Assurance vie : comment CNP résout l'équation des taux bas

Assurance vie : comment CNP résout l'équation des taux bas
D. Croizet/CNP Laurent Jumelle,directeur épargne patrimoniale chez CNP Assurances.

Avec son « multisupport structuré » garanti à 4 ans, CNP Assurances parvient à préserver le triptyque rendement / liquidité / sécurité.

La recette de « l’assurance vie du XXIe siècle », CNP Assurances l’a peut-être trouvée… En s’inspirant librement de l’eurocroissance, le premier assureur de personne ouvre en effet une nouvelle voie. Avec son option payante Quattro Sérénité proposée dans les contrats de CNP Patrimoine, la structure du groupe dédiée aux CGPI et banques privées, il promet d’allier la sécurité d’une garantie totale en capital et le potentiel de rendement lié à l’investissement en unités de comptes, en contrepartie d’une dose raisonnable d’illiquidité. L’idée novatrice de CNP est de couper la poire en deux entre fonds euros et eurocroissance, en limitant le délai nécessaire pour obtenir la garantie en capital à seulement 4 ans, au lieu de 8 ans pour l’eurocroissance (voir encadré). Un délai nettement plus acceptable pour les assurés qui, de surcroît, correspond à la période où l’assurance vie tombe dans un régime fiscal plus favorable (15 % de prélèvement libératoire au lieu de 35% avant 4 ans). En pratique, CNP compte utiliser un fonds en euros existant, investi sur des obligations anciennes encore bien rémunérées, pour servir de base à son « multisupport structuré », là où l’eurocroissance suppose la création d’un nouveau support (voir interview ci-contre).

Cette solution arrive à point nommé alors que l’accès des fonds en euros est devenu quasi impossible pour les très gros contrats d’assurance vie. La fermeture du marché était déjà perceptible chez certains assureurs patrimoniaux : il y a un an, l’un d’entre eux racontait qu’un investisseur cherchait à placer 100 M€ en fonds en euros … sans trouver d’assureur ! Désormais, des réseaux auraient pour consigne de limiter l’investissement en fonds en euros et d’exiger 40 % minimum d’unités de compte … quitte à se mettre en porte-à-faux avec le devoir de conseil. Avec cette nouvelle option, CNP Assurances, qui cherche à séduire de plus en plus de partenaires externes, met en avant son expertise dans la mise en place de produits innovants avec un coup d’avance. L’option, pour l’instant ouverte aux contrats de plus de 5 M€, va s’étendre, dès la fin novembre, aux contrats à partir de 200 000 €.

Les caractéristiques de l’option CNP

  • Lancée fin octobre, l’option Quattro Sérénité promet la garantie de 100 % du capital au bout de 4 ans (frais non déduits).
  • Proposée sur tous les nouveaux contrats de CNP Patrimoine dont Canopia (avec Nortia), Sélection Cinto (avec la banque privée 1818), CNP One pour tous les partenaires (banques privées, family offices, plateformes de CGPI, sociétés de gestion).
  • Accessible à partir de 5 M€ (200 000 € fin novembre) répartis à hauteur de 25 % à 35 % d’unités de compte et de 75 % à 65 % de fonds euros.
  • Frais de gestion additionnels aux frais de gestion du contrat, de 0,45 % en moyenne, variables selon les unités de compte souscrites (plus ou moins risquées) et leur proportion dans le contrat.
  • CNP Assurances achète auprès d’une banque une couverture simple (option de vente déclenchée à partir d’un prix plancher convenu à l’avance) sur les unités de compte investies.

L’eurocroissance toujours à la peine

À peine lancé, déjà presque enterré ? L’eurocroissance, qui promet une meilleure performance en échange d’un capital bloqué pendant au moins 8 ans, a fait les frais de l’environnement de taux bas et de leur persistance annoncée pour les mois à venir. Le nouveau support arrive tant bien que mal à collecter 100 M€ par mois, une goutte d’eau par rapport aux 10 Md€ de collecte moyenne mensuelle brute en assurance vie. Pour le rendre plus attractif, le transfert de richesses (plus-values latentes) des fonds en euros vers les supports eurocroissance est à l’étude. Deux projets de décrets sont en consultation. Si les assureurs sont dans l’attente de cette sortie de secours, le principe même fait hausser le ton d’associations d’épargnants qui s’insurgent contre l’idée d’un “hold-up” des fonds euros.

Laurent Jumelle, directeur épargne patrimoniale chez CNP Assurances : «Le principe est de structurer le multisupport tout entier»

  • Vous proposez sous forme d’option sur tous les nouveaux contrats multisupport CNP Patrimoine une garantie de 100 % du capital à 4 ans : pourquoi ?
Aujourd’hui, en raison du contexte de taux bas, les assureurs restreignent l’accès des fonds en euros sur les affaires de taille très significative. En conséquence, les patrimoines les plus importants trouvent beaucoup plus difficilement des solutions à leur besoin de placements sécurisés, fonds monétaires et comptes à terme proposant des taux de rendements modestes. Prenons l’exemple d’un entrepreneur, qui a pris des risques significatifs dans le cadre de son entreprise. Une fois celle-ci vendue, il veut sécuriser le fruit de son travail. L’option Quattro Sérénité est une réponse.
  • N’y a-t-il pas d’autres réponses à ces besoins de placements sécurisés ?

Outre les fonds en euros proposés par les compagnies d’assurance, les fonds à formule constituent une alternative tout à fait intéressante. Mais il devient de plus en plus compliqué pour les structureurs de proposer des fonds à capital garantis, toujours compte tenu du contexte de taux très bas. D’où la naissance des fonds à capital non plus garanti, mais protégé, qui, s’ils peuvent constituer une réponse de qualité pour une partie de la clientèle, ne satisferont pas les besoins des clients au profil très sécuritaire (dans les fonds à capital protégé, le capital n’est plus garanti si les marchés financiers baissent audelà d’un certain seuil). Ainsi, les taux bas induisent une restriction de l’accès aux fonds euros, minorent la protection qui pouvait être offerte dans les fonds à formule, mais ils pénalisent aussi la promesse des fonds eurocroissance, qui peuvent aujourd’hui difficilement garantir 100 % du capital avant une période de 10 ans au moins.

  • Alors, sur quel mécanisme repose votre garantie de 100 % du capital à 4 ans ?

Nous avons imaginé un mécanisme dont le principe est non pas de structurer un fonds, mais le multisupport tout entier. Le souscripteur investit entre 65 % et 75 % de son capital sur un fonds en euros traditionnel et les 25 % à 35 % restant sur des unités de compte (une sélection de trackers). En effet, grâce aux taux de participation aux bénéfices générés par les sommes investies sur le fonds en euros, majoritairement investi en obligations anciennes, souscrites à des taux plus élevés que les taux actuels de marchés, une garantie sur la totalité du capital investi, à 100 % et à un horizon de 4 ans, peut être donnée. D’un point de vue technique, CNP Assurances octroie cette garantie donnée en achetant une couverture simple auprès d’une banque sur les unités de compte investies. Le concept est inspiré de celui de l’eurocroissance, puisqu’en échange d’un capital bloqué pendant 4 ans, le capital est garanti à terme.

  • Combien coûte cette option et que se passe-t-il en cas de rachat avant le terme des 4 ans ?

Cette option est facturée sous forme de frais de gestion additionnels sur encours, qui se rajoutent aux frais de gestion du fonds en euros et des unités de compte. Ils s’élèvent en moyenne à 0,45 % mais varient selon le type d’UC souscrites et leur proportion dans le multisupport. Un rachat total est possible avant le terme mais il est alors réalisé à la valeur de marché, qui peut être à la baisse comme à la hausse pour la partie unités de compte. Dans une prochaine version de l’option destinée à la clientèle patrimoniale (plus de 200 000 €), qui sera lancée fin novembre, nous réfléchissons à la mise en place d’une garantie plancher.

 

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