L'assurance tempête européenne vers plus de transparence

Les sinistres de grande ampleur sont source de problèmes récurrents pour l'assurance. Les modèles de risque sur lesquels reposent les tarifs et la gestion des risques des assureurs ne correspondent pas suffisamment à la réalité. Les surprises sont fréquentes. Les tempêtes hivernales Martin et Lothar de décembre 1999, les attentats terroristes de septembre 2001 ou encore le cyclone tropical Katrina de 2005 n'en sont que quelques exemples. Les prévisions liées à la nature et à l'ampleur de la perte marché se sont révélées inexactes pour chacun de ces cas. S'agissant des modèles de risque, la prudence reste donc de rigueur, même si leur validité est vérifiée régulièrement et s'ils sont remaniés en fonction de chaque nouvelle « surprise ».

Perils, une initiative de l'industrie européenne de l'assurance

Comment contrôler la fiabilité de ces modèles dans de telles conditions ? Et que faire lorsque les résultats livrés par les différents modèles divergent fortement ? En fin de compte, les données tangibles restent le seul moyen de contrôle véritable. En effet, seules des données réelles reflètent précisément la situation en matière de sinistres. Mais de telles données indispensables aux assureurs manquent, notamment celles concernant la granularité.

À combien se montait par exemple le sinistre de la tempête Xynthia, s'agissant des risques assurés pour l'agriculture en France ? Et quelle est la perte marché engendrée par l'ouragan Kyrill à Berlin ? Sans données tangibles, les concepteurs de modèles doivent travailler sur celles qui sont livrées par les grands réassureurs comme Munich Re ou Swiss Re. Ces derniers ne publient le plus souvent que le montant global des pertes assurées pour chaque sinistre, sans fournir de détails, comme les chiffres par pays, par région, voire par lieu sinistré. Les évaluations permettant d'établir les modèles les plus courants pour les catastrophes naturelles se basent sur ces données générales et imprécises.

Cette situation insatisfaisante est à l'origine de la création de Perils, une initiative de l'industrie européenne de l'assurance. Suite aux divergences constatées entre les différentes évaluations réalisées dans le cadre de la tempête Kyrill, en 2007, les Chief Risk Officers de plusieurs compagnies d'assurance numéros un en Europe ont décidé de créer une société dont le but est de fournir des données agrégées d'exposition et de sinistres pour le risque d'événement naturel en Europe.

Depuis le début de l'année 2009, après un sinistre important, Perils, lancée par neuf représentants de l'industrie européenne de l'assurance, recueille systématiquement les données concernant les dommages auprès d'une soixantaine d'assureurs directs dans neuf pays européens. Ces informations sont exploitées pour calculer par extrapolation la perte marché en dommage et dans des zones géographiques prédéfinies (zones Cresta, qui, en France, correspondent aux départements).

Perils recueille en outre les données d'exposition tempête et établit un portefeuille d'exposition marché selon la même méthode. Ces informations représentent une nouvelle base pour la validation des modèles de risque et déboucheront sur une évaluation, ainsi que sur une tarification réaliste du risque tempête. Or, il est urgent d'agir en ce sens.

Des données conformes aux nouvelles directives de Solvabilité 2

Les modèles commerciaux d'évaluation des sinistres tempête sont fréquemment utilisés pour définir les besoins en réassurance par rapport aux risques. Mais comment décider de l'achat d'une couverture de réassurance si un modèle indique un besoin en couverture de 50 ME pour faire face à un sinistre tempête dont la récurrence est de deux cents ans alors qu'un autre modèle évalue le même risque à 100 ME ? De telles divergences ne sont pas rares entre les différents modèles les plus courants. Ceci n'est pas seulement le cas en France, mais bien sur tous les autres marchés européens concernés. Les souscripteurs de réassurance ont dû apprendre à s'en contenter. Mais la situation reste très insatisfaisante. Les nouvelles données sur les sinistres et les expositions livrées par Perils sont gages d'une amélioration pour l'industrie de l'assurance.

Les estimations des modèles sur les dommages aux bâtiments, en pourcentage de la somme assurée pour une vitesse de vent donnée, peuvent être testées avec des données réelles. Avec le temps, les modèles élaborés pour les tempêtes devraient fournir une évaluation plus réaliste et plus substantielle du risque tempête puisqu'ils reposeront sur des données tangibles. Ceci serait à l'avantage de tous les acteurs du marché et conforme à l'esprit des nouvelles directives de Solvabilité 2 en matière de transparence entre les fonds propres et les risques encourus.

Les données peuvent également être exploitées pour l'analyse d'un portefeuille d'assurance dommage, ne serait-ce que pour définir la part d'exposition par zone géographique. Une comparaison avec les autres sinistres survenus dans la même zone géographique peut mettre à jour certains avantages et inconvénients territoriaux au sein du portefeuille d'assurance. Ainsi, la part d'exposition dans une zone peut être de 5 %, mais de 10 % en ce qui concerne la part des sinistres. Pourquoi ? Cette zone présente-t-elle une plus grande vulnérabilité au risque dans le portefeuille ? Existe-t-il des problèmes liés au règlement des sinistres ? Ces questions amènent alors la suivante : la prime correspond-elle vraiment au risque ? Ces constatations et les nouvelles qui suivront peuvent être faites à partir des données marché. Elles permettent une optimisation du portefeuille à grande échelle.

De plus, une transparence accrue entraînera une augmentation des liquidités pour le risque tempête en Europe. Sur le marché global de la réassurance et de la rétrocession, les couvertures qui se basent sur une perte marché sont courantes. À cause d'un manque d'alternatives fiables, la seule source de données liées à la perte marché en Europe restait jusqu'à présent les évaluations des grandes compagnies de réassurance et d'assurance.

Plus de liquidités pour supporter les sinistres

En plus du manque de précision de ces évaluations, les conflits d'intérêts représentent également un problème de taille puisque les évaluateurs sont aussi les intervenants les plus importants sur le marché. Pour cette raison, et avant la création de Perils, il n'y avait donc pas en Europe de titrisation du risque d'événement naturel basée sur la perte marché.

En tant que collecteur indépendant de données, Perils est à même de résoudre ce problème. Depuis sa création, plus de 400 M€ de couverture tempête ont été souscrits sur la base des informations de perte marché fournies par Perils. Cette capacité supplémentaire résulte d'une plus grande transparence. Elle permet à l'industrie de l'assurance de mieux supporter les sinistres de grande ampleur grâce à des liquidités plus importantes.

Les marchés européens de l'assurance apprécient la plus-value apportée par l'accroissement de la transparence. En se référant au montant des primes dommages, plus de 50 % du marché européen soutient l'initiative de Perils depuis la création de la société en janvier 2009.

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