Anne André (Henner) : Sous le signe de l'humanité

Anne André (Henner) : Sous le signe de l'humanité
Anne André Directeur général délégué, business unit conseil, groupe Henner

Elle a commencé en vendant de l’informatique à des acteurs de l’assurance. Aujourd’hui, Anne André est passée du côté de ses anciens clients.

Sa voix est douce, son débit maîtrisé. Mais Anne André se décrit comme une femme directe et déterminée. « Quand j’ai un objectif, en général, je l’atteins », remarque-t-elle. Professionnellement, elle a toujours su ce qu’elle voulait faire et elle y est parvenue en accédant au poste de directeur général délégué du courtier spécialiste de l’assurance de personnes, le groupe Henner.

« Un produit de la méritocratie française »

Pour autant, Anne André n’oublie pas d’où elle vient. « Au début du XXe siècle, mes arrière-grands-­parents vivaient dans des conditions modestes. Je suis un vrai ­produit de la méritocratie française », confie celle qui a grandi à Versail­les (Yvelines). Alors que les filles de son âge s’imaginent devenir infirmière ou institutrice, enfant, elle ne pense qu’à « travailler dans les affaires ». Au collège, à ­l’h­eure où se pose la question de l’orientation, sa mère lui parle d’une école qui vient d’ouvrir aux filles… HEC. Sa voie était alors toute ­tracée. Quelques années plus tard, la jeune femme intègre la prestigieuse école de commerce.

À 22 ans, diplôme en poche, Anne André est recrutée par IBM comme ingénieur d’affaires. « Je vendais de l’informatique aux assureurs », résu­me-t-elle. Onze ans ­plus tard, son dernier client, ­Mornay, lui ­propose un poste de directeur de l’organisation des systèmes d’information. « C’était assez atypique. Je n’avais pas 40 ans, j’étais une femme, sans compétence purement technique, à la tête du service informatique d’une importante caisse de retrai­te », raconte-t-elle. Dans cet univers masculin, cette mère de deux enfants s’est imposée et a déployé un nouveau système ­d’information avant de prendre la direction du développement.

En 2002, le relationnel lui manque. Elle entre alors chez Aon en tant que directeur général des assurances de personnes, puis, sept ans plus tard, chez Diot avant d’être débauchée en 2015 par son actuel employeur, le groupe ­Henner. « J’ai commencé par ­diriger le département de la collective France (NDLR : contrats pour les entreprises de plus de cinquante personnes), décrit-elle et aujour­d’hui mon périmètre s’est élargi à la zone Europe et à la direction du département santé ».

Et de ­préciser : « L’ADN du groupe Henner, c’est avant tout la qualité de la relation client et un sens aigu du service. Une vision que je partage et que j’applique au quotidien dans ma façon d’accompagner les entreprises françaises ou européen­nes dans leur politique de protection sociale ».

SON PARCOURS

  • Son âge 56 ans
  • Sa formation HEC
  • Sa fonction Directeur général délégué, business unit conseil, groupe Henner

« Il y a un supplément d’âme dans ce métier »

Animée par la vente et le challenge, la femme de 56 ans a aujourd’hui réalisé le souhait de l’adolescente qu’elle était. Elle aurait pu « faire des affaires » dans n’importe quel secteur. Mais c’est dans la pro­tection sociale et le B to B qu’elle s’épa­nouit. « In fine, en santé comme en prévoyance, il s’agit de permettre à des personnes de se ­prémunir face aux aléas de la vie. Il y a un supplément d’âme dans ce métier. » Un écho à son éducation humaniste et son goût prononcé pour les arts, l’opéra, l’histoire et des valeurs telles que la bienveillance. « Et de la bienveillance, il faut en avoir quand on met en place des frais de santé afin qu’une personne soit bien soignée ». Alors évidemment, Anne André croit encore à la place de l’humain dans cette profession. « Même si les données sont de plus en plus ­poussées, je ne pense pas qu’on remplacera un jour la sensibilité, l’intelligence humaine par de l’in­for­matique. Il faudra du temps avant que l’intelligence artificielle intègre toutes les composantes techniques d’une tarification ou encore la manière dont une entreprise gère sa relation avec ses salariés », don­ne-t-elle en exemple avant de conclure : « Le courtage est une pratique ancestrale : mettre en relation des acheteurs et des vendeurs, l’humanité en aura toujours ­besoin ! »

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