Bernard Louvet : Un ingénieur BTP bétonne l'Auxiliaire

Envie de faire autre chose : voilà ce qui a conduit Bernard Louvet à quitter le milieu du béton armé pour épouser le monde de l'assurance. " Je terminais un chantier au CHU de Poitiers. À cette époque, les compagnies recrutaient des spécialistes. Alors je suis entré aux Mutuelles du Mans ". Il y passera vingt-trois ans. Embauché par Charles Verner-Skrynsky, l'actuel patron de la réassurance, il devient un spécialiste du risque entreprise. Le métier ? Il le trouve passionnant, enrichissant : de quoi sortir une fois pour toutes du gros oeuvre.

Breton, né dans une vieille famille de Cancale, il est le descendant d'une longue lignée de marins. Et comme tous les hommes de la mer, Bernard Louvet aime le tangage. Il se jette dans des études d'ingénieur sans penser qu'elles le mèneront aussi loin : d'abord à la tête de la direction entreprise de MMA, puis à la direction générale de L'Auxiliaire, l'assureur des bâtisseurs.

Ce fondu de voile - il a été un fidèle participant de la course de " L'Argus " - sait que pour avancer, rien ne sert de s'agiter : hisser le grand foc et le spi demande une bonne manipulation des cordages et des petites voilures. Mieux : avant de prendre le poste de capitaine, il est préférable d'avoir essuyé toutes les tempêtes. Bernard Louvet est donc, on l'aura compris, homme de poigne. Et il en faut pour prendre la barre de cette compagnie, L'Auxiliaire, que certains pouvaient estimer moribonde il y a encore deux ou trois ans. " Être directeur général, c'est être confronté à tout : aux clients, au conseil d'administration et aux collaborateurs ", confie-t-il.

Lorsque Bernard Louvet prend ses fonctions à L'Auxiliaire en 2000, le navire prend l'eau et il faut éponger les dettes. Le chantier s'annonce important, mais il n'a pas de quoi effrayer un bétonneur : " Il fallait restructurer le service production des sinistres pour lui permettre d'être plus autonome. Je souhaitais que chacun se sente plus responsable, avec un fonctionnement moins administratif. Il était nécessaire de rompre avec cette habitude qui voulait que tous les courriers transitent par la direction. " En moins de deux ans, le bateau est remis à flots. L'équipage de 170 personnes parvient à rééquilibrer le portefeuille. Les fonds propres sont réalimentés et les sociétaires rassurés. Le navire peut même envisager de repartir au long cours, désormais configuré pour affronter courants et vents de haute mer. " Nous voulons nous donner les moyens de nous développer dans la durée ", affirme Bernard Louvet qui consacre aussi des moyens en interne, en offrant aux salariés des conditions de travail modernes. Il a mis en place un intéressement et un accord d'épargne entreprise. Parce que pour être un capitaine heureux, il faut d'abord que ses matelots le soient.

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