La plate-forme EDIcourtage est sur la rampe de lancement

La plate-forme EDIcourtage est sur la rampe de lancement
Philippe Saby, directeur du courtage de Generali France
La plate-forme EDIcourtage est sur la rampe de lancement
François Chabal, président de Léon Cogniet conseil
Les négociations vont bon train entre la Chambre syndicale des courtiers d'assurances (CSCA) et les assureurs. Si le volet technique est achevé, il reste à régler un volet plus politique : la gouvernance de la plate-forme.

Rome ne s'est pas faite en un jour. EDIcourtage non plus ! Ce projet de plate-forme, qui permettra notamment aux courtiers de ne plus avoir à ressaisir dans leur système informatique les données qu'ils ont rentrées sur les extranets des compagnies, occupe depuis plusieurs années déjà la Chambre syndicale des courtiers d'assurances (CSCA).

Au cours des trois derniers mois, les négociations entre les cinq assureurs bêta-testeurs et la CSCA se sont accélérées. Les discussions ont quitté les aspects techniques pour passer sur un plan beaucoup plus politique...

Les derniers réglages politiques

Propriétaire à 100% de la plate-forme, où elle a investi plus de 400 000€, la CSCA souhaite ouvrir rapidement le service. Encore faut-il se mettre d'accord avec les compagnies. En effet, avant de conclure le volet contractuel, les assureurs veulent avoir leur mot à dire sur la gouvernance de la plate-forme. Courant mai, le président de la chambre, Dominique Sizes, a rencontré les responsables de chaque compagnie d'assurances. Il leur aurait proposé, notamment, la création d'un comité paritaire qui déciderait des évolutions de la plate-forme. Les compagnies ne semblent pas se satisfaire de ce mode d'organisation. Certaines souhaiteraient entrer au capital de Netproassur, la société chargée de l'exploitation de la plate-forme.

C'est la dernière ligne droite, chacun s'active pour trouver une solution jugée satisfaisante par tous d'ici au congrès de la CSCA, à Nantes, les 16 et 17 juin, où le coup d'envoi officiel de la plate-forme sera donné. Vu l'énergie et le temps que toutes ont consacré au projet, on imagine mal que les parties prenantes ne trouvent pas un terrain d'entente.

Cependant, en cas d'impasse, chaque compagnie peut très bien décider d'utiliser la norme sur sa propre plate-forme. Ce serait d'autant plus dommage, que, techniquement la plate-forme commune a démontré qu'elle fonctionnait. Ainsi, Gan Eurocourtage a effectué avec succès les premiers échanges en production sur les termes de mai et de juin avec la majorité des courtiers bêta-testeurs. « Tous les autres assureurs sont prêts et attendent le feu vert de leur direction », précise Laurent Perret, le nouveau président du Getic, la commission informatique de la CSCA. L'objectif de la chambre est de faire adhérer le maximum de courtiers. Car il faut générer du volume pour financer les coûts d'exploitation de la plate-forme (hébergement, maintenance...) et obtenir les tarifs les plus attrayants possibles.

Pour les assureurs et les courtiers, il y a un intérêt très fort à utiliser cette plate-forme, sur les plans aussi bien économique que du métier. Toutefois, aujourd'hui, le vrai sujet, c'est la gouvernance ! Le dossier technique est réglé : des tests ont été faits et démontrent que la plate-forme fonctionne. Je ne doute pas que nous trouvions une solution pour le budget de fonctionnement, mais, avant, les assureurs et la CSCA doivent s'accorder sur un mode de gouvernance qui soit équilibré pour tous. Sinon, nous serons contraints d'aller vers des solutions alternatives. Ce serait réellement dommage, car un très beau travail technique a été réalisé.

Philippe Saby, directeur du courtage de Generali France

Amorcer la pompe avec les 100 pionniers de Mailmax 

C'est pourquoi, lors du congrès de la CSCA, la plate-forme aura le plus gros stand. « Nous allons créer des codes d'accès pour que chaque courtier et éditeur qui souhaite tester la plate-forme puisse le faire », ajoute Laurent Perret, qui se dit prêt à prendre les premières adhésions. Par ailleurs, Netproassur a envoyé un courrier à la centaine de courtiers utilisant le service Mailmax (ancêtre de la plate-forme EDIcourtage) pour récupérer les termes des contrats afin de leur rappeler que ce service allait fermer fin septembre, et pour les inviter à basculer sur EDIcourtage. Ces courtiers, dont la majorité figure parmi les cent premiers, constituent une importante source de trafic. Indépendamment de ce courrier, « alors que nous n'avons pas communiqué, une vingtaine de courtiers m'ont fait parvenir une demande d'adhésion à fin mai », précise Jean Bargibant, administrateur de Netproassur et responsable informatique de Verspieren.

