[DOSSIER] Dossier spécial Maroc à l'occasion des Rendez-vous de [...] 14/22

Afrique : La nouvelle terre de conquête des assureurs français

Les assureurs français, présents de longue date en Afrique, affirment leur volonté de se développer dans cette région au fort potentiel de croissance. Pour accroître leur position, ils n'hésitent pas à prospecter les pays non francophones. Mais ils devront compter avec les assureurs marocains, bien décidés à s'y faire une place.

À l'heure où les marchés matures d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord sont de moins en moins attrayants pour les assureurs français, ces derniers regardent de plus en plus vers le Sud. Il y a quelques mois, on apprenait ainsi qu'Axa prospectait au-delà de son pré carré francophone, en étudiant la possibilité de créer une compagnie au Ghana. L'assureur français pourrait également se porter acquéreur d'une société au Nigeria cette année. Une autre piste envisagée concerne la conclusion de partenariats avec des groupes bancaires stratégiques en Afrique, afin de développer l'offre assurance.

Le groupe Axa compte bien capitaliser sur sa bonne connaissance du continent. Héritage de la fusion avec l'UAP, la présence du groupe en Afrique s'est recentrée depuis 2004 sur les quatre plus grands marchés de la zone Cima (Conférence interafricaine des marchés d'assurances), à savoir le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Gabon et le Sénégal. Le groupe français y réalise un chiffre d'affaires de 60 M€, uniquement en assurance dommage. Une « paille », évidemment, par rapport au chiffre d'affaires global d'Axa, qui est présent dans 60 pays dans le monde. Pour autant, sur chacun de ses marchés africains, la compagnie affiche une position de numéro un et, surtout, un taux de croissance moyen de 10% d'une année sur l'autre. « Le groupe Axa laisse à ses filiales africaines les moyens de se développer. D'ici à 2015, l'objectif est de multiplier par deux le chiffre d'affaires d'Axa en Afrique », explique Michel Hascoët, PDG d'Axa Maroc. Pour y parvenir, la compagnie mise sur la saturation des marchés sur lesquels elle est déjà présente, mais également sur la croissance externe.

Une rude concurrence

Par ailleurs, selon nos informations, Allianz serait sur le point de se renforcer en Afrique en s'attaquant au marché de l'assurance vie au Ghana, un pays où il s'est installé en 2009, et qui connaît une santé économique florissante. L'assureur allemand, présent depuis cent ans cette année sur le continent africain, détient 15 filiales dans 11 pays différents, essentiellement francophones. Allianz Africa, dont le siège est à Paris, réalise un chiffre d'affaires de quelque 116 M€ chaque année en Afrique. Il est présent sur les différents segments assurance de personne et dommages, pour les particuliers comme les entreprises.

Depuis trois ans, nous regardons l'Afrique de près. Nous croyons à son potentiel de développement.

Ghita Lahlou El Yacoubi, directrice générale du groupe marocain Saham

Le Maroc bien implanté

Mais Allianz comme Axa doivent désormais affronter de nouveaux concurrents, bien décidés à profiter du potentiel du continent africain. Parmi eux, les assureurs marocains. Presque un an jour pour jour après avoir mis la main sur l'assureur panafricain Colina (qui a réalisé un chiffre d'affaires de 120 M€ en 2010), le groupe marocain Saham vient d'annoncer l'acquisition de Global Alliance Insurance (GAI), l'un des principaux assureurs angolais. « Depuis trois ans, nous regardons de près l'Afrique. Nous croyons profondément au potentiel de développement de ce marché », explique, enthousiaste, Ghita Lahlou El Yacoubi, directrice générale du groupe Saham.

Au Maroc, Saham détient la CNIA Saada, premier assureur auto du pays. À l'image du groupe Saham, les assureurs marocains affûtent leurs armes pour prendre position. « En rachetant Colina, le groupe Saham a pris de court plusieurs opérateurs, dont BMCE Bank », confirme, sous couvert d'anonymat, un proche du dossier. La réplique ne s'est d'ailleurs pas fait attendre de la part de Finance Com, dirigé par Othman Benjelloun qui, outre BMCE Bank, détient RMA Watanya, le premier assureur du pays. En 2010, Finance Com a racheté Bank of Africa. C'est justement par le biais de cette filiale, présente dans une quinzaine de pays, que le groupe entend désormais distribuer des produits d'assurance en Afrique. Ceux-ci seront mis au point par Insurance of Africa, une structure panafricaine créée au mois d'octobre 2011.

