À l’écoute des pertes d’audition précoces

À l’écoute des pertes d’audition précoces

Si les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent l’une des premières causes de handicap et d’inaptitude au travail, les conséquences du vieillissement des perceptions sensorielles, en particulier de l’ouïe, sur l’activité des salariés seniors imposent une démarche préventive.

Exposée et vulnérable, l’oreille ne connaît aucun répit. Ainsi 30 %* des salariés de plus de 50 ans déclarent souffrir de troubles auditifs, qu’ils soient liés à la presbyacousie ou aux acouphènes. Des pathologies qui, comme l’hypoacousie, peuvent être provoquées ou aggravées par les nuisances sonores endurées au cours de la vie professionnelle.
Particulièrement sollicitées dans les environnements bruyants, comme les chantiers de BTP ou les ateliers mécaniques, les facultés auditives concernent également les salariés du secteur tertiaire. Il faut noter que 23 % des travailleurs en bureau se déclarent incommodés par le bruit généré par le téléphone, les imprimantes, ou les open space. « L’exposition au bruit supérieur à 85 dB (A) concernerait 20 % des salariés, analyse Alain Cantineau, médecin du travail. Avec les TMS et les cancers, les surdités sont parmi les trois premières maladies professionnelles ».

Des troubles contraignants


Au quotidien, plus de la moitié des actifs de plus 50 ans estiment que les troubles auditifs influents sur leur activité professionnelle. Alors que les bruits graves sont la cause de fatigue et de mal-être, les tonalités aiguës s’avèrent, elles, destructrices pour l’appareil auditif.
« L’oreille commence à vieillir dès la naissance, remarque Bernard Montinet, chirurgien oto-rhino-laryngologiste (ORL). Plus ou moins vite selon l’environnement dans lequel évolue l’individu et selon sa génétique ». En seconde partie de vie, la baisse de l’audition liée à la perte des fréquences conversationnelles, peut être suffisamment importante pour impacter les échanges. « La perte d’acuité auditive, qui se manifeste notamment par des difficultés à comprendre les conversations, peut être pénalisante dans l’exercice de son métier, poursuit le spécialiste. Jusqu’à entraîner pour certaines personnes, une invalidité. »


Entendre un son, comprendre un mot


Le rôle des médecins du travail pour déceler des pertes d’audition, et orienter les salariés vers un ORL, s’avère donc essentiel. Pourtant, le dépistage des troubles auditifs au travail ne concerne qu’un tiers des visites médicales.
Face à la complexité des examens, Alain Cantineau, rappelle l’importance des « dépistages ciblés », c’est-à-dire effectués en fonction des conditions de travail, des risques professionnels, mais aussi de l’état de santé et de l’âge des travailleurs. « Un dépistage systématique à l’aveugle est inopérant. Il faut cibler les personnes exposées à des risques ou très susceptibles de l’être, et suivre de très près l’évolution de leur audition », conseille encore le médecin. Pour être pleinement efficace, la méthode devrait aussi s’appuyer sur la connaissance réelle des conditions de travail du salarié, et explorer non seulement l’audition tonale (à savoir, la capacité à entendre un son), mais aussi l’audition vocale (pour comprendre un mot).


Le réflexe du port des EPI


Au quotidien, si des seuils d’émissions sonores à ne pas dépasser ont été établis – aussi bien pour la durée des expositions que pour leur intensité maximale – le premier réflexe pour prévenir le vieillissement précoce de l’audition repose sur le port des équipements de protection individuels (EPI).
« Les protections ont aujourd’hui fait beaucoup de progrès, explique encore Alain Cantineau. Ils permettent de protéger de bruits nocifs, tout en laissant passer les fréquences conversationnelles ». Dans les situations extrêmes, les casques antibruit actifs produisent un « contre-son » qui va morceler le son agressif. Les bouchons d’oreilles ont également évolué. Certains sont moulés et offrent ainsi plus de confort. D’autres sont équipés de filtres spécifiques. Alors que deux tiers des actifs de plus de 50 ans souhaitent limiter le temps passé dans un environnement trop bruyant, les expériences montrent qu’un ouvrier doté d’un appareil de protection voit sa productivité accrue de 25 % !
Cette démarche préventive doit s’associer à une réflexion plus globale relative aux processus de travail, à l’organisation des locaux et à l’insonorisation des bureaux. Des axes de progrès demeurent également en termes d’équipements. Seuls 10 % des actifs de plus de 50 ans atteints d’un trouble auditif sont en effet appareillés…


* Enquête Observatoire Optic 2000-OpinionWay réalisée auprès de 1 000 actifs de 50 ans et plus (moyenne d’âge 55,3 ans) et de 200 médecins du travail du 19 mai au 8 juin 2016.

Ce contenu vous est proposé par OPTIC 2000

Vous aimerez aussi

Emploi

Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS)

Expert Engins de chantier (H/F)

Postuler

SAS COHEN CORPORATE ASSURANCES

Commerciaux Sédentaires H/F

Postuler

+ de 10 000 postes
vous attendent

Accéder aux offres d'emploi

APPELS D'OFFRES

Marché de service d'assurances (5 lots)

Val d'Oise Habitat

01 octobre

95 - VAL D'OISE HABITAT

Proposé par   Marchés Online

Commentaires

À l’écoute des pertes d’audition précoces

Merci de confirmer que vous n’êtes pas un robot

Votre e-mail ne sera pas publié