[DOSSIER] Les risques aggravés de santé 3/4

Un risque à maîtriser

Si la couverture des risques aggravés de santé est largement pratiquée aujourd'hui par les assureurs, elle n'en exige pas moins une expertise et une gestion appropriées.

La couverture des risques aggravés représente 12,5% de l'ensemble du marché, majoritairement regroupé sur l'assurance emprunteur. April était l'un des premiers à s'y intéresser. Aujourd'hui, la plupart des compagnies d'assurances et des courtiers grossistes ont développé des produits et les adaptent aux risques aggravés moyennant une surprime.

Si une majorité de professionnels reconnaissent que ce type de couverture est profitable à leur image, il n'en nécessite pas moins un véritable investissement. « On ne s'improvise pas assureurs en risque santé. Il faut être en relation avec les réassureurs, avec des courtiers spécialisés, mais également avec les associations de malade », témoigne Bruno Hardy, directeur technique chez Metlife.

Un dossier présentant des risques aggravés (révélés par le questionnaire de santé) s'avère compliqué à gérer. En effet, l'assureur doit respecter le cadre fixé par la convention Aeras, notamment des règles accrues de confidentialité. « Tout est confiné dans une bulle, explique Michelle Fablet, consultante spécialiste des risques aggravés. Le questionnaire médical, envoyé par l'assuré sous enveloppe cachetée, doit être ouvert dans un bureau sécurisé et dédié uniquement aux personnes habilitées. Cette procédure coûte très cher. Il faut réorganiser les bureaux, mettre des cloisons, former les personnes, mettre les dossiers sous clés, etc. »

De « bons » risques

Chaque dossier fait l'objet d'un diagnostic fondé sur les statistiques des réassureurs. « Ils sont notre guide de tarification », souligne-t-on chez Metlife, qui traite 40 000 dossiers dont 15 000 en risques aggravés de santé. Pour évaluer et tarifer les risques aggravés, les assureurs sollicitent généralement l'expertise des réassureurs, davantage habitués aux risques complexes. « Les réassureurs partagent le risque avec les assureurs, explique Ève-Laure Tascon, chez Scor, l'un des sept réassureurs du pool Aeras. L'intérêt est donc de lier leur expertise pour faire la meilleure proposition. » C'est un travail d'équipe. Bien évalués, ces dossiers peuvent être considérés comme de « bons » risques pour les assureurs. « Une personne qui présente un risque de santé aggravé est souvent mieux tarifée qu'une personne en bonne santé apparente, car l'assureur dispose de beaucoup plus d'informations pour évaluer le risque de mortalité et de morbidité, explique Catherine Tchoreloff, directeur médical de Munich Re. Il y a également moins de fausses déclarations pouvant entraîner des nullités de contrat. »

L'offre individuelle d'assurance emprunteur remonte à une quinzaine d'années. Son essor a été renforcé par la loi « Lagarde » en vigueur depuis le 1er janvier 2010 qui permet à tous les emprunteurs de ne pas choisir l'assurance proposée par leur banquier sous réserve de trouver des garanties équivalentes. Par ricochet, la nouvelle législation a permis une meilleure connaissance de la convention Aeras, la délégation d'assurance étant jusqu'alors réservée aux personnes présentant un risque aggravé de santé.

BRUNO HARDY, DIRECTEUR TECHNIQUE DE METLIFE

« Le questionnaire médical, notre marque de fabrique »

« Aujourd'hui, le questionnaire médical est un outil de différenciation indispensable pour les assureurs. Le nôtre fonctionne bien, c'est notre marque de fabrique. Régulièrement, nous faisons des benchmarks des questionnaires présents sur le marché, et nous sommes attentifs aux évolutions de la médecine du point de vue des examens médicaux. En fonction de ces éléments, nous faisons évoluer nos questionnaires. Nous sommes en train d'étudier la question de l'intégration des nouvelles exigences d'harmonisation de la formulation imposées par Aeras 2011, concernant les questions relatives aux interruptions d'activité, au traitement médical, à l'invalidité et à l'allocation adulte handicapé (AAH), ainsi qu'aux affections logues durée (ALD). La mise en oeuvre est progressive et peut se faire au fur et à mesure de la réimpression des questionnaires de santé. La FFSA permet aux assureurs de conserver leur pratiques sur les formulations existantes et plus avantageuses pour les assurés. »

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