Alain Bazot (UFC Que Choisir) : « En santé, la lisibilité des garanties est en berne »

Alain Bazot (UFC Que Choisir) : « En santé, la lisibilité des garanties est en berne »
Pierre VASSAL Alain Bazot Président de l’UFC-Que Choisir

L’UFC-Que Choisir est en première ligne sur les problématiques d’assurance de personnes. Son président, Alain Bazot, revient sur les grands dossiers suivis par l’une des plus importantes associations en France de défense des consommateurs : l’assurance emprunteur, la complémentaire santé et l’épargne.

Êtes-vous satisfait de la possibilité de résiliation annuelle de l’assurance emprunteur introduite par l’amendement Bourquin ?

L’assurance emprunteur fait partie des préoccupations de l’association, qui aboutissent à quelque chose de positif. Pour nous, il était utile d’aller plus loin que la loi Hamon. Il est toujours mieux de faire jouer la concurrence. Or, là, il y avait une absence totale de concurrence. Je m’éton­ne d’ailleurs que les assureurs n’aient pas encore mis en place une communication très forte envers les consommateurs pour les inciter à résilier leur contrat.

Il y a encore des incertitudes quant à la date du point de départ de la résiliation annuelle. Que préconisez-vous ?

Théoriquement, le contrat est renouvelable chaque année à la date d’échéance. Mais, très souvent, les contrats d’assurance emprunteur ne mentionnent pas cette date. Aussi, face aux remontées des consommateurs sur la contestation par les banques de la date retenue, rendant impossible la résiliation annuelle, il semble indispensable qu’une clarification intervienne sur la date à retenir et, à défaut, qu’une précision soit apportée sur les modalités concrètes de cette possibilité.

La question des frais de la complémentaire santé vous préoccupe… Quel constat dressez-vous ?

Nous constatons une hausse expo­nentielle des cotisations. Elles se montent en moyenne à 680 € par an. C’est inquiétant car cela représente 44 % d’augmentation en dix ans, soit une hausse presque quatre fois plus rapide que l’inflation. Certes, une partie de cette augmen­tation est liée à la fiscalité, mais cela n’explique pas tout. Il y a clairement un risque de démutualisation, en particulier pour les séniors.

Cette augmentation est-elle, selon vous, imputable à la hausse des frais ?

Nous constatons effectivement une augmentation des frais de gestion des acteurs de la complémentaire santé. La concentration du secteur n’a pas entraîné les économies d’échelle comme elle aurait dû. Les frais de gestion ont augmenté deux fois plus vite que les primes et les prestations sur les cinq dernières années. Il y a donc une double peine pour les assurés : moins de proximité, et plus de frais. On comprend dès lors les initiatives comme les mutuelles communales qui, dans leur principe ne sont pas une mauvaise idée, même si elles ne sont pas toujours bien encadrées.

Quelles autres initiatives pourraient aider les consommateurs ?

L’UFC-Que Choisir a lancé un comparateur des organismes de complémentaire santé car, ce qui pose problème dans ce secteur, c’est le manque de transparence. La lisibilité des garanties est en berne. Il y a eu des engagements de bonnes pratiques de la part des professionnels mais ils n’ont pas été appliqués. En outre, alors même que nous fêtons les quatre ans de la loi Hamon, nous attendons toujours un arrêté d’application qui doit obliger les complé­mentaires à présenter, en tête de brochure, un panorama standardisé des remboursements en euros des dix prestations les plus courantes.

Vous êtes-vous saisis de ce sujet ?

Nous sommes intervenus auprès des pouvoirs publics pour qu’ils avancent rapidement. Et nous nous interrogeons : si les complémentaires santé continuent leur obstruction, faudra-t-il en passer par la mise en place de contrats types d’assurance complémentaire santé, comme l’avait évoqué le candidat Macron ? Nous nous battrons en tout cas pour que le consommateur soit éclairé, afin qu’il soit libre de choisir l’organisme le plus adapté à ses besoins.

Êtes-vous impliqués dans les négociations autour du reste à charge zéro ?

L’association est en effet impliquée. L’idée du gouvernement serait de fournir gratuitement une prestation de base. Selon nous, deux écueils sont à éviter : il faut veiller à ne pas aller vers des prestations bas de gamme ou stigmatisantes et nous veillerons également à ce que les primes d’assurance n’augmentent pas trop.

En épargne, vous avez récemment lancé une action de groupe contre Natixis AM. Pourquoi ?

Nous avons été informés du contrôle lancé par l’AMF sur l’existence de frais supérieurs aux taux contractuels prévus avec les épargnants. Ce contrôle a abouti à une amende à l’encontre de Natixis AM pour frais indus. Mais la justice doit marcher sur ses deux jambes. Après la sanction, nous estimons qu’il faut qu’il y ait réparation pour les épargnants. Les frais doivent être rendus aux assurés, et c’est en ce sens que nous avons constitué l’action.

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