[DOSSIER] Assurance des animaux 2/3

Assurance animaux : le rebond de l'assurance chiens et chats

Assurance animaux : le rebond de l'assurance chiens et chats

Le marché de l’assurance des animaux de compagnie connaît un renouveau depuis plusieurs années. Mais malgré son fort potentiel de croissance, l’innovation, comme pour la santé des humains, reste assez timide dans ce domaine.

Dans le monde de l’assurance, rares sont les marchés à afficher une croissance à deux chiffres. L’assurance des animaux domestiques fait donc figure d’exception. « Nous avons sur ce marché un taux de croissance supérieur à 10% », déclare Myriam Saada, directrice de l’offre et des services chez Solly Azar. De son côté, Christophe Triquet, président de Meilleureassurance.com (groupe MeilleurTaux), annonce une croissance « de l’ordre de 10 à 20% par an », tandis que Karim Irouche, PDG du courtier ECA Assurances, révèle des taux de 25 à 30% par an et souhaite doubler de taille dans les trois ans.

Il y a une quinzaine d’années, une première génération de produits n’avait pas connu le succès escompté. Mais le marché sort de l’atonie et redevient porteur. « Les frais de vétérinaires et la fréquence des visites deviennent de plus en plus importants. Les clients soignent leur animal comme si c’était un membre de la famille », explique David Buisset, directeur assurance de Animal Experts, derriè­re la marque Bulle Bleue. « La deuxième raison est qu’on en parle de plus en plus. Les acteurs du marché ont fait un important travail d’évangélisation », ajoute-t-il. Un travail qui a porté ses fruits auprès de clients avant tout urbains : Karim Irouche parle d’« une clientèle plutôt mûre, puisque 70% des souscripteurs ont plus de 40 ans ». Un autre facteur de croissance est le développement d’un écosystème autour du bien-être des animaux. Des liens se sont tissés entre des courtiers et des éleveurs, des toiletteurs ou des animaleries.

Cependant, l’assurance des animaux de compagnie demeure concentrée sur les chiens et les chats. L’assurance des NAC – les nouveaux animaux de compagnie, des furets aux lapins en passant par les chinchillas – reste une microniche. « Pour l’heure, il est difficile d’y voir un marché : les taux de souscription sont extrêmement faibles », reconnaît Cécile Mérine, directrice générale d’Otherwise. Plusieurs raisons à cela : à la différence d’un chat ou d’un chien, un furet est rarement considéré comme un membre de la famille. L’espé­rance de vie d’un NAC est, dans la plupart des cas, plutôt courte. Et si les propriétaires de chiens ou de chats sont aujourd’hui prêts à débourser 25 ou 30 € mensuels pour la santé de leur compagnon à quatre pattes, ce n’est pas le cas pour un NAC. À cela s’ajoute le fait que « le risque est difficilement mutualisable, les populations concernées étant beaucoup plus réduites », souli­gne Christophe Triquet.

Chiffres

  • 49,5 % : la part des foyers français possédant un animal de compagnie
    Source : étude Facco-Kantar / TNS publiée en 2017
  • 7 % des chiens et 3 % des chats sont actuellement assurés en France, contre 30 % en Grande- Bretagne et 80 % en Suède
    Source : étude SantéVet / Ipsos publiée en avril 2018
  • 13,5 millions de chats, 7,3 millions de chiens sont recensés en France
    Source : étude Facco-Kantar / TNS publiée en 2017

Un métier spécifique

Le marché se partage entre une poignée de spécialistes (dont notamment SantéVet, Bulle Bleue ou Assur O’Poil) et des généralistes (comme April, ECA Assurances ou Solly Azar). Beaucoup d’entre eux diffusent aussi leurs produits en marque blanche, ce qui permet à un grand nombre d’acteurs du secteur de proposer des offres. Sur cette niche, qui devient alléchante, chacun défend sa légitimité. « Le business de l’assurance des animaux nécessite d’être spécialiste : nous avons quinze années d’expérience sur la sinistralité », lance Hugues Salord, directeur général de SantéVet. « Si Otherwise ne fait pas que du chat-chien, nous avons toutefois mis en place une assistance vétérinaire dédiée : nous pouvons faire du spécifique sans être spécialiste pour autant », réplique Cécile Mérine.

