Congrès Snagan : les agents de Gan Assurances réclament « sécurité, stabilité et visibilité »

Congrès Snagan : les agents de Gan Assurances réclament « sécurité, stabilité et visibilité »
photos : THIERRY CHOMEL

Même s’ils comprennent la politique d’économie engagée par la compagnie, les agents de Gan Assurances, réunis en congrès à Nancy début juin, ont appelé la direction à leur redonner confiance en s’engageant dans une stratégie de développement.

Sacrée entrée en matière… « En même temps que vous avez multiplié les dispositifs et décisions pour sécuriser la compagnie, vous avez plongé les agents généraux dans l’insécurité. Cette équation ne peut pas durer beaucoup plus longtemps, elle est porteuse d’échecs. » En ouverture de son dernier congrès annuel, organisé à Nancy du 6 au 8 juin, Jean-Luc Vidal, le président du Snagan, le syndicat des agents généraux de Gan Assurances, n’y est pas allé par quatre chemins pour dire ce que ses adhérents avaient sur le cœur.

Près de 300 agents généraux avaient fait le déplacement en Lorraine pour discuter de leur avenir au sein de Gan Assurances. Alors que l’ambiance semblait être au consensus l’an dernier à Pau, cette édition 2018 a été marquée par la volonté de renouer des relations de confiance avec la compagnie. Et de reprendre le chemin du développement. « Je ne suis pas là pour être aimé, aviez-vous dit à Pau, a lancé Jean-Luc Vidal à l’adresse de Claude Zaouati, le directeur général de Gan Assurances. Il faut oublier cette déclaration, il faut changer de paradigme, de cycle. » Et d’ajouter : « Vous devez nous donner de la sécurité, de la stabilité, de la visibilité. »

  • 72 % Le taux d’adhésion des agents du Gan au syndicat du Snagan (pour 954 agents)
  • 1,4 Md€ Le chiffre d’affaires de Gan Assurances en 2017

Surveillance de la compagnie jugée trop forte, activité Vie que les agents estiment délaissée, incompréhension de la stratégie commerciale… Ce congrès du Snagan aura été l’occasion de mettre sur la table les sujets qui fâchent tout en restant dans une démarche de dialogue et de relations de confiance avec la compagnie. « Concernant la qualité de service, je connais la situation sur le dommage aux biens. Nous y travaillons, nous recrutons sur tous les pôles. Je sais qu’il est difficile pour vous d’entendre que la situation va s’améliorer tant elle est désastreuse aujourd’hui, a concédé Claude Zaouati, surtout dans une période où les événements climatiques viennent détériorer la situation. Mais croyez-moi, elle va s’améliorer, car nous n’avons pas le choix. Je crois en la force de votre réseau. »

Un réseau qui a contribué à ce que le chiffre d’affaires de Gan Assurances se maintienne en 2017 par rapport à 2016 (environ 1,4 Md€). « Cela est le résultat de la compensation des stocks négatifs par les indexations tarifaires. C’était nécessaire, mais ça ne peut pas être une stratégie à long terme », a admis le DG de Gan Assurances. Jean-Luc Vidal a d’ailleurs rebondi sur ce point. Bien qu’il ne conteste pas les différentes mesures prises pour le redressement financier de la compagnie, ce dernier a néanmoins mis en garde la direction : « Vous avez fait en sorte que les niveaux des commissions se maintiennent, certes. En revanche, nous sommes en récession en matière assurable. Et si ça dure six mois de plus, cela se traduira par une baisse très significative de nos commissions. » Le président du syndicat d’agents a également insisté sur un point qu’il juge crucial : celui de Groupama Gan Vie. « C’est un très gros point noir. Le travail n’est pas bon, et ce n’est pas le fait du Snagan. L’activité vie doit être un outil de fidélisation client et de développement », a insisté Jean-Luc Vidal.

Autres points évoqués : les services de souscription et d’indemnisation, qualifiés de très mauvais par le syndicat. « D’ici à la fin de l’année, nous allons réorganiser l’indemnisation et je l’espère aussi l’inspection. Nous visons, en indemnisation comme en souscription, un double objectif, celui de l’expertise et de la réactivité », a annoncé Claude Zaouati. Heureux de l’entendre prendre de tels engagements, le président du Snagan l’a aussitôt pris au pied de la lettre, cherchant à faire dire à la direction que ces objectifs seraient atteints dès le premier jour de septembre pour les souscriptions, et début janvier pour les indemnisations. « Validons-nous ces objectifs ? » a lancé, un brin provocateur, Jean-Luc Vidal à l’adresse de Claude Zaouati, sous les applaudissements.

La carte de l’apaisement

La direction, elle, a joué la carte de l’apaisement. « Il y a une nécessité de s’adapter, a concédé, compréhensif, Christian Cochennec, directeur général adjoint du groupe Groupama. Le rythme des changements est difficile, rapide mais il l’est pour nous tous, pour toutes nos filiales. » Des propos auxquels Claude Zaouati a fait écho : « Nous avons fait ce qui était nécessaire pour remettre la machine en marche. Désormais, il est temps d’entamer une nouvelle phase, celle du développement. »

Loin de tout voir en noir, le président du Snagan a d’ailleurs reconnu des motifs de satisfaction afin de montrer qu’agents et compa­gnie peuvent être sur la même longueur d’onde. La situation semble ainsi s’être améliorée sur la question informatique, domaine dans lequel Jean-Luc Vidal reconnaît de vrais progrès.

Autre point positif : la proposition d’une nouvelle méthode de travail, utilisant les outils de géolocalisation permettant de détecter les éventuels risques pour les portefeuilles des agents. Enfin, en ce qui concerne le projet Ideogan, le président du Snagan a admis de nombreuses difficultés mais s’est félicité que les objectifs soient désormais les mêmes du côté du réseau comme du côté de la compagnie.

Le projet Ideogan se fait attendre

Débuté en 2015, Ideogan est un chantier d'envergure concernant l'agent Gan. Annoncé initialement pour 2019, ce projet ne devrait pas aboutir avant 2020 selon la direction, voire 2021 selon les agents. Il a pour vocation de repenser les produits IARD et santé, l'informatique, les process – souscription, encaissement... – et les outils destinés au réseau. L'objectif est de disposer d'une chaîne de commercialisation et de gestion unique. Que le client s'assure en ligne ou dans une agence, il aura accès aux mêmes contrats qui seront souscrits et gérés avec un seul outil. Un des objectifs de la compagnie : stabiliser et favoriser de bons résultats techniques.

 

« 2017 était l’année de la restructuration et de la transformation, 2018 l’année charnière pour le redressement, 2019 sera l’année du retour au développement, rentable en dommage, comme en assurance de personnes », a insisté Claude Zaouati. Une vision globalement partagée par le président du Snagan. Venus à Nancy le moral un peu dans les chaussettes, les agents de Gan Assurances en sont donc repartis ragaillardis. Mais beaucoup reste à faire.

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