[DOSSIER] Les outils de la mobilité 2/3

Les tablettes au travail !

Les tablettes au travail !
DR JULIEN MALDONATO, SENIOR MANAGER CONSEIL EN ASSURANCE CHEZ DELOITTE

Les tests se multiplient chez les assureurs et certains, comme Axa, ont annoncé la généralisation de l'iPad pour leurs commerciaux salariés. Reste à faire les bons choix techniques, et à vérifier les retours sur investissement...

Commerciaux, inspecteurs, managers ayant des besoins de mobilité sont tous équipés de PC portables, mais au fur et à mesure que les parcs doivent être renouvelés, les assureurs se posent la question des tablettes... « Tous les assureurs réfléchissent à généraliser, à deux ans, l'usage des tablettes à tous leurs réseaux de distribution », affirme Julien Maldonato, senior manager conseil en assurance chez Deloitte. Ainsi, Axa a annoncé basculer la flotte de ses commerciaux salariés : « Jusqu'à présent ils travaillaient avec un ordinateur portable, mais d'ici à la fin de l'année, les 3 850 seront équipés d'un iPad », souligne Guillaume Lemele, responsable de la direction conseils et services (DCS) distribution et marketing d'Axa France services.

Une extension des smartphones

Les tablettes sont souvent perçues par les usagers comme un prolongement de leur smartphone. Ainsi, La Médicale constate que certains agents généraux ont téléchargé sur leur iPad l'application pour les visites de risques conçue initialement pour les iPhone. L'assureur réfléchit donc à l'optimiser pour les tablettes. « Nous pourrions ainsi étendre les fonctionnalités de l'application avec, par exemple, un formulaire de visite de risque entièrement en ligne, alors qu'il est encore sous format papier, ou avec la sélection, dans une liste déroulante, d'un modèle de vitrine pour les pharmaciens », explique Damien Flicoteaux, directeur souscription et prestations de la filiale de Crédit agricole assurances.

Axa prévoyance et patrimoine, qui avait développé, fin 2010, une application permettant aux agents généraux de consulter les fiches de leurs clients et leur agenda sur BlackBerry va l'étendre aux iPhone et iPad. « L'application iPad permettra d'accéder à davantage d'informations que sur les BlackBerry. La tablette pourra également être utilisée lors des visites de restitution pour montrer au client des graphiques illustrant le diagnostic de l'agent, par exemple », explique Christine Boutleux, organisatrice conseil à la direction générale des agents généraux d'Axa prévoyance et patrimoine.

La tablette séduit également les managers qui souhaitent disposer d'un écran plus large que celui de leur smartphone. « Quand 95% de leurs besoins consistent à gérer leur messagerie, leur agenda, accéder à Internet et à des tableaux de bord, une tablette peut tout à fait suffire », constate Daniel Dupuy, directeur des systèmes d'information d'Aviva France.

Une tablette est bien plus légère qu'un PC portable, démarre beaucoup plus vite et son usage est très intuitif. Elle est également, pour quelque temps encore, un élément différenciant : « L'iPad est un moyen de travailler sur une image de haut de gamme. Nous vendons des solutions sur mesure et l'iPad permet d'installer une proximité avec le partenaire », estime Hélène Dandine-Roulland, responsable de la solution iPad mise en place par Natixis assurances partenaires. En outre, les batteries des tablettes tiennent une journée entière, contrairement aux ordinateurs portables. « Nous n'avons eu aucun retour sur des problèmes d'autonomie, même lorsque les commerciaux sont connectés en 3G », souligne Guillaume Lemele.

La tablette est-elle complémentaire ou concurrente des ordinateurs portables ? De la réponse dépendra son développement. Si elle est perçue comme complémentaire, le coût sera rédhibitoire pour l'équipement de flottes entières, mais depuis quelques mois, de plus en plus de directeurs informatiques semblent penser que les tablettes pourraient remplacer les ordinateurs portables. « Les commerciaux qui ont testé l'iPad avaient conservé leur PC portable, mais très vite, ils ne l'ont plus pris en rendez-vous », souligne Guillaume Lemele. Chez MMA, où les iPad sont uniquement utilisés en phase pilote, « les collaborateurs équipés d'une tablette n'ont plus d'ordinateur portable. Nous les laissons expérimenter, pour voir, notamment, s'ils garderont leur smartphone ou s'ils utiliseront le softphone (1) de l'iPad avec une oreillette », explique Philippe Renault, directeur général délégué ressources de l'assureur.