De son côté, Wafa assurances, deuxième assureur marocain filiale d'Attijariwafa Bank, serait également sur les rangs pour une acquisition, allant même jusqu'à se doter d'une direction de la stratégie et du développement en Afrique. « La prise de participation de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, au tour de table de Saham, à hauteur de 90 M€ pour l'acquisition de Colina, est sans conteste un signe fort donné aux assureurs marocains pour leur expansion sur le continent africain », estime Ghita Lahlou El Yacoubi.

Un relais de croissance qui s'appuie sur les banques

Destiné à accélérer le développement du secteur, le contrat programme signé en mai 2011 entre, d'une part, le ministère de l'Économie et des Finances et, d'autre part, la Fédération marocaine des socié-tés d'assurances et de réassurance (FMSAR), fait du développement à l'international des compagnies l'une de ses mesures phares. « Le marché est suffisamment consolidé et évolue dans un cadre réglementaire abouti. Il est normal que les opérateurs marocains cherchent désormais à se développer au-delà des frontières du pays », insiste Bachir Baddou, directeur général de la FMSAR. L'Afrique subsaharienne s'impose comme le terrain de chasse des assureurs marocains, d'autant plus naturellement que leurs cousins banquiers les ont précédés depuis plusieurs années déjà.

En effet, Attijariwafa Bank, BMCE Bank mais également le groupe Banque populaire ont tissé leur toile sur le continent. « Les banques marocaines qui disposent d'une vision claire de leur développement en Afrique doivent désormais être un relais sur le continent pour leurs filiales d'assurances », poursuit Bachir Baddou.

Le secteur des assurances en Afrique présente, il est vrai, un potentiel de développement énorme si l'on considère son taux de pénétration : 1% à peine dans certains pays de l'Ouest et du Centre !

LES CHIFFRES

  • 36,6 Md€ le montant global des primes en Afrique en 2009, soit 1,2% du marché mondial de l'assurance.
  • 24,1Md€ La part des primes en vie dans l'assurance du continent, soit 66%.
  • 12,5 Md€ La part des primes en non-vie, soit 34%.
  • 3,3% du PIB, c'est ce que représentent les cotisations totales émises en Afrique en 2009.
  • 1,09 Md€ Le montant des primes directes collectées (vie et non-vie) par les pays de la zone Fanaf*, en hausse de 6,5%. [* Cette zone regroupe 16 pays : Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Niger, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo.]
  • L'Afrique du Sud représente 90% des volumes de primes vie en 2009, et 50% des primes non-vie du continent africain.
  • En 2009, les cotisations totales (vie et non-vie) accusent une forte chute en Afrique (- 11,1%). En cause, le recul du marché en Afrique du Sud (- 16% pour les primes vie). Les primes en non-vie ont enregistré une croissance de 0,4%, après une progression de 4,6 % en 2008.

KAMAL MOKDAD, EXECUTIVE PARTNER EN CHARGE DES SERVICES FINANCIERS, CABINET DE CONSEIL MAZARS MAROC

« Le continent s'engage dans une dynamique de croissance »

  • Comment se caractérise le marché de l'assurance en Afrique ?

L'Afrique représente 1% du marché mondial de l'assurance. Si l'on considère strictement les chiffres, il s'agit donc d'un marché complètement marginal et également hétérogène, puisque l'Afrique du Sud contribue à 90% du marché de l'assurance sur le continent, bien loin devant le Maroc ou l'Égypte. Pour autant, le continent s'est engagé dans une dynamique de croissance. Des secteurs importants de l'économie ne sont pas suffisamment couverts par les produits d'assurance, notamment l'agriculture. Les réseaux de microfinance ont fait leurs preuves et pourraient être un levier important pour développer des produits de micro-assurance. Par ailleurs, en l'absence de filets sociaux significatifs, plusieurs formules en assurances des personnes pourraient tirer le marché vers le haut.

  • Les assureurs internationaux prennent position. Ont-ils plus de chance de réussir que d'autres ?

Le marché reste ouvert à tous. À condition de proposer des produits adaptés, y compris en matière de tarification. Pour autant, les opportunités d'acquisition sont peu nombreuses. Dans ce contexte, le développement de partenariats est riche de sens. En matière de conception de produit et d'expertise, les assureurs internationaux ont beaucoup de choses à transmettre.

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