[DOSSIER] Les courtiers en collective 3/3

Des échanges plus fluides

La norme Porteur de risque délégataire de gestion (PRDG) permet d'automatiser les échanges sur les contrats collectifs entre assureurs et gestionnaires. La diffusion de cet outil élaboré par la FFSA devrait contribuer à l'industrialisation des processus.

Le projet a été initié avant l'arrivée de Solvabilité 2, mais les exigences des nouvelles règles prudentielles poussent à la diffusion de la norme PRDG, qui vise à industrialiser et à rationaliser la relation entre assureurs et délégataires de gestion. « Le porteur de risques sait ce qui est délégué et où il en est. PRDG améliore le contrôle, donc réduit le risque opérationnel », estime Patrick Grégory, responsable du programme dématérialisation des assurances collectives du GIE Sintia, qui assure la maîtrise d'ouvrage de PRDG. « Elle permet d'automatiser pour partie certains audits menés par les compagnies auprès des délégataires de gestion. »

Les compagnies ne s'y trompent pas. Nombre d'entre elles commencent à faire pression sur leurs délégataires pour qu'ils déploient cette norme. « Nous avons mis en place des cahiers des charges pour que les échanges se fassent via PRDG. Nous voulons que nos délégataires l'adoptent. Cependant, elle se déploie à des vitesses variables selon les courtiers », note Pascal Broussoux, directeur assurances de risques chez AG2R-La Mondiale.

Un seul point d'échange, mais un échange biaisé ?

De fait, les courtiers vivent plus ou moins bien cette contrainte. « Avec PRDG, la FFSA a pris la main pour tenter de contrôler les courtiers, les obliger à adapter leur système d'information à ses besoins. Depuis longtemps, certaines compagnies rêvent de nous transformer en agents ! », peste Jean-Philippe Ferrandis, directeur des assurances de personnes chez Verspieren, qui déploie tout de même PRDG. De même, Mercer, pour être actif sur le sujet, n'en regrette pas moins que la demande des assureurs se focalise sur les échanges concernant la sinistralité. « Ils semblent préférer maîtriser le risque technique plutôt que développer le reversement des commissions ! », glisse Bertrand Robert, directeur adjoint de la branche santé-prévoyance. Aujourd'hui, 178 projets (1) de mise en oeuvre PRDG ont été lancés et 113 sont achevés. Une trentaine de courtiers et une quinzaine d'assureurs y participent. En outre, avant l'été, Sintia a lancé, avec ApriaRSA, la plate-forme ConnectPRDG, qui permet de n'avoir qu'un seul point d'échange quel que soit le nombre de partenaires, donc de générer des gains sur la maintenance et le déploiement.

Sintia estime qu'utiliser la plate-forme est moins coûteux pour les délégataires que de faire du point à point. « S'ils échangent avec un ou deux porteurs de risques, la mise en place des liens est gratuite. Pour trois liens et plus, nous leur facturons, une seule fois, une somme forfaitaire de 2 000 €. Ensuite, il y a un coût de maintenance annuel de 200 € par lien, inférieur au coût de maintenance en point à point », explique Patrick Grégory.

L'utilisation de la norme est gratuite pour les délégataires, à charge pour eux de l'intégrer à leur système d'information. En revanche, l'accès à PRDG est payant pour les porteurs de risques (10 000 € par an pour les membres de la FFSA et du GIE). « Une fois son coût de mise en place amorti, la norme PRDG devrait permettre des économies pour les courtiers et les assureurs », estime Henri Leurquin, directeur général du pôle assurances collectives du groupe Molitor.

PRDG ne sera pas accessible aux plus petits courtiers. « Que PRDG existe ou pas, dans la gestion, il y a un problème de taille critique à atteindre. PRDG ne fait qu'accentuer un mouvement d'ensemble qui fait que, pour être compétitif, il faut gérer un nombre minimal de personnes et industrialiser sa gestion », conclut Patrick Grégory.

1. un projet correspond à un message échangé entre deux partenaires.

Utilisez-vous la norme PRDG ?

  • OUI

Bertrand Robert, directeur adjoint santé prévoyance de Mercer

« Elle nous simplifie la vie »

« Nous utilisons PRDG au maximum. Nous échangeons avec une quinzaine d'assureurs. Il a fallu développer un connecteur par type de message et par porteur de risque. Cependant, PRDG nous simplifie la vie. En effet, un assureur qui n'adhère pas à cette norme va tout de même nous demander du reporting, avec un fichier type. PRDG nous évite donc de gérer des fichiers Excel spécifiques à chaque porteur de risque. Cette norme est une réponse de premier niveau aux exigences de Solvabilité 2, en permettant à l'assureur de démontrer qu'il a bien le contrôle sur les opérations de son délégataire. »

  • NON

Bertrand Da Ros, directeur général de SMI

« Elle n'est pas encore assez déployée »

« Nous n'avons pas encore intégré PRDG à notre système d'information, car nous n'avons pas eu de demande dans ce sens de nos partenaires. Nous estimons que cette norme n'est pas encore assez déployée dans le secteur pour être considérée comme un standard. Nous avons donc mis en oeuvre nos propres interfaces informatiques pour envoyer et recevoir les informations techniques et comptables. Par ailleurs, la gestion déléguée ne représente que 15% de notre portefeuille. Cela ne constitue pas un volume assez significatif pour que nous investissions pour le moment dans PRDG. »

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