Impacts et enjeux de la réforme des retraites

Adoptée le 9 novembre 2010, la réforme des retraites a fait l'objet d'un intéressant débat entre assureurs, intermédiaires et institutions de prévoyance, dont les intérêts, donc les positions, divergent sur le sujet. Toutefois, tous s'accordent pour réclamer des incitations publiques nouvelles.

Chaque année, les pouvoirs publics versent 13% du PIB aux retraités (275 Md€ en 2010), a rappelé Jean-Charles Naimi, de l'Agefi actifs, en guise d'introduction. Si aucun des participants n'a remis en cause la nécessité de réformer le système, compte tenu de l'évolution démographique et de l'allongement de l'espérance de vie, chacun a défendu des intérêts différents, parfois divergents.

Épargne individuelle « contre » socle collectif

Ainsi, du côté de la FFSA, son délégué général, Jean-François Lequoy, a précisé que « les assureurs ont rappelé aux pouvoirs publics qu'ils ont un rôle à jouer pour inclure dans le texte final des dispositions sur l'épargne retraite ». Et d'ajouter : « Avec des encours, fin 2009, à 125 Md€, contre 1 300 Md€ pour l'ensemble de l'assurance vie, la marge de progression de l'épargne retraite est encore large. Nous avons donc fait des propositions pour en favoriser le développement. Elles ont été suivies dans leur majorité. » Pour le directeur des assurances de risques d'AG2R-La Mondiale, Pascal Broussoux, « en encadrant mieux l'information que l'assureur doit fournir à l'assuré, la réforme permettra la réduction de l'"effet tunnel" et une meilleure prise de conscience de l'intérêt de se constituer au plus tôt une retraite supplémentaire, au moyen d'incitations nouvelles, comme la sortie anticipée du capital sur les Perp ».

Pour les institutions de prévoyance, le directeur prévoyance et retraite supplémentaire du CTip, Bertrand Boivin-Champeaux, estime que « la loi "Fillon " 2010 a renforcé la lisibilité sur le socle que peut apporter le contrat collectif en entreprise dans un parcours professionnel, notamment via les rentes. En outre, nous sommes satisfaits que la portabilité du contrat soit désormais possible, grâce à des abondements individuels en cas de sortie de l'entreprise ».

Un surcoût non anticipé du côté de la prévoyance

Côté courtiers, la directrice des assurances de personnes du cabinet Diot, Anne André, s'est félicitée de la possibilité pour les salariés de transférer des jours de congés sur des Perco et des « article 83 », sous réserve de l'accord de l'entreprise, « leur offrant ainsi des perspectives de financement d'un salaire différé ». En revanche, elle est apparue très « remontée » sur le volet prévoyance de cette réforme qui, en faisant passer l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, rallonge d'autant la durée de versement des prestations incapacité et invalidité. Un surcoût et un provisionnement évalué à 4 Md€, « que l'État n'avait pas clairement anticipé, et dont les assurés ne doivent pas faire les frais ». Pascal Broussoux a confirmé que la profession était dans l'attente du montant des indemnités de résiliation, source de conflit entre les intermédiaires et les assureurs. En revanche, l'évolution de la taxation concernant l'« article 39 » suscite un total consensus : « Il y a eu maldonne de s'attaquer à ce contrat. Les associations de retraités sont en pleine contestation. »

Enfin, partant du constat que le taux de remplacement du salaire moyen devrait être de seulement 48% en 2040, contre 69% aujourd'hui, le directeur général de l'UMR, Charles Vaquier, a estimé que « la réforme avait fait ressortir à la fois l'utilité sociale de la retraite supplémentaire, face au risque de paupérisation des retraités, mais aussi son utilité économique, en participant sur le long terme au financement de l'économie. Avec une espérance de vie à la retraite de plus de vingt ans, qui peut se targuer de pouvoir gérer un capital sur autant d'années ? Même s'il faut l'aménager, la rente viagère est bien la meilleure garantie contre la lapidation du capital retraite. Il en va de notre responsabilité civique et sociale ».

Les chiffres :

En 2010, le budget de l'État consacré aux retraites a atteint 275 Md€, soit 13% du PIB.

L'espérance de vie à la retraite se situe entre 15 et 25 ans, contre 10 à 15 ans en 1980.

85% des revenus des retraités sont assurés par le régime obligatoire par répartition.

En 2040, le taux de remplacement du salaire moyen sera de 48%, contre 69% aujourd'hui.

Sources des chiffres en exergue : Insee-étude Allianz.

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