Messieurs mes confrères, allez-y les premiers

Cependant, les petits et moyens courtiers vont-ils adhérer, sachant que la moitié ne dispose pas d'outils informatiques ? Sont-ils assez informés ? Pour s'en assurer, Thélem assurances, qui souhaite échanger sur la plate-forme d'ici à fin 2012, a envoyé un questionnaire à tous ses courtiers (plus de 200) à la mi-mai. Sur la quarantaine qui a répondu une semaine plus tard, « 55% se disent prêts à adhérer à EDIcourtage, 20% sont indécis et 30% ne sont pas intéressés, mais souvent par manque d'information », analyse le directeur du courtage de l'assureur, Dominique de Bennetot.

Ces résultats sont encourageants, mais ils doivent être tempérés. En effet, nombreux sont les courtiers qui partagent la position d'Henri Huet, dirigeant du cabinet de courtage francilien Assurama (6 personnes) : « Avant d'y aller, je préfère attendre d'avoir l'opinion des premiers courtiers qui vont utiliser EDIcourtage. L'idée est intéressante, mais je n'adhérerai que si je suis certain que tout fonctionne. Je ne veux pas y passer trop de temps. » Reste donc à amorcer la pompe...

2 QUESTIONS À François Chabal,président de Léon Cogniet conseil : « À terme, les compagnies demanderont aux courtiers d'utiliser la plate-forme »

  • Pourquoi la gouvernance est-elle au coeur des négociations entre la CSCA et les assureurs ?

Les compagnies souhaitent s'assurer que des modifications de la plate-forme ne pourront être effectuées qu'à la suite d'une décision collégiale. En effet, il existe un risque que la plate-forme et la norme évoluent vers d'autres fonctionnalités que celles pour lesquelles elles étaient conçues à l'origine. Par exemple, les compagnies peuvent craindre que la plate-forme ne décide un jour d'intégrer un comparateur. Probablement, elles souhaitent également avoir un droit de regard sur les compagnies qui adhéreront, afin d'éviter que des assureurs un peu exotiques, non implantés sur le marché français, puissent utiliser trop facilement le système.

  • Les assureurs vont-ils utiliser la plate-forme ?

Les compagnies ne l'ont pas encore nécessairement compris, mais, à terme, ce sont elles qui préféreront demander à leurs courtiers de passer par la plate-forme EDIcourtage, si elle devient effectivement la norme. En effet, avec Solvabilité 2 notamment, elles ont des obligations de traçabilité des informations, de gestion des risques... Ainsi, elles devront connaître les engagements que vont prendre leurs courtiers. Utiliser une norme et une plate-forme permettant d'automatiser les échanges devient alors vital. En utilisant la norme de la profession et sa plate-forme, les compagnies faciliteront le travail du contrôleur, qui connaîtra déjà l'outil, ce qui lui épargnera l'audit d'un système propriétaire.

EDICOURTAGE EN BREF

La norme : Elle a été conçue conjointement par la Fédération française des sociétés d'assurances et la CSCA. Elle porte sur toutes les informations administratives et comptables échangées entre assureurs et courtiers pour la production, la gestion des sinistres et la comptabilité. En automatisant les échanges, elle évite les doubles saisies.

La plate-forme : Conçue et financée uniquement par la CSCA, elle a pour but de transporter les messages à la norme EDIcourtage échangés entre les assureurs et les courtiers.

Les bêta-testeurs :

  • Les assureurs : Allianz, Axa, Covéa Fleet et Covéa Risk, Gan Eurocourtage et Generali.
  • Les courtiers : Assurances et Conseils, Groupe Satec, Kohler assurances, Marsh, OMA, Suisscourtage et Verspieren.
  • Les éditeurs : IGA, GT Informatique et Ad'hoc et Leader informatique.

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