Ludovic Sénécaut, président du directoire d'Euler-Hermes Sfac : chef de nage.

À 39 ans, le nouveau président du directoire d'Euler-Hermes Sfac a déjà modélisé des freins à disque de moto, manié la pelle d'aviron, travaillé sur la privatisation de Gaz de France et participé au sauvetage de France Télécom.

Dès le départ, son ambition était d'être ingénieur. Un choix classique pour ce matheux qui a suivi la voie royale : bac scientifique, prépa au lycée Louis-le-Grand à Paris, Polytechnique et Ponts et Chaussées. Il a pourtant un temps pensé à la recherche en chimie, mais la pratique le laisse de glace. À Polytechnique, il travaille d'abord sur la modélisation des freins à disque de moto et sur la pelle d'aviron. Ça commence fort.

Ce qui étonne le plus chez Ludovic Sénécaut, c'est la manière dont il égrène toutes ses années plutôt chargées : « Je travaillais raisonnablement et participais en parallèle aux compétitions d'aviron. » Ludovic Sénécaut est de la race des endurants, un coureur de fond méthodique qui ne se laisse pas dévier de sa route. Une maîtrise qui lui vient aussi de sa pratique de l'aviron. « C'est à la fois physique et très technique. Ça requiert une parfaite synchronisation dans le maniement de la pelle. Plus on est nombreux sur un bateau, plus cette synchronisation est difficile à obtenir. Mais quand on l'atteint, le rythme se transforme en musique, accompagnée par le chant de l'eau le long de la coque du bateau. J'étais chef de nage, ce qui me permettait d'entendre et d'apprécier pleinement ce chant. »

Chef de nage donc, l'image sied tout autant à la suite de son parcours. À l'École des ponts, il suit des cours de béton, et apprend à dessiner des ponts. « J'avais envie de construire des bâtiments. » Il passe quatre mois dans une direction départementale de l'Équipement (DDE) en Île-de-France et s'occupe de la construction de collèges. À la fin de son stage, on lui annonce qu'il n'y a plus une seule DDE en France qui construit des bâtiments. On lui suggère alors les routes. Pas vraiment sa tasse de thé. Que faire ? Il charge donc la barque en suivant tous les cours possibles pour trouver une autre voie.

Il entre alors en 1995 chez Indosuez au financement de grands projets pour son stage de dix mois. « Ça m'a énormément plu. J'étais en première ligne. » Il prolonge alors de six mois, puis est démarché par la direction du Trésor, qui lui propose la tutelle financière de la Coface. Il refuse. Se libère le poste d'adjoint au chef de bureau chargé des relations bilatérales avec les pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, qui le « conduit à voyager dans les pays de la zone, à négocier des prêts avec leurs autorités ». Mais, deux ans plus tard, il faut changer, c'est la règle à Bercy. « Une erreur, car on maîtrise alors pleinement son sujet. »

Les postes vacants sont publiés et il faut faire deux voeux. Le premier souhait de Ludovic Sénécaut est exaucé. Il est nommé adjoint au chef du bureau chargé des entreprises publiques des secteurs de l'énergie, des télécommunications et des matières premières. « L'objectif était de gérer les entreprises publiques dans une approche patrimoniale, se traduisant parfois par une mise en Bourse. Des sociétés extrêmement intéressantes, où l'intervention de l'État est justifiée. J'étais ravi, sentiment renforcé avec le projet de privatisation de Gaz de France. » Un dossier qui l'occupe presque jour et nuit, week-end compris. Mais après le sauvetage de France Télécom, il décide de raccrocher. « Je n'ai pas cru que l'État mènerait rapidement à bien la réforme du système de retraite des fonctionnaires. J'ai donc décidé de transmettre le dossier et de passer à autre chose. »

Il rejoint alors Euler-Hermes Sfac en 2007 comme directeur des opérations, avec sous sa responsabilité, notamment, le développement international. « Quand j'y suis arrivé, j'ai découvert une société qui fonctionnait avec des horaires compatibles avec une vie sociale et personnelle, ce n'était pas le cas à Bercy. » Depuis, il mène encore la barque : « Un président, c'est celui qui donne le la, ce qui n'est pas le cas même quand on est membre du directoire. » Chef de nage en somme.


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