Coronavirus : Bertrand de Surmont « Nous comptons sur l’administration territoriale pour jouer le jeu »

Coronavirus : Bertrand de Surmont « Nous comptons sur l’administration territoriale pour jouer le jeu »
Bertrand de Surmont président de Planète CSCA © dr

Alors que le décret (disponible ici) et l'ordonnance (ici) sur le chômage partiel sont parus au journal officiel, Bertrand de Surmont président de Planète CSCA s'exprime sur lles dispositifs mis en place pour accompagner les courtiers . 

Êtes-vous sollicités par vos courtiers membres sur la question du chômage partiel ?

Oui, c’est un sujet sur lequel nous sommes sollicités. Il y a eu une période de flottement sur la question. Au début les cabinets nous appelaient pour savoir si les courtiers seraient éligibles. Après le vent de panique du début, les courtiers ont compris qu’il ne fallait pas se précipiter dans la constitution des dossiers auprès de la Direccte. Les courtiers qui nous sollicitent sont dans une démarche responsable et réfléchissent aux diverses possibilités.

Les cabinets devront démontrer qu’ils subissent une baisse d’activité, or un grand nombre de courtiers clôturent les affaires au 1er janvier.

Les répercussions seront différentes selon la taille et les activités des cabinets. Le courtage a une inertie importante en termes de génération de chiffre d’affaires. C’est un sujet sur lequel nous sommes vigilants parce que les effets sur le chiffre d’affaires (un critère essentiel dans les dossiers) ne se feront pas sentir immédiatement. L’ouverture des mesures pour le mois de mars a commencé, je ne pense pas qu’il y aura beaucoup de courtiers dans un premier temps, car les conséquences ne devraient être palpables en termes de chiffre d’affaires qu’à partir d’avril, mai, juin voire janvier pour les spécialistes des risques industriels et des grands risques.

L’impact réel pourra être estimé par le marché vers la fin du deuxième trimestre, voire même en fin d’année. Le sujet est à surveiller de près parce qu’en fonction des situations, le calendrier du recours au chômage partiel par le cabinet dépendra des impacts  constatés au fur et à mesure.

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Coronavirus : quel recours au chômage partiel par les courtiers 

Selon vous les petits cabinets feront-ils davantage appel au dispositif que les grands cabinets ?

Pas forcément. Il est vrai que le sujet a une répercussion différente selon la taille des entreprises. Les grands cabinets ont un degré d’anticipation, un degré d’adaptation peut-être plus important. Elles étaient majoritairement en flex office et donc n’ont pas eu de problèmes majeurs à la mise en place du télétravail. Il y a un certain nombre de problématiques à traiter avant la question du chômage partiel. Je pense que les grandes maisons de courtage font l’état des lieux en interne.

Pour les petits cabinets, le sujet peut se montrer plus compliqué et peut-être plus immédiat. Dans le courtage de proximité, beaucoup n’avaient jamais activé leur plan de continuité d’activité, ou de plan de reprise d’activité, il a fallu tout mettre en place. Une fois la période de rodage passée, je pense que les dirigeants se pencheront sur les sujets administratifs. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons publié une note didactique sur l’activité partielle sur notre site internet. Elle est principalement adressée au courtage de proximité, car nous partons du principe que n’ayant pas de DRH pour les épauler, nous sommes présents pour les accompagner dans ces moments compliqués.

À terme, la question du chômage partiel concernera tout le monde, pas forcément pour les mêmes types d’activité et les mêmes postes, mais  aucune entreprise ne peut a priori être exempte de faire ce type de demandes.

Il semblerait que les Dirrecte retoqueraient beaucoup de dossiers venant du monde du courtage, avez-vous eu ces remontées ?

Effectivement, nos présidents de régions nous ont fait part de quelques retours la semaine dernière. Je pense que les Dirrecte comme le marché, les courtiers en particulier, découvrent le dispositif. Nous étions tous en attente du mode opératoire et de la parution de l’ordonnance et du décret au journal officiel. C’est chose faite depuis le 25 mars.

Il se peut que des courtiers, un peu dans la précipitation, aient présenté des dossiers qui n’étaient pas tout à fait au point (il faut fournir des informations prouvant véritablement la baisse de l’activité , démontrant donc que le recours au chômage partiel est indispensable). De l’autre côté, il se peut aussi que des Dirrecte aient eu des réactions un peu intempestives et radicales. Mais je pense que maintenant que tout a été cadré par les parutions au journal officiel, le sujet va se tasser.

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Dans ce contexte, quelle est la position du syndicat ?

Les Dirrecte et l’administration déploient la politique d’activité partielle décidée par le gouvernement. Ce dispositif est ouvert à tous types d’entreprises et tous types d’activités. J’espère que certaines ne viendront pas par effet de zèle entraver ce qui est en train de se jouer, c’est-à-dire, la sauvegarde des entreprises et des emplois.

Nous comptons aussi sur l’administration territoriale pour jouer le jeu et accompagner cette sauvegarde de l’emploi et de la pérennité économique.

Y a-t-il des alternatives au chômage partiel ?

Avant d’arriver au chômage partiel, il y a d’autres dispositifs à mettre en place. Nous recommandons à l’ensemble du courtage, dans le cadre des nouvelles dispositions du gouvernement, de faire prendre à leurs collaborateurs leurs jours de congés payés ou leurs jours de RTT dès qu’ils constatent une baisse d’activité.

Par ailleurs, pendant cette période de distanciation sociale, il faut également songer à la formation professionnelle comme étant une réelle alternative au chômage partiel. Des dispositions extrêmement favorables ont été prises à ce niveau pour que ces formations ne viennent pas amputer les budgets classiques de formation professionnelle. Se former et former ses collaborateurs pendant la période actuelle permettra à tous de se concentrer sur d’autres tâches lors du retour progressif à l’activité.

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