Béatrice Résillot, directrice générale de Dynaren Assistance : plus forte la vie

Béatrice Résillot, directrice générale de Dynaren Assistance : plus forte la vie
Béatrice Résillot, directrice générale de Dynaren Assistance

Marquée par un drame, cette Lyonnaise a trouvé dans la philo, le monde associatif et une nouvelle aventure professionnelle les ressources pour se reconstruire.

Il est des souffrances impénétrables que l'oeuvre du temps n'efface jamais totalement. Avec pudeur et retenue, Béatrice Résillot a accepté de revenir sur le drame de son existence, de ceux qui laissent des traces indélébiles : la perte d'un enfant. Il y a quatre ans, son fils Baptiste disparaissait tragiquement dans un accident de moto. Il avait 23 ans. Un monde s'est écroulé. Depuis ce jour où tout a basculé - le premier jour du reste de sa vie - Béatrice s'est accrochée, relevée, reconstruite, réinventée.

SON PARCOURS

  • Son âge 53 ans
  • Sa formation Licence de sciences économiques Admission parallèle à HEC
  • Sa fonction Directrice générale de Dynaren Assistance (groupe Polyexpert)

Défricher le terrain et les idées

D'abord, professionnellement. Elle quitte Kouro Sivo, une agence parisienne de marketing opérationnel où elle était installée depuis une quinzaine d'années pour renouer avec ses racines lyonnaises. C'est à ce moment précis que débute l'incroyable aventure de Dynaren Assistance, société spécialisée dans la réparation en nature. Grâce à une rencontre, celle de Nicolas Daumont, le président de Camif Habitat, dont la société avait noué, à l'époque, un accord de coentreprise avec Polyexpert.

«Je devais le rencontrer le jour de l'enterrement de mon fils, le rendez-vous a été décalé. Il cherchait alors des managers. Il m'a parlé de ce projet autour de la réparation en nature, à l'époque très hypothétique, car largement méconnue des assureurs.» Sans réfléchir, Béatrice Résillot décide de se lancer. «J'étais tellement dévastée par la mort de Baptiste qu'il me fallait un nouveau départ, avec la possibilité de redémarrer à Lyon et de retrouver mes deux autres enfants.» Les statuts de Dynaren Assistance déposés en novembre 2010, le projet incertain devient réalité. «Nous démarrions certes avec des moyens limités, mais cela ne m'affolait pas particulièrement de devoir constituer des réseaux en peu de temps avec une équipe restreinte, qui, d'ailleurs, provenait à 80% de Kouro Sivo. Cela a été un immense bonheur. Ils ont accepté sans même savoir dans quelle aventure je les embarquais.»

Sa reconstruction est aussi passée par la philosophie et la religion, les ciments de son optimisme depuis une vingtaine d'années. Elle suit régulièrement les cycles de conférences du Collège supérieur de Lyon animés par Jean-Noël Dumont, agrégé de philosophie. L'occasion d'interroger les concepts, de réfléchir et de débattre : «Prendre son temps, est-ce le perdre ? Avez-vous raison d'exiger toujours des raisons ? L'autonomie, est-ce un mythe ? La foi, est-ce un aveu de dépendance ?» C'est bien de «remettre de l'humain au coeur de la réflexion» qui intéresse celle qui part en croisade pour la reconnaissance de la philosophie à sa juste valeur. «C'est un côté idéaliste qui me va bien.»

Le meilleur d'une femme au service de l'humain

Cette fureur de vivre, Béatrice Résillot la trouve dans le goût des autres. Elle participe aux actions de l'ONG Soroptimist, un mouvement international caritatif qui réunit des femmes actives. «Son objectif est d'améliorer la condition des femmes et des enfants dans le monde, en particulier partout où l'accès à l'éducation n'est pas évident. Je me souviens de grandes campagnes de collecte de fonds pour un orphelinat de Madagascar.»

Puis intervient le changement de cap. En 2012, elle quitte Soroptimist pour un petit club de gymnastique volontaire d'un quartier lyonnais. Moins édifiant, moins emblématique, mais qu'importe. «Je me suis rendu compte de l'importance que cela avait au plan social. Pour une proportion non négligeable des membres de l'association, la pratique hebdomadaire de la gymnastique constitue la seule occasion de rencontres et de sociabilité. On n'imagine pas l'isolement des personnes dans les villes», explique Béatrice Résillot.

«J'ai reconnu le bonheur au bruit qu'il a fait en partant», écrivait Jacques Prévert. Pourtant, la poursuite du bonheur n'est pas une quête insensée pour peu que l'on admette qu'il soit aussi indomptable qu'apprivoisable.

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