Au-delà de ce débat, l’assurance des animaux est bel est bien un métier spécifique. « Elle présente des processus de gestion proches de l’assurance santé humaine, mais avec les règles du IARD : des plafonds de remboursement, des franchises ou des délais de carence », résume David Buisset. Autre parallèle avec la santé humaine, beaucoup d’acteurs ont conçu leurs règles et tables actuarielles avec, comme chez Solly Azar, des équipes dédiées qui travail­lent avec un vétérinaire conseil. Encore un point commun : la tarification – elle varie souvent selon le lieu, les vétérinaires étant, comme les médecins, plus chers dans les grandes villes. Une majorité d’acteurs tarifie aussi en fonction de l’âge, qui est également un critère de souscription. En général, l’âge limite d’adhésion s’établit à six ans pour les chats et huit ans pour les chiens : pour ces derniers, ECA Assurances annonce même dix ans et espère arriver à douze dans trois ans.

Jean-François Legueulle délégué général de la fondation 30 Millions d’Amis
« Un retard par rapport aux pays nordiques ou anglo-saxons »

« En tant que fondation de protection des animaux, nous n’avons pas de position par rapport aux offres commerciales, mais nous sommes favorables à tout ce qui va dans le sens d’une meilleure défense de leurs droits. Évidemment, l’animal de compagnie fait partie intégrante de la famille et c’est une démarche responsable, de la part des maîtres, de l’assurer. L’assurance peut aussi éviter que des gens abandonnent leur animal à cause des frais de santé. Par rapport aux ressortissants des pays nordiques ou anglo-saxons, les Français assurent très peu leurs animaux, et ce retard pose problème, alors que nous sommes un des pays qui a le plus d’animaux de compagnie. Mais les choses peuvent évoluer : il y a trois ans, les animaux étaient encore assimilés à des meubles dans le code civil et, grâce à notre action, ils sont considérés comme des êtres sensibles. Depuis, la question de la protection des animaux est devenue un sujet majeur. Aujourd’hui, nous préparons une nouvelle proposition, qui est de considérer les animaux comme des personnes non humaines. »

Innover sur la gestion

Les garanties viagères semblent aussi être monnaie courante : comme beaucoup de ses confrères, Karim Irouche s’interdit de résilier pour cause d’âge et de sinistralité, et il est fier d’annoncer que le plus vieux chien couvert par son cabinet a l’âge respectable de 19 ans… D’autres préfèrent tarifer en fonction du poids ou de la race. « Certaines races ont des maladies congénitales et cela peut être une cause d’exclusion », explique Myriam Saada. Le poids est aussi un facteur important, tant pour les médicaments – dont la dose ne sera pas la même pour un golden retriever que pour un chihuahua – que dans le cas des interventions chirurgicales.

Malgré leurs différences de conception, les produits présentent, au final, une certaine homogénéité. Là encore, une similitude avec la complémentaire santé apparaît : les offres se compo­sent d’une garantie d’entrée de gamme centrée sur l’accident (comparable à l’« hospi » solo en santé humaine) et de plusieurs formules associant accident et maladie. Les différences se font alors sur les taux de remboursement, qui varient de 50 % à 100 %, ainsi que sur les options : Otherwise, par exemple, n’inclut pas de franchise dans son offre.

L’innovation reste donc timide, bien que, à la différence de la complémentaire santé pour les bipèdes, l’assurance pour animaux n’est pas du tout régulée – même si l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) commence à se pencher sur le sujet. Ainsi, passé l’effet de curiosité, les objets connectés n’ont guère convaincu. ECA Assurances en propose un qui fait office de traceur et GPS, permettant de localiser un animal fugueur et mesurant en outre l’activité et la condition physique. Mais son concurrent de Bulle Bleue se dit « pas convaincu par un marché assez disparate », avec des équipements soit trop coûteux, soit gadgets.

Autre idée, le lancement de réseaux de vétérinaires sur le modèle des réseaux optique ou dentaire. « Des partenariats entre assureurs et vétérinaires posent des questions déontologiques, notamment vis-à-vis de leur ordre », souli­gne toutefois Jonathan Apelbaum, manager assurance au cabinet Julhiet Sterwen.

Du coup, les professionnels de l’assurance des animaux privilégient, comme l’ensemble du secteur, les innovations en termes de gestion. SantéVet a créé une option Illico qui, pour un euro par mois, garantit un remboursement sous 24 heures. Bulle Bleue réfléchit à la télétransmission des feuilles de soins de vétérinaires. De son côté, Solly Azar a lancé une application grand public baptisée Mon compa­gnon, qui permet à ses clients de photographier les justificatifs des frais médicaux pour un remboursement plus rapide. « L’avenir, ce serait d’aller, en matière de prévention, plus loin que dans les forfaits actuels », estime David Buisset, qui conclut toutefois que, vu le faible degré de maturité du marché, « il est difficile d’envisager le lancement d’une offre disruptive ».

L’assurance pour animaux présente des processus de gestion proches de l’assurance santé humaine, mais avec les règles du IARD : des plafonds de remboursement, des franchises ou des délais de carence.

David Buisset, directeur assurance de Animal Experts

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