L'inconnue de la durée de vie

Si elles sont concurrentes des ordinateurs portables, les tablettes ont un argument très tentant : leur prix. « Un iPad coûte moitié moins cher qu'un PC portable à performances équivalentes », affirme Guillaume Lemele. « Si l'on regarde les prix d'achats, les tablettes sortent gagnantes, mais on manque de recul sur leur réel prix de revient, prévient Nicolas Boulay, directeur associé Bearing Point. Il faudrait savoir combien coûte un parc de tablettes utilisées de façon intensive professionnellement. Actuellement, on ne connaît pas la durée de vie d'une tablette... » En effet ce matériel est récent et encore peu utilisé en entreprise. On sait qu'un ordinateur portable est renouvelé tous les trois à cinq ans, mais pour les tablettes c'est la grande inconnue... Difficile de prévoir les taux de bris, de perte, de vol...

« Au début on peut être grisé par l'usage d'une tablette. Cependant est-ce une réelle révolution dans le quotidien de l'entreprise ? Elles sont légères, démarrent rapidement, ont une bonne autonomie, sont sympathiques, mais le design des applications n'a pas été revu, ce qui limite encore l'intérêt d'un point de vue efficacité », relève Nicolas Boulay. Il serait dommage de cantonner les tablettes au rôle de visionneuses Powerpoint (2). Cela nécessite de repenser l'ergonomie, de développer des applications spécifiques...

Tout dans les serveurs

Les tablettes ont également des capacités de calcul et de traitement plus limitées que les ordinateurs portables. Cela peut-être un handicap si toutes les applications doivent être embarquées sur la tablette. En revanche, si tout se fait en mode connecté, le problème ne se pose plus : ce sont les serveurs qui font les traitements, et la tablette n'affiche que le résultat. Cependant, si les réseaux 3G se sont bien étoffés ces dernières années, « il y a encore des endroits qui ne sont pas couverts. Quand on part sur des applications uniquement en ligne, il faut être conscient que le service ne sera pas toujours disponible », prévient Pascal Chavernac, président de l'intégrateur Resadia. Lorsqu'il s'agit d'applications destinées aux agents généraux et aux courtiers, le plus souvent, les assureurs font le choix du tout-connecté. En effet, ils limitent ainsi les informations stockées sur le terminal, et réduisent les risques de pertes de données en cas de disparition ou de vol de la tablette. Cependant, lorsqu'il s'agit d'applications que les commerciaux salariés utilisent face au client, les assureurs optent fréquemment pour des bases de données embarquées. « Nous estimons que la couverture des réseaux 3G n'est pas encore suffisante. On ne peut pas laisser passer une vente à domicile parce que le commercial n'a pas de connexion », explique Jean-Jacques Herrmann, directeur des systèmes d'information et de l'organisation de Prévoir.

On le voit, les tablettes ont de nombreux atouts. Si leur adoption se confirme, qui sait si elles ne détrôneront pas également un jour les ordinateurs portables, comme eux-mêmes ont remplacé les ordinateurs de bureaux ?

1. Softphone : application permettant de téléphoner en voix sur IP (via Internet).

2. Powerpoint : logiciel de présentation par diaporama vendu par Microsoft.

" Si l'on regarde le prix d'achat, les tablettes sortent gagnantes, mais on manque de recul sur leur réel prix de revient. " Nicolas Boulay, directeur associé de BearingPoint

" Nos commerciaux salariés travaillent avec un ordinateur portable, mais, d'ici à la fin de l'année, tous seront équipés d'un iPad. " Guillaume Lemele, directeur de la DCS distribution et marketing d'Axa France services

Plus de 10%

La part des entreprises européennes prévoient de s'équiper de tablettes d'ici à trois ans, contre seulement 5% l'année dernière (étude RES Software-IDC).

 

TROIS PROFILS, TROIS USAGES

CHRISTOPHE VALLÉE, AGENT GENERALI CHARGÉ DES SUJETS INFORMATIQUES AU SYNDICAT TRIANGL' « Je ne peux plus m'en passer »

« Depuis fin 2011, je peux accéder sur mon iPad à tous les outils Fourmi de Generali. Nous sommes une dizaine à tester ce service, qui devrait être mis en production fin mars. L'accès est beaucoup plus rapide : deux minutes trente avec l'iPad, contre sept minutes trente avec mon ordinateur portable ! Le fait que l'iPad n'ait pas beaucoup de puissance de calcul n'a pas d'importance, car tout se fait sur le serveur de Generali. Même si j'ai parfois des soucis de connexion dans l'arrière-pays niçois, je n'utilise plus mon PC portable en rendez-vous. Je prends des notes directement sur ma tablette avec le stylet. Je l'ai toujours avec moi et je ne peux plus m'en passer. J'aimerais d'ailleurs pouvoir téléphoner avec mon iPad connecté à une oreillette Bluetooth, ce qui me permettrait de ne plus avoir d'iPhone. »

PATRICK CANLAIRE, RESPONSABLE PARTENARIATS ET BANQUES PRIVÉES DE NATIXIS ASSURANCES PARTENAIRES « Un vrai échange »

« L'iPad me permet d'être dans une relation de proximité avec mon prospect, CGP ou banquier privé. J'arrive mieux à capter son attention avec cet outil innovant et original. Je trouve que la teneur de l'entretien est différente. Avec une application développée spécifiquement pour l'iPad, je lui présente nos produits, et à mesure que nous créons son offre, nous faisons glisser dans le panier les éléments qui l'intéressent. Nous ne sommes plus dans un cours magistral, mais dans un vrai échange avec le partenaire : il fait ses choix en direct. Il n'y a plus l'écran du portable qui fait barrière, nous sommes côte à côte. Connecté en 3G, je lui présente en direct les extranets dédiés à nos partenaires, et j'envoie immédiatement aux équipes marketing l'offre que nous venons de construire. »

THIERRY RIUS, COGÉRANT D'AUDE AUTO EXPERTISE « Aller vers le tout-connecté »

« Il y a plus de dix ans que nos experts sont équipés de tablettes pour chiffrer les réparations sur le terrain. Ils y consultent les tarifs, des éclatés de pièces... Cependant, nous sommes obligés d'avoir des tablettes capables de stocker de grosses bases de données. Elles coûtent de 3 000 à 4 000 E pièce. J'aimerais pouvoir travailler directement sur nos serveurs. Nous pourrions ainsi utiliser des tablettes du type iPad beaucoup moins chères et dotées d'une plus grande autonomie. En travaillant en tout-connecté, les rapports seraient disponibles en temps réel, et les courriers pourraient partir avant le retour de tournée des experts. Avant de sauter le pas, il faut que nous soyons certains de pouvoir accéder à un réseau 3G ou Wi-Fi chez tous les réparateurs. »

 

JULIEN MALDONATO, SENIOR MANAGER CONSEIL EN ASSURANCE CHEZ DELOITTE

« La mort programmée des PC portables » « Les assureurs français n'ont pas à rougir face aux assureurs anglo-saxons. Tous ont découvert l'iPad en 2010 et en sont au même stade dans leur déploiement. Le retour sur investissement d'une tablette est compris entre douze et dix-huit mois, en faisant l'hypothèse d'un gain de productivité de 20 à 30 % sur des populations commerciales, alors qu'il dépasse dix-huit mois pour les ordinateurs portables. Ces derniers sont condamnés à deux ou trois ans. Même pour la saisie et la production, les tablettes conviendront. Elles n'ont plus à rougir de leur puissance, et les nouvelles versions, avec l'amélioration de la définition de l'écran et de la reconnaissance vocale, devraient permettre de s'affranchir d'un clavier. »

 

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