Assurance vie en ligne : enfin prête au décollage ?

Assurance vie en ligne : enfin prête au décollage ?

Lancée depuis 15 ans, l’assurance vie en ligne stagne à moins de 3 % de part de marché. La nouvelle concurrence des robo-advisors pourrait servir de moteur.

Les voyages, les biens culturels et même les chaussu­res ! Si la vague du e-commerce a submergé de nombreux marchés au cours des années 2000, l’assurance vie en ligne, elle, a un peu loupé le co­che. « Quinze ans après son lance­ment, ce marché est un peu décevant, même si depuis 2013, il aug­mente de 30% par an », reconnaît Sonia Fendler, membre du comité exécu­tif de Generali France, précur­seur avec sa compagnie dédiée e-Cie Vie.

2,7%

la part du marché de l’assurance vie vendue en ligne en 2014
Source : Marché

Un marché plus compétitif

À fin 2014, les contrats Internet n’ont toujours pas franchi la barre des 3 % de la collecte brute d’assurance vie et totalisent tous ensemble à peine 10 Md€ ­d’encours. Pourtant, le temps des pionniers comme Altaprofits.com ou Mes-placements.fr ­(voir encadrés) a laissé place à une concurrence plus large avec des filiales de banques comme ­Fortuneo (Crédit mutuel Arkéa), Boursorama (Société générale), ING Direct, ou BforBank (Crédit agricole), devenus leaders du marché. D’autres acteurs ont élargi le cercle comme LinXea, revendu en septembre à un fonds d’investissement, ou encore ­Assurancevie.com.

Côté assureurs, la concurrence s’est elle aussi renforcée. Si Generali s’arroge la moitié du marché, Suravenir lui emboîte le pas avec environ un tiers. « Depuis le début de l’année, le canal Internet représente 30 % de la collecte brute de Suravenir et même 50 % de la collecte nette », détaille Bernard le Bras, président du directoire. Soit tout de même 35 000 affaires nouvelles, contre 5 400 sur toute l’année 2011. La filiale du Crédit mutuel Arkéa ne compte pas s’arrêter là : elle reprend les contrats Internet d’ACMN Vie (Crédit mutuel Nord Europe) un des précurseurs du marché, qui change de stratégie. En attendant l’approbation de l’ACPR, les ­premiers courriers annonçant ce transfert arrivent dans les boîtes aux lettres des assurés. Aux côtés de Generali et de Suravenir, les autres acteurs du marché présents sur l’assurance vie en ligne se font plus discrets à l’instar de Spirica, Swiss Life, Apicil et, plus récemment, d’Aviva devenu partenaire d’Assurancevie.com fin 2014. « C’est un marché vieux mais neuf (…). Avec déjà des morts et des acteurs qui se sont désengagés », témoigne un acteur interrogé dans une étude du cabi­net AMGroup pour Mes-placements.fr. Deux barrières ont freiné les velléités : d’abord, les frais d’entrée à 0 % et les frais de gestion annuels réduits (0,60 %, voire 0,50 %), devenus le code d’entrée du marché. Difficile à intégrer pour des assureurs dont les réseaux d’agents et de CGPI se rémunèrent sur les frais d’entrée. L’autre barrière, c’est la techno­logie : « L’assurance vie en ligne nécessite de déployer beaucoup de technologie dès la souscription, mais aussi au niveau du ‘service après-vente’ », explique Sonia Fendler de Generali. Par exemple, en cas de volatilité des marchés, assureurs et distributeurs Internet doivent pouvoir gérer l’afflux soudain d’arbitrages en ligne. « La moitié de nos équipes sont dédiées à l’informatique », rajoute Hervé Tisserand, DG d’Alta­profits.com.

Pourtant un vent nouveau souffle sur ­l’assurance vie en ligne : « Les fintechs et robo-advisors secouent le marché et font réagir les acteurs plus anciens », reconnaît Bernard Le Bras de Suravenir, partenaire depuis quelques semaines du site Yomoni, un des robo-advisors les plus prometteurs. Pour François Leneveu, président d’Altaprofits, ces robo-advisors n’apportent cependant rien de vraiment nouveau : « Nous pro­posons l’Asset Allocator depuis plus de 14 ans ; il repose sur la théorie des portefeuilles efficients et l’analyse quantitative appliquée au grand public »… à l’instar de la plupart de ces nouvelles fintechs.

Plus de pédagogie

Quant à Éric Girault, dirigeant fondateur de mes-placements.fr, il préfère au contraire « privilégier l’humain, l’expérience et les compétences ». Le site lancera en janvier?2016 une formule de gestion conseillée. Néanmoins, en automatisant l’allocation d’actifs, ces robo-advisors s’attaquent à l’un des freins à l’assurance vie sur Internet, que relève Sonia Fendler : le « problème de pédagogie financière des Français ». Fatalement, le véritable décollage des contrats ­Internet passera par un plus grand intérêt des épargnants à l’égard de leurs placements.

Deux pionniers qui y croient toujours

Altaprofits.com : la technologie du robo-advisor avec 15 ans d’avance

  • Date de lancement  : 1999
  • Encours gérés  : 1,4 Md€
  • Nombre de contrats  : 30 000

Alors que François Leneveu, Hervé Tisserand, et Élisabeth Andrey, tous trois issus du monde de l’assurance vie, se lancent en 1999 dans la vente d’assurance vie en ligne, personne n’y croit vraiment. Mais très vite, le site qui se démarque en lançant l’Asset Allocator, un outil de gestion d’allocation de portefeuille en ligne – un robo-advisor avec 15 ans d’avance – et surtout donne le La au marché avec le 0 % sur les frais d’entrée (qui montaient parfois jusqu’à 5 % à l’époque) et les frais de gestion réduits. Il propose gestion pilotée, obligations directes, titres vifs, plus de 350 fonds et plus récemment encore contrat 100 % dématérialisé et assurance vie luxembourgeoise en ligne...

Mes-placements.fr : frais mini et conseils maxi

  • Date de lancement  : 1999
  • Encours gérés  : 900 M€
  • Nombre de contrats  : 23 000

Quand Éric Girault, un ancien courtier Afer, rodé à l’assurance vie depuis déjà 15 ans, se reconvertit dans l’Internet, à la fin des années 1990, cela donne naissance au site assurancevieonline. com qui devient plus tard mes-placements.fr. Dès les débuts, la promesse repose sur le principe des contrats d’assurance vie à frais réduits avec un maximum de conseils. Aujourd’hui, sur les 22 collaborateurs, 9 sont des conseillers spécialistes de la gestion de patrimoine, disponibles par téléphone 6 jours sur 7. Mes-placements.fr diversifie également son offre : FCPI -FIP et SCPI dès 2004, contrat Madelin avec e-Cie Vie en 2006, puis Sofica, produits structurés, création d’un des tout premiers Perp sur Internet avec Suravenir ou encore lancement d’un contrat avec Spirica avec 0,50 % de frais de gestion sur les UC , à ce jour imbattable.

 

Les fintechs et robo-advisors secouent le marché et font réagir les acteurs plus anciens.

Bernard Lebras, président du directoire de Suravenir

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