également subi une politique de redressement et, malheureusement, nous n’avons pas bénéficié en parallèle d’une politi­que de développement. Aujourd’hui, nous ne sommes pas encore revenus à l’équilibre que l’on souhaitait, même si le chiffre d’affai­res s’est consolidé.

Il semble pourtant qu’un changement d’orientation a été opéré…

Effectivement, mais ce qui est regrettable, c’est que la stratégie attendue en terme de développement tarde à venir. Aujourd’hui, nous sommes dans une spirale où il y a beaucoup d’évolutions, que ce soit en termes de valeur client, de réglementation et d’intéres­sement (sujet à part, en cours de négociation).

Quelle est la position du syndicat vis-à-vis des évolutions technologiques ?

Nous sommes friands de ces évolutions, car nous sommes un réseau mature. Aujourd’hui, nous rencontrons encore beaucoup de problèmes au niveau de l’outil informatique, qui parfois ne fonctionne pas pendant des demi-journées entières. Le fonctionnement de la plateforme de gestion des sinistres qui a été créée récemment pour les agents (lire l’encadré page ci-contre) pose encore question. Même si j’y crois beaucoup, cela reste largement perfectible : les délais d’enregistrement sont bons, mais pas ceux de la gestion. Il est primordial de fournir une bonne qualité de service. Tous ces problèmes n’arrangent pas l’état d’esprit de coconstruction sur lequel nous souhaitons nous engager.

La création d’un GIE dédié à la gestion de sinistres

  • Lorsque le syndicat Triangl’ se rend compte que de plus en plus d’agents Generali délèguent la gestion de sinistres à Gessitel, la plateforme de la compagnie (qui s’occupe aussi bien des agents, que des courtiers et des réseaux salariés), il a été décidé d’agir. L’idée d’un GIE (groupement d’intérêt économique) 100 % dédiés aux agents fait son apparition en juillet 2016.
  • Très vite, tout s’enchaîne, les statuts sont élaborés par l’équipe de Franck Guillot, membre du comité exécutif du syndicat, avec l’aide d’un conseil juridique extérieur et le soutien des services d’Agéa (Fédération nationale des syndicats d’agents généraux). Les agents qui intègrent ce service de délégation de gestion de sinistres bénéficient :
    – d’un coût sinistre négocié à 38 € ;
    – d’une plateforme en France située à Reims ;
    – d’un GIE dédié 100 % agent avec un comité opérationnel paritaire (3 membres, 1 pour la compagnie, 1 pour Triangl’ et 1 pour les agents).

Qu’attendez-vous de Generali ?

La compagnie doit nous donner davantage que ce qu’elle donne aujourd’hui. Surtout, elle doit nous apporter des solutions rapidement. Nous ne pouvons plus attendre. Nous voulons que la qualité de service soit au rendez-vous afin d’éviter d’avoir des agents et des collaborateurs à bout de souffle, car ils ne travail­lent pas dans des conditions optimales. Pour marquer le coup, nous refusons désormais de recevoir les auditeurs sinistres et les auditeurs comptables. Et cela continuera tant que nous n’aurons pas la certitude que la situation va changer.

Quel est l’avenir du réseau d’agents de Generali ?

Pour moi, l’avenir du métier repose sur quatre piliers. Le premier concerne le changement du comportement client, avec l’instantanéité d’Internet, les comparateurs… Il faut agir pour que les demandes et problèmes des particuliers soient gérés dans un minimum de temps et à moindre coût. Actuellement, cela représente, en moyenne dans une agence, 90 % du temps.

Le deuxième pilier est la rentabilité de la compagnie sur le dommages. C’est primordial, car cela conditionne la politique de développement du réseau.

Le troisième est le développement du digital et du système informatique de la compagnie. C’est aussi un point important, car nous sommes amenés à avoir des relations de plus en plus connectées. Le quatrième et dernier pilier concerne la réglementation, notamment la DDA (directive sur la distribution d’assurances) ; nous devons pouvoir nous appuyer sur une compa­gnie qui nous permette de vendre des produits avec toutes les obligations qui en découlent. Nous devons être en règle s’il y a un contrôle de l’ACPR. Si nous arrivons à nous développer sur ces quatre piliers, nous attirerons de nouveaux agents.

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