[DOSSIER] Réassurance vie 2/4

La réassurance non biométrique, un segment qui bouge

La conjoncture et l'arrivée prochaine de Solvabilité 2 inspirent les réassureurs, dont certains commencent à imaginer des couvertures dédiées aux contrats de capitalisation.

L'idée de base est simple. Les assureurs vie manquent de fonds propres (L'Argus du 29 juin 2012), ce qui ne s'arrangera pas sous Solva 2 (dont l'entrée en application est toujours promise, pour l'instant, au 1er janvier 2014) et peinent avec leurs fonds en euros et les taux garantis sur les unités de compte : la réassurance peut alors être une alternative. C'est le credo récent d'une poignée d'acteurs, la plupart des réassureurs refusant pour l'heure de s'y engager. « Nous observons la naissance de traités en quote-part de réassurance pour les contrats de capitalisation, confirme Philippe Virolle (Aon Benfield). Certains réassureurs n'en veulent pas : il s'agit de couvertures techniquement difficiles à mettre au point. » Des acteurs auraient d'ailleurs subi quelques déconvenues...

« Nous sommes parmi les premiers à avoir lancé, sur le marché français, une couverture pour un contrat de capitalisation. C'était en 2003-2004. Il s'agissait d'un contrat collectif d'assurance vie en euros de durée viagère avec une garantie dépendance et une assurance décès », commente Pascale Gallego (Partner Re). Pour les contrats ou fonds en unités de compte (UC), la réalité est moins glorieuse.

Dans les contrats vie, quand les actifs sont déposés sur des UC, certains assureurs donnent des garanties en cas de chute des marchés, ou risque de décès du souscripteur. Si les réassureurs couvraient assez volontiers le risque de décès ou de chute des marchés dans ces contrats, l'hécatombe sur les marchés actions ces dernières années (le CAC 40 est passé de 5 000 à 2 500 points, avant de remonter) a provoqué une envolée de moineaux, et seuls quelques-uns ont maintenu leurs couvertures, dont Partner Re. « Bien sûr, les conditions de marchés font pression sur les bilans, entraînent une forte volatilité des réserves. Une analyse précise du risque et un suivi régulier sont donc nécessaires. Pour ce type de produit, le choix du réassureur est crucial : compréhension du risque, solidité financière, capacité à payer les sinistres quelque soit la situation », conclut Pascale Gallego, qui confirme l'arrivée de nouveaux joueurs depuis un an ou deux.

Le changement Solva 2

Un acteur croit à l'essor de ce type de traités : Guy Carpenter. Depuis un an et demi, le courtier travaille à la conception de nouvelles solutions, convaincu que la réassurance dispose d'atouts en tant qu'élément de fonds propres à part entière sous Solva 2. « En France, la réassurance est traditionnellement utilisée pour absorber les risques de pointes ou accompagner le développement de nouveaux produits. Dans d'autres pays, on observe un arbitrage plus fin et systématique entre coût du capital et réassurance », rappelle Franck Pinette, CEO vie Europe chez Guy Carpenter.

Sous Solva 1, seule la quote-part permet de réduire le besoin de fonds propres (dans une limite de 50% ou 15% de cession selon qu'il s'agit de prévoyance ou d'épargne). Sous Solva 2, il faut mettre en place des mécanismes de réassurance plus sophistiqués afin d'économiser du capital... ce qui complique un peu la donne !

1. L'assureur transfère un pourcentage de la prime encaissée au réassureur, pour être indemnisé par le réassureur à hauteur de ce pourcentage en cas de sinistre, soit une économie de ce même pourcentage sur son capital.

FRANCK PINETTE, CEO VIE EUROPE CHEZ GUY CARPENTER

« Nous travaillons sur les trois lignes d'affaires : prévoyance, retraite-longévité et épargne »

  • Guy Carpenter semble s'investir dans la réassurance type « alternative à des fonds propres ». Pourquoi ?

En Grande-Bretagne, le recours à la réassurance avec cet objectif de gestion du capital est très développé. C'est une stratégie assez peu présente en France. Or, les réassureurs vie sont en bonne santé et disposés à mobiliser leurs ressources pour accompagner leurs clients. Ils peuvent constituer une alternative au besoin de fonds propres des assureurs vie. Nous avons développé cette approche depuis un an et demi, et travaillons sur les trois lignes d'affaires : prévoyance, retraite-longévité et épargne.

  • Comment votre offre est-elle accueillie ?

Nous menons des missions de conseil auprès de cédantes qui sont intéressées, et procédons ensuite au placement des couvertures. Nous constatons que de nombreux acteurs choisissent pour le moment de s'en tenir au stade de l'étude préalable dans la perspective lointaine de Solva 2, ce qui ne les empêche pas de travailler activement à l'optimisation de leur capital et à l'adaptation de leurs plans de réassurance sous Solva 1. Quant aux réassureurs, nous voyons leurs offres évoluer au fil du temps pour répondre aux besoins des cédantes. Citons le développement de solutions adaptées aux portefeuilles d'assurance vie de type épargne